‹ Les deux soeurs: drame en trois [i.e. 4] actes avec une préfaceChapitre 10 sur 108 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

étant un Genevois, ce mari étant un protestant, ce mari ayant toutes les qualités qu'on s'accorde à louer dans le caractère de Dumont, quel est le mari à l'esprit duquel fût venue la pensée de s'ingénier à déshonorer sa femme par le laborieux moyen qu'il se creuse la tête à trouver, lorsqu'il n'avait qu'à suivre tout simplement et bien plus sûrement la voie toute tracée de la séparation judiciaire, s'il tenait absolument à chasser l'épouse adultère du domicile conjugal et à la flétrir publiquement?

De ce dénoûment absurde quel utile enseignement jaillit-il?

Ge dénoûment a réussi, je n'en disconviens pas, mais en allant directement contre ma donnée et contre mon but, en ce qu'il fait accepter inconsidérément par le public ce que je voudrais au contraire qu'il eût désormais le bon sens de repousser systématiquement. Je voudrais que, dans les comédies de mœurs modernes, œuvreé ou tentatives sérieuses, le public n'admît plus que ce qui découlerait naturellement de la logique des caractères et des situations, que ce qui serait vrai, que ce qui aurait pu et dû se passer ainsi dans le monde vivant à la portion duquel auraient été empruntés les personnages mis en scène.-

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