XII PRÉFACE
liberté, et où le mari ne tarderait pas à être pris en grippe par sa femme s'il ne permettait pas qu'elle allât faire dans le monde sa moisson de succès, seulement s'il mettait de la mauvaise grâce à porter le manteau et Téventail qu'il a pour fonction de garder.
Mais montrez-moi distinctement ces situations dans leur netteté, sans en fausser aucune, afin que. chacune d'elles contienne sa leçon.
Par les raisons que je viens d'exposer, et non par aucune autre prenant sa source dans T amour-propre d'auteur, je persiste à regretter que, dans le Supplice d'une femmey Dumont, le banquier genevois à Paris, Dumont, l'austère et sincère protestant, n'ait pas donné le louable exemple d'un généreux pardon, si difficile et si douloureux qu'il pût être.
Pour faire accepter à la scène ce pardon, pour le rendre émouvant et solennel, que fallait-il ? Il fallait que l'art et l'expérience vinssent en aide à l'idée. C'était, ce devait être la part de la collaboration de M. Alexandre Dumas fils, qui a eu le temps d'apprendre ce que je n'ai pas eu le temps d'étudier : il sait ce que je ne sais pas, il sait quelle est exactement la puissance et l'élasticité des ressorts dramatiques.
Si son concours m'eût été donné dans la mesure