‹ Les deux soeurs: drame en trois [i.e. 4] actes avec une préfaceChapitre 26 sur 108 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CÉCILE, DONZAC, en costume de voyage d*été.

CÉCILE

Ah I c'est vous, monsieur Donzac ! Il y a une éternité que nous ne nous sommes vus !

DONZAC.

Pardonnez, madame la marquise, à un provincial à Paris de se présenter ainsi devant vous en costume de voyage ; mais toutes mes malles étaient fermées, quand j'ai appris par hasard que vous étiez sur le point de retourner à Vichy, cette ancienne ville gallo-romaine... Aquœ calidœ^ cette ancienne place forte du temps de Louis XI, prise par Charles VII en IMO, qui a été si merveilleusement transformée par Napoléon III, et qui m'a valu, je ne l'oublierai jamais, l'honneur de vous être présenté l'année dernière et d'être le partenaire le plus habituel de M. le marquis de Ter replane.

CÉCILE

C'est vrai, vous aviez l'obligeance de venir faire son piquet tous les soirs.

DONZAG.

Et tous les matins...

6 LES DEUX SCEURS.

CÉCILE

• Et je vous en serai toujours reconnaissante... Prenez une chaise, monsieur Donzac, je vous en prie.

DONZÂC.

Je n'oserai jamais m'asseoir ainsi accoutré...

CÉCILE

Mais comment donc I vous avez la tenue de voyageur la plus élégante... Est-ce que, vous aussi, vous retournez cette année à Vichy?

O N Z A G, consultant sa montre. .

Il est trois heures dix-sept ; je pars ce soir à cinq vingtcinq; je serai à Vichy demain matin à quatre heures onze... au lever de l'aurore, qui a inspiré au roi Voltaire, ricrivainsoleil, ces jolis vers que vous ne connaissez certainement pas, madame la marquise...

CÉCILE

Lesquels?

DONZAG.

Si vous voulez que j^aime encore, Rendez-moi l'âge des amours ; Au crépuscule de mes jours Rejoignez, s'il se peut, l'aurore.

Partant dans une heure, je -n'ai pas voulu monter en

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