ACTE PREMIER. »o
VALENTINE
Ne vas-tu pas le plaindre!
CÉCILE
Puisqu'il souffre.
VALENTINE
Je le plaindrais s'il ne te faisait pas souffrir.
CÉCILE
Ne dis pas cela, Valentine, je t'en prie..., ce n'est pas la vérité; et cela serait vrai, que je ne devrais pas l'avouer et encore moins permettre qu'on accuse Maurice... Dès qu'on l'attaque devant moi, mon devoir est de le défendre.
VALENTINE
Eh bien, défends-le I... cela ne m'empêchera pas de dire ce que j'en pense... Un dissipateur qui ne se refuse rien, un avare qui te refuse tout...
CÉCILE
Que me manque-t-il? N'ai-je pas un des plus beaux hôtels de Paris et une des plus grandes terres de France?
VALENTINE
Oui..., deux immenses déserts où il n'invite personne et où, à ta place, je serais déjà morte d'ennui.
Nous n'avons pas les mêmes goûts, nous n'avons pas le même caractère.
VALENTINE
Dis que nous n'avons pas le même caractère, mais ne dis pas que nous n'avons point les mêmes goûts... Est-ce que nous n'aimions pas le bal également toutes les deux? Entre nous, la seule différence, c'est que tu y allais uniquement pour danser, tandis que danser était ce qui m*y plaisait le moins. Danser te plairait encore, mais ton mari trouve que les robes qu'on fait maintenant coûtent trop cher.
CÉCILE
Est-ce qu'il a tort?
VALENTINE
Tu aimais plus encore que moi à monter à cheval, ce qui était tout simple, car aucune femme ne monte mieux que toi...; mais ton mari trouve que les chevaux de selle sont trop dangereux.
CÉCILE
Est-ce qu'en effet il n'arrive pas tous les jours des accidents?
VALENTINE
Cette raison que donne ton mari n'est pas la vraie, c'est un prétexte; la vérité est qu'il a soixante ans et, de plus, la