ACTE DEUiXIÈME
CÉCILE
As-tu songé à Thonneur de ton mari ?
YALENTINE.
L*honneur d'un homme est dans son^ caractère.
CÉCILE
A l'avenir de tes enfants, que tu aimes tendrement ?
Je ne cesserai pas de les aimpr.
CÉCILE
Qui les élèvera?
VALENTINE
Leur père, qui les adore ; il mettra son fils au collège et sa fille au couvent.
CÉCILE, ayec insistance.
As-tu songé à toutes les privations que s'est imposées notre bonne et digne mère pour nous bien élever et nous bien marier?
VALENTINE
Si je suis sa douleur, tu seras sa consolation I
CÉCILE
Et tout cela n'a pas sufll pour éteindre... une étincelle?
valeutine.
Il y a des passions soudaines que rien n'éteint. Elles vous embrasent.
CÉCILE
Oublie ou plutôt rétracte l'aveu que tu viens de me faire.
VALENTINE
Pour toi, les devoirs sont tout, les sentiments ne sont rien.
Je ne les sépare pas. Mais ce n'est pas de moi qu'il s'agit, c'est de toi. Si ton mari arrivait ? s'il venait te chercher?
VALENTINE
Plutôt que de le suivre, je lui dirais ce que je ne puis plus lui cacher.
CÉCILE
Qu'aurais-tu donc à lui dire ?
VALENTINE
S'il m'y contraint..., eh bieni je lui avouerai que je ne Taime plus et que j'aime le duc Armand de Beaulieu.
CÉCILE
C'est une audace que tu n'auras jamais !