‹ Les deux soeurs: drame en trois [i.e. 4] actes avec une préfaceChapitre 53 sur 108 · SCÈNE IV VALENTINE, DONZAG · texte numérisé non relu

SCÈNE IV VALENTINE, DONZAG

DONZAG.

Ma parole d'honneur! votre sœur est un ange... Ah! si j'étais le marquis , je répéterais avec le divin auteur des Méditations :

Je bénis Dieu tout bas de m*avoir accordé Cet ange que je garde et dont je suis gardé.

Cette piété conjugale de votre sœur fait mon admiration. On n'est pas à la fois plus charmante et moins coquette !... 11 est bien heureux que toutes les femmes ne lui ressemblent pas I

VALENTINE

En quoi donc est-ce si heureux ?

DONZAG.

Parce qu'alors il faudrait que tous les hommes se mariassent! Si toutes les femmes lui ressemblaient, que deviendrions-nous? que deviendraient les exonérés du recrutement matrimonial ? que deviendraient les vagabonds de Gythère? que deviendrait, par exemple, M. le duc de Beaulieu , qui ne vous quitte pas plus que votre ombre, ce qui fait jaser et enrager toutes ces dames, qui en raffolent... Mais comment êtes-vous ici sans qu'il y soit avant vous ou en même .temps que vous ?

VALENTINE

Vous êtes curieux, monsieur Donzac î

DONZAC.

Dites dévoué, madame de Puybrun; car, si j'étais moins attaché à votre sœur, je ne viendrais pas vous prévenir que le duc de Beaulieu vous fait ici beaucoup d'ennemis.

VALENTINE

Et comment cela ?

DONZAC.

Par le dédain qu'il vous donne pour tous ceux qui vous admirent, dédain superbe que vous ne cachez pas assez... Aussi ont-ils formé une ligue contre vous et contre lui.

Page 1