ACTE DEUXIÈME
Tous contre deux! Ce ne serait pas généreux.
DONZAG.
Peut-être... Mais c'est juste.
VALENTINE
Ah! si j'étais coquette, comme vous paraissez le croire, j'aurais un regard pour chacun et des sourires pour tous.
DONZAC.
Ignorez-vous donc qu'il y a autant de variétés de coquettes qu'il y a de variétés de roses ? Il y a la coquette par nature, c'est la vraie; la coquette par imitation, c'est la fausse ; la coquette par ennui ; la coquette par vanité ; la coquette par entraînement; la coquette par perversité, celle dont toute la joie est de faire souffrir; la coquette par domination, celle qui n'aspire à plaire qu'afin de tyranniser; la coquette qui n'a jamais aimé, qui n'aime pas et qui n'aimera jamais, c'est la coquette insensible taillée dans un bloc de marbre ; il y a la coquette qui ressemble au renard qu'une poule aurait pris, c'est la coquette qui, voulant séduire, a fini par être séduite, c'est la coquette punie ; il y a...
VALENTINE
Assez! assez, monsieur Donzac!...
DONZAG. ^
Vous faites bien de m'arrêter, car j'en aurais eu jusqu'au coucher du soleil sans avoir épuisé la liste.