‹ Les deux soeurs: drame en trois [i.e. 4] actes avec une préfaceChapitre 63 sur 108 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE DUC DE BEAULIEU

Est-ce lui qui vous a prévenue de son départ?

VALENTINE

Non, c'est notre sentinelle..., c'est Madeleine.

LE DUC DE BEAULIEU

C'était un risque prévu ; mais, puisque nous n'avons pas réussi à l'écarter, il ne faut plus songer maintenant qu'à l'atténuer. Nous avons deux heures devant nous... Hâtonsnous de les mettre à profit.

VALENTINE

Comment ?

Je ne sais... Cherchons.

VALENTINE

Inutile de perdre son temps à chercher... Nous ne trouverons pas ce qui n'existe point. Que mon mari ait une certitude ou qu'il n'ait qu'un doute, sa conduite sera la même.

LE DUC DE BEAULIEU

Que fera-t-il?

VALENTINE

Le moins qu'il fasse, ce sera de m'emmener, de m'enfermer dans son château gothique. Il m'empêchera de recevoir

et d'écrire aucune lettre. Il mettra à la porte tous les domestiques qui me servent, hommes et femmes, y compris Madeleine. Il le fera, j'en suis sûre. Je le sens aux battements précipités de mon cœur.

LE DUC DE BEAULIEU

C'est ce qu'il faut empêcher.

VÂLENTINE.

Sans doute... Mais le moyen?... Je n'en vois qu'un seul.

LE DUC DE BEAULIEU

Lequel ?

VALENTINE

Partez tout de suite.

C'est vous, Yalentine, vous qui me dites de partir I

VALENTINE, de plus en plas troublée.

Je ne sais plus ce que je dis... Oui..., oui..., partez..., partez tout de suite!... qu'il ne vous trouve plus ici.

LE DUC DE BEAULIEU

Partir ainsi, quand votre mari arrive I ce serait fuir.

VALENTINE

Du moins, nous pourrons encore correspondre, et, plus tard, peut-être nous revoir.

Page 1