ACTE DEUXIÈME
LE DUC DE BEAULIEU
Est-ce lui qui vous a prévenue de son départ?
VALENTINE
Non, c'est notre sentinelle..., c'est Madeleine.
LE DUC DE BEAULIEU
C'était un risque prévu ; mais, puisque nous n'avons pas réussi à l'écarter, il ne faut plus songer maintenant qu'à l'atténuer. Nous avons deux heures devant nous... Hâtonsnous de les mettre à profit.
VALENTINE
Comment ?
Je ne sais... Cherchons.
VALENTINE
Inutile de perdre son temps à chercher... Nous ne trouverons pas ce qui n'existe point. Que mon mari ait une certitude ou qu'il n'ait qu'un doute, sa conduite sera la même.
LE DUC DE BEAULIEU
Que fera-t-il?
VALENTINE
Le moins qu'il fasse, ce sera de m'emmener, de m'enfermer dans son château gothique. Il m'empêchera de recevoir
et d'écrire aucune lettre. Il mettra à la porte tous les domestiques qui me servent, hommes et femmes, y compris Madeleine. Il le fera, j'en suis sûre. Je le sens aux battements précipités de mon cœur.
LE DUC DE BEAULIEU
C'est ce qu'il faut empêcher.
VÂLENTINE.
Sans doute... Mais le moyen?... Je n'en vois qu'un seul.
LE DUC DE BEAULIEU
Lequel ?
VALENTINE
Partez tout de suite.
C'est vous, Yalentine, vous qui me dites de partir I
VALENTINE, de plus en plas troublée.
Je ne sais plus ce que je dis... Oui..., oui..., partez..., partez tout de suite!... qu'il ne vous trouve plus ici.
LE DUC DE BEAULIEU
Partir ainsi, quand votre mari arrive I ce serait fuir.
VALENTINE
Du moins, nous pourrons encore correspondre, et, plus tard, peut-être nous revoir.