ACTE DEUXIÈME
homme : soyez loyal, soyez franc, ne dissimulez pas la crainte qui vous retient ; vous vous dites : « Le jour où je cesserais de l'aimer, que deviendrait-elle? »^
LE DDG DE BEAULIEU
Eh bien, si cela arrivait?
VALENTINE
Rassurez-vous... Je me considérerais comme seule cou^ peble... Je n'accuserais que moi, je ne vous accuserais pas... Si vous m'accompagnez, Armand, je vous jure de m'effacer dans l'ombre, et, le jour où vous trouveriez que je suis devenue une chaîne trop lourde à porter, je la briserais de mes mains sans un mot de récrimination ni de reproche. Je vous rendrais votre liberté. Votre abandon serait mon châtiment; j'en souffrirais, mais sans m'en plaindre. Je me dirais que je l'ai mérité*
LE DDG DE BEAULIEU
Il n*en serait pas moins cruel.
VALENTIffE.
Ah! vos scrupules tardifs ne sont que des hésitations transparentes, au travers desquelles je lis ce qui se débat dans votre conscience et dans votre cœur.
LE DUC DE BEAULIEU
Gomment n'hésiterais-je pas?
TALENTINB.
Ayant ce pénible entretien, je n'en peux douter, vous m'aimiez^ vraiment. Déjà, depuis qu'il se prolonge, je sens que vous m'aimez moins; encore quelques mots échangés entre nous, et vous ne m'aimerez plus.^
LE DUC DE BEAULIEU
Valentine !
VALENTINE
Les complications, les difficultés, les obstacles, les périls, les sacrifices, allument et exaltent l'amour dans une femme ; ils t le diminuent, le -refroidissent et l'éteignent dans un homme. Je ne le savais pas... ; je le sais. J'avais un bandeau devant les yeux, il est tombé. Adieu, (vaiçntine. qui s'éioigne, est
retenue par le duc de Beaulieu.
LE DUC DE BEAULIEU
Que dites-vous? Réfléchissez encore, je vous en conjure I
Où il n'y a pas d'alternative, la réflexion serait inutile... Ma résolution est irrévocablement prise. Rien ne saurait m'empôcher de partir.
LE DUC DE BEAULIEU
Partir seule l... Vous n'y pensez pas... Comment ferezvous pour vivre à l'étranger? ^