ACTE TROTSIÈME
dans le cercle infranchissable que lui traça Popilius pour le punir de ses réponses évasives. Je tourne, je tourne encore, je tourne toujours sans trouver d'issue.
CÉCILE
A votre embarras, je vois bien que vous avez une confidence à me faire. Eh bien, faites-la-moi.
DONZAG.
Vous croyez, marquise, que c'est facile?
CÉCILE
Tout est facile à un homme d'esprit tel que vous, monsieur Donzac, qui a à son service prose et poésie.
DONZAG.
Ne vous moquez pas, marquise ! Un provincial qui ne s'est pas fait naturaliser Parisien a tout au plus de la mémoire; et qu'est-ce que la mémoire?... C'est l'esprit des autres.
CÉCILE
Qu'importe qu'on le tienne de la nature ou de l'étude , n'est-ce pas toujours l'esprit? Ce que vous n'osez pas me confier, monsieur Donzac, voulez-vous que je vous le dise, moi?
DONZAC.
Ah I je ne demande pas mieux I
8î LES DEUX SŒURS.
CÉCILE
Eh bien , vous voudriez que la femme acquittât les dettes de jeu du mari. En échange de toutes les parties de piquet que vous avez faites, vous voudriez de moi une contredanse, et vous n^osez pas me la demander... Est-ce cela?
DONZAG.
Non, .ce n'est pas cela.
CÉCILE
Qu'est-ce donc?
DONZAG.
Vous, avez tort de ne pas aller au bal.
CÉCILE
C'est ce que vous m'avez déjà dit.
DONZAG.
Je le répète... Oui, il serait bon pour votre sœur qu'on vous y vît avec elle.
CÉCILE
C'est mon aînée..., elle est mariée..., elle n*a pas besoin* de chaperon.
DONZAG.
Oui, mais elle est ici sans son mari... Et l'envie est la plus proche parente de la médisance.