‹ Les deux soeurs: drame en trois [i.e. 4] actes avec une préfaceChapitre 75 sur 108 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

ROBERT

Oui, je -iens d'arriver... Où donc est Valentîne?

G é G 1 L B 9 avec embarras.

Valentîne..., je ne l'ai pas vue depuis Theure du déjeuner.

ROBERT

Pourquoi , Cécile, éte&-vous si troublée?

GÉGILE , sans lui répondre.

Et vous> Robert, si agité, si pâle?

ROBERT

Ne voyez-vous pas que je sais tout?

CÉCILE

Que savez-vous?

ROBERT

Je sais que le duc de Beaulieu s'est éclipsé de Paris le lendemain de votre départ, donnant l'ordre chez lui de ne dire à personne où il allait; je sais qu'il est parti sans en informer son ministre; je sais qu'il est ici, et, s'il n'était pas l'amant de ma femme, il n'eût pas ainsi tout quitté pour la suivre.

CÉCILE

Vous venez chercher Valentinel

86 LES DEUX SŒORS.

ROBERT

C'était ma pensée ce matin en partant de Paris; mais, en arrivant, j'en ai changé.

CÉCILE

Ou*avez-vous donc appris ?

ROBERT

Ce qui est à \ichy, depuis une heure, l'objet de toutes les conversations, de tous les commentaires et ce que vous ne pouvez ignorer.

Gomment saurais-je ce qu'on dit? Mes journées se passent à aller du lit de ma fille, qui ne peut se lever, au fauteuil de mon mari^ qui ne peut marcher.

ROBERT

Je vous crois, Cécile..., car jamais le mensonge n'a effleuré le bord de vos lèvres*.. Ahl je suis brisé... Qu'est-ce que je vous disais donc?... Ah! m'y voilà! J'arrive, je descends du chemin de fer... Un groupe épais et animé me barre le passage... Je m'arrête...; je prête l'oreille...; j'apprends que madame de Puybrun et le duc de Beaulieu, qui devaient ouvrir ce soir je ne sais quel bal de grande-duchesse, venaient de s'enfuir scandaleusement tous les deux..., mais qu'ils étaient arrivés juste au moment où partait le chemin de fer qui conduit en Suisse.

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