ACTE TROISIÈME
son bonheur, son honneur l... rien n'arrête ces hommes à la mode..., rien n'est sacré pour eux.,. Ils immolent tout à leur triomphe! Ahl il aura ma vie ou j'aurai U sienne. '
CÉCILE
Un duel! Impossible qu'il ait lieu...
ROBERT
• Impossible! Et pourquoi donc?
CÉCILE
Parce que, si les apparences sont fausses, ce sera vous qui, loyalement, ne voudrez plus vous battre contre M. de Beaulieu ; et, si elles sont vraies, ce sera lui qui, honorablement, refusera de se battre contre vous..., contre le mari de la femme. «#
ROBERT
Dont il est l'amant... Ah! je saurai bien Vy contraindre.
CÉCILE
Que ferez-yous?
ROBERT
Je Tinsulterai si gravement, qu'il faudra qu'il se batte ou qu'il passe pour un lâc'^e!
Le duc de Beaulieu est placé trop haut dans l'estime de
90 LES DEUX gOEURS.
tous ceux qui le connaissent pour que l'accusation de lâcheté puisse jamais monter jusqu'à lui.
ROBERT
Elle y montera.
CÉCILE
Si vous le provoquez et qu'il se contienne, savez-vous ce qui arrivera? Au lieu de le flétrir, c'est le contraire que vous ferez... Ce sera à qui le louera de l'empire qu'il aura exercé sur lui-même.
ROBERT
Alors, enseignez-moi donc ce qu'il faut que je fasse, si je ne le tue pas.
CÉCILE
Il n'y a que le pardon, si la femme le mérite, ou que le mépris, si elle ne mérite pas le pardon, qui abaisse l'amant,, élève le mari et punisse la femme.
ROBERT
Le pardon I
CÉCILE
Oui, le pardon, qui fait naitre le repentir et tomber les illusions.
ROBERT
On peut pardonner en mourant à l'assassin qui vient devons frapper; mais, quand on a tout son sang dans les veines, pardonner au misérable qui vient de vous déshonorer dans