SCÈNE V
POMMELÉ , BRIGITTE â sa fendre.
POMMELE.
Va, conscrit... en v’ià une bonne pâte de Taurlouroo... est-il naïf et innocent!... ca mon élève ! j’ai peur d’en jamais rien faire de bon. Mais voyons un peu si la beauté se montre à sa fenêtre.
un garçon, desservant la table.
Dites donc, major, c’est trente sous.
POMMELÉ
C’est bon. ( regardant la maison.) Je ne vois
personne.
LI GARÇON
C’est trente sous... qu’est-ce qui paie ?
POMMELE.
On te dit que c’est bon... (à part.) il la fait frapper, sa monnaie... c’est pas Dieu possible autrement. ( regardant la fenêtre-.) le n’entends rien.
LE GARÇON
Eh bien!
POMMELE.
Un instant donc... (à part.) trois quarts d’heure pour aller chercher une pièce de trente sous.
LE GARÇON
Major, j’attends.
POMMELÉ
T’es bien malade... moi aussi, parbleu, j’attends.
LE GARÇON
Qui donc?
POMMELÉ
Le tapin qui était tout-à-i’heure là avec moi.
LEOARÇON.
Il ne pense guère à vous.
POMMELÉ
Comment ça?
le garçon.
Le voilà là-bas qui se lait tourner sur des chevaux de bois.
POMMELÉ
C’est parbleu vrai, (à part ) Mille noms de
noms..... je suis refait et moi qui croyais
que c’était un jobard .. il mord très bien à la leçon.
LE GARÇON
Eh bien! major, qu’est-ce que vous décian ?
pommelé, à part .
Oh ! la fenêtre s’ouvre. {Au garçon.) tiens ™ trente sous et sauve-toi. [A part.) si j'avais su , j’aurais bu une bouteille de
moins.
Brigitte, à part .
C’est lui.
POMMELÉ
La v’Ià... que c’est vexant d’avoir la vue basse !... avec ça que le soleil me crève les yeux. C’est égal, saluons. {Il salue.)
Brigitte, saluant.
Il ne me reconnaît pas.
POMMELÉ
Elle me le réciproque. .. réitérons, {il salue )
( Brigitte salue , il recommence, Brigitte recommence). Ah ben ; est-ce que nous n’allons pas changer de manoeuvre?
BRIGITTE, âpart.
Il approche... est-ce que sans me connattre il voudrait me faire la cour?
pommelé, à part.
J’imagine un excellent stratagème pour la faire descendre, (haut.) Madame ou mademoielle... quand c’est si loin, on ne peut pas distinguer. Vous n'êtes ici que depuis hier?
BRIGITTE
C’est vrai.
POMMELÉ
Alors vous ignorez à quel danger vous vous exposez en habitant cette maison.
BRIGITTE
Vous m’elïrayez.
pommelé.
C’est pour vous prévenir que je me suis présenté ici.
BRIGITTE
Parlez vite, je vous écoute.
POMMELÉ
V’Ià ce que c’est... figurez-vous que... (il fait semblant de parler.)
BRIGITTE
Je n’ai pas entendu.
POMMELÉ
C'est singulier... je disais que... (même jeu.)
BRIGITTE
Votre voix ne vient pas jusqu’à moi.
POMMELÉ
Auriez-vous l’intention de me faire aller ?
BRIGITTE
Du tout. .. je ne conçois pas ce qui m’empêche d’entendre.
POMMELÉ
C’est que nous sommes trop éloignés.
BRIGITTE
C’est possible.
POMMELÉ
Je vous l’ai dit... il s’agit d’une chose qui intéresse votre sécurité et si vous vouiez me permettre d’entrer chez vous.
Brigitte, vivement.
Non, monsieur, non.
rOMMLLL.
Comment faire?
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