‹ Les Deux tambours, vaudeville en 1 acteChapitre 8 sur 16 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

BRIGITTE, BOCQÜET.

bocquet, barrant le passage à Brigitte.

Alte-là !

BRIGITTE

Ah!., vous m'avex fait peur!..

BOCQUET

Excusez, manivelle... Dieu' Brigitte!

«RIOITTE.

Monsieur Bocquet !

bocquet , à part.

Celle que j’aimais tant !

aRisrrTE, à part.

Celui que je trouvais si gentil! {haut.) que me voulez-vous ?

< bocquet , intimidé.

Ai a : qui tournent , tournent, (Chut.)

Je pensais... je voulais manuelle...

C’cst-à-dir' non... je «'voulais pas...

J’avais l’intention formelle,

{A part.)

Cupidon, tir'-moi d’embarras.

Dans quel mauvais pas je m’enfourne, (Haut.)

Je vous en prie, excusez-moi.

Dans mon gosier ma voix séjourne,

Et je suis furcé d'resterco!.,.

J 'sens que tout tourne, tourna, tourne ,

J'sens que tout tourne autour de moi, D'vanl vous inamsell’ j’sens qu’ tout tourne, Tourne, tourne autour de moi.

Ouf! j’en gue.

BRIGITTE, à part.

Il est toujours aussi timide, (haut.) tout cela ne m’apprend pas.

bocquet.

0‘est que... voyez-vous... car enfin... si ( à part.) je patauge.

V BRIGITTE

Achevez donc.

BOCQOET.

C’est... c’est quelque chose que j’ai à vous éofhniuriiquer et que j’aurais fini par vous dire dans notre village de Danbray, si vous n’éticz pas partie subitement un jour...

BRIGITTE

Oui... chez ma pauvre tante Mathias... et voü4 aviez quelque chose à me dire... à moi ?

BOCQüFT.

* Oûi à vous... femme tin peu chiquée...

passez-moi le thot.. . dans notre endroit je n’ai jamais osé Vous en parler... mais ici, je suis

plus braW.

BRIGITTE

Je tous écoute.

bocqüet, toujours embarrasse.

' VôtiS sertt'ez bien qu’un riiilitairc, ça a plus de courage qu’uo paysan, (d part.) quels beaux yeux!.... Saprlitie , quels pruneaux d’yeux.

BRIGITTE

Je commence à m’impatienter.

Eocqlet.

Oh! ne vous impatientez pas... j’y suis.

(d part.) J’ose pas... parole d’honneur.

BRIGITTE

Ah ! je vois que vous moquez de moi et...

(elle sc dirige du côté de sa maison.)

bocqubt.

Arrêtez... arrêtez, (à part.) allons du toupet... tu l’as dit, ô major, (haut.) Eh! bien! mamselle , voilà le fait, (élevant la voix ) mamselle, vous est-il quelquefois arrivé d’approcher d’un brasier ardent, un chiffon ou tout autre papier.

BRIGITTE

Pourquoi cela?

BOTQUfcT.

De ce rapprochement il résulte un incendie... Eh bien! niamselle , le brasier c’est vous... nlôi je stois le chiffon quelconque , je me suis approché de vous... et je suis incendié.

À lit : de Vécu de sir francs.

Mon pauvre cœur me fait, mamselle, L'effet d'un’ cordc d'instrument.

Qu’un approche de ia chandelle ,

Et qui brûla en s’ratalinant.

C’est qu’voir’ regard est enflammant,

S’il fallait payer, je vous jure,

Tout ce qu’est biûlé par vos yeux.

Combien d’assureurs malheureux, Tomberaient en déconfiture.

BRIGITTE, à part.

Il est galant ! ( haut ) c’est pour ça que vous me reteniez, (riant.) ah ! ah! ah!

BOCQLET.

Oh! ne rions pas, sapcrlotte... ne lions pas... ceci n’est point une plaisanterie... Je brûle, et un feu aussi conséquent ne s’éteint ni avec des sciaux d’eau... ni avec dès moqueries.

BRIGITTE

Que voulez-vous que j’y fasse ?

BOCQtTKf, avec exaltation.

Ce que je veux que vous y fassiez. .. (à part.) me v’Ià parti, (haut.) quand on va chercher les pompiers , est-ce qu’ils disent : qu’eit ce que vous voulez que j’y Tasse ?

BRIGITTE, à part .

Est-il de bonne foi?

BOCQCET.

Je veux que vous me permettiez de vous cultiver... qu’est-ce que je demande? de tous causer le matin, à midi , dans la journée, le soir... et puis le reste du temps. (éz part.) suisje lancé !

BRIGITTE, h part.

Quelle chaleur! (haut.) Monsieur Bouquet veut rire, à ce qu’il paraît... il aime à plaisanter... car tout cela n’est qu’une plaisanterie. .

BOCQUET

üne plaisanterie!., mais c’est si peu une plaisanterie, que si vous me refusez la jærmission demandée, je ferai un malheur... je m’asphyxierai en avalant mes baguettes on en m’introduisant mon briquet dans mon liane gauche... ah! mais... ah! mais!

Brigitte , sérieusement.

J’ai bien voulu ne pas me fâcher de vos extravagances , tant qu’elles m’ont semblé un amusement, un jeu; maintenant que vtuis prétendez me faire prendre la chose au sérieux, je vous prie de me laisser ; et je me retire, pour ne plus entendre de pareils discours. .. Je vous salue...

(Elle rentre.)

bocqdet. interdit.

Mamselle... bien... et vous? (il va s'asseoir sur un banc placé devant la maison de droite , et ne voit pas entrer Pommelé .)

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