‹ Les Deux tambours, vaudeville en 1 acteChapitre 9 sur 16 · POMMELÉ, BOCQUET · texte numérisé non relu

POMMELÉ, BOCQUET

' pommelé , h lui-même.

Je Tien* de faire écrire celle lettre p.tr j’é.

crivain de la compagnie...; mille noms de noms... quel style!., comment lui faire parvenir adroitement?/., oh ! (tl ramasse une pierre et V entoure de la lettre .) ma galanterie ne peut rester en route, (il jette la pierre et casse un carreau.)

bocquet, réveillé par le bruit .

Hein ?.. qu’est-ce que c est ?

POMMELÉ

Tiens... tü étais là, Tapin, que faisais-tu?

BOCQUET

Je réfléchissais...

POMMELÉ

Sans doute à la carotte que tu m’as tirée tantôt et a»i roulement que tu as battu... à mon intention... farceur!

BOCQCET.

Est-ce que vous m’en voudriez, major ? il me semble que je mérite une récompense pour avoir enfoncé un malin de votre trempe.

POMMELÉ

Bocquet, tu feras ton chemin... tu as compris que la gloriole était toujours l’endroit sensible de l'humanité... tu nie Haltes, mais ça me fait plaisir, je te pardonne...

bocquet.

Major , je vous trouve l’homme le plus généreux et le plus...

rOMMELJÇ.

Oh! assez de flatterie !... c’est bon une minute , mais après, ça devient embêtant...

voyous, jasons sur un autre sujet... à quoi que tu pensais là tout à l'heure?

BOCQUET

Là tout à l’heure, je me disais : le major ne m’a pas expliqué comment les femmes recevaient les déclarations.

pommelé.

C’est vrai , Tapin , je te redois ce fruit de mon expérience .. tu tepréscnlesà une beauté et tu lui décroches un compliment... ça l’étourdit, elle reste interdite.

bocquet, â part.

C’est comme Brigitte tout à l’heure.

POMMELÉ

Sans lui donner le temps de respirer, tu l’innondes de doux propos... elle prend son air sérieux et dit : mais sacrebleu que me voulez-vous? à quoi tu réponds... ce que je veux, c’est me (aire adorer de tous... à ce mot la beauté devient rouge comme un homard...

et s’en *va en te disant : vous êtes un fichu polisson.

BOCQUET

Alors c’est fini, il faut y renoncer?

POMMELÉ

Bu tout, il faut obtenir bien vite un second rendez-vous... et là, ma foi... on ne doit pas la quitter sans avoir pris à la bayonnette un baiser cl un souvenir.

BOCQUET

Merci, major... je profiterai de la leçon.

(La pierre entourée d’un papier vient tomber aux pieds de Pommelé.) qu’est-ce que ç’est que ça ?

pommelé, qui a ramassé et ouvert le papier.

C’est la réponse par le même coürier.

BOCQUET

Peut-on savoir?

POMMELÉ

Jeune tapin, je viens de te donner une leçon de théorie , je vaii y joindre la pratique: ignorant si je sais lire, puisque je n’ai jamais essayé, je te prie de me communiquer le contenu de ce billet.

BOCQUET

De qui est-il ce poulet?

pommelé, avec fatuité.

Parbleu de la beauté incluse dans cette maison apparemment-..

bocquet, à part .

Comment il lui a écrit... par où donc qu’il lui a fait remettre sa lettre?

POMMELÉ

Allons, jeune homme, ne faites pas languir mon tendre cœur, il n’y a rien de si attrayant que les nouvelles passions.

bocquet.

J’y suis sergent, (il lit.) « J’ai été émue de € votre lettre. »

POMMKLÉ.

Je le crois fichtre bien.

bocquet, lisant.

t Aussi je consens à causer avec vous, tout « à l’heure, mais pas chez moi. »

POMMELÉ

Et où ça ?

bocquet, lisant bas et vite.

« Devant la porte de la maison que j’ba- « bite...» Oh! quelle idée!

pommelé.

Eh bien !

bocquet.

C’est qu’il y a un mot difficile... ah! j’y suis, (lisant.) « derrière le mur de la caserne. »

pommelé, montrant le fond.

Là-bas!. . Cré coquin, le rendez-vous est diablement exposé au soleil; c’est égal... Eh! bien, Bocquet... tu le vois, une femme dont la figure m’est étrangère... arrivée d’hier seule— lement et qui me donne un rendez-vous!

bocquet.

C’est fameux*

fommele, à part.

Je dois m’avouer à moi-même que c’est la première fois que je réussis aussi vite... je suis donc bien beau?.».

bocquet.

Probablement uu’avec les années vos charmes prennent de l'accroissement.

pommelé.

Allons, adieu, enfant.

BOCQUET

Major , voulez-vous que je vous prête mon fifre?

POMMELE.

Ma foi oui... c’est un moyeu de s’impatienter moins désagréablement.

. rOMMELB.

Au : de M. Doche.

Plein de douceur Et de bonheur S’apprête

Ce doux têle-â-téte.

Ainsi jamais A mes atliaits La beauté N’aura résisté.

Non, jamais la beauté N’aura résisté.

Si j’allais, ça n’est pas croyable,

Près d'ell’ montrer de l'embarras!

Etre froid, triste et pas aimable...

bocquet.

Soyex tranquille un’ fois là-bas,

La chaleur ne vous manqu'ra pas.

ENSEMBLE

Plein de douceur, etc.

(Pommelé sort.)

V\V» VtMMMVVM VVMnvtHHMM

Page 1