‹ Les développateurs organiques en photographie et le paramidophénolChapitre 27 sur 32 · GH · texte numérisé non relu

GH

etc.

ne développent pas.

Il n'est pas permis cependant d'affirmer, pour le moment du moins, que les substitutions dans l'un des groupes constituant la fonction développatrice détruisent invariablement les propriétés révélatrices. Bien que nos expériences tendent à démontrer que le pouvoir développateur ne subsiste que si la molécule possède lesdits groupements intacts, les observations d'autres auteurs ne s'accordent pas toujours avec cette condition.

C'est ainsi que le colonel Waterhouse (') a indiqué récemment comme développateur le gaïacol, qui est la méthjlpjrocatéchine

/OGLP (i) G<îHi(

Nous avons repris avec beaucoup de soin l'étude de cette substance et nous avons pu constater que

(') Photographie News, juin iSgr.

4G PRE.MIliRE PARTIE. — DÉVELOPPATEURS, ETC.

le gaïacol commercial est im produil très complexe qui développe, d'une façon plus ou moins satisfaisante, l'image latente photographique.

Ce gaïacol est obtenu habituellement en soumettant à la distillation fractionnée les produits pyrogénés de la résine de gaïac; la substance brute que l'on obtient de la sorte et qui est livrée au commerce est très impure, de sorte que Pon ne peul rien conclure au point de vue théorique des expériences du colonel Waterhouse.

11 nous a paru intéressant de reprendre ces expériences avec une substance aussi pure que possible.

Le produit du commerce est agité d'abord avec de l'eau ammoniacale, séparé de ce liquide, puis dissous dans son volume d'éther; traité ensuite par une solution alcoolique de potasse, il donne un sel de potasse qui se précipite. Le précipité est lavé à l'éther, puis on le fait cristalliser dans l'alcool. Il ne reste plus alors qu'à décomposer le sel potassique par l'acide sulfurique.

Le gaïacol pur ainsi obtenu bout à 200°. Il ne développe pas l'image lateiiLe. Il j a lieu de supposer que les propriétés attribuées au gaïacol ne sont dues qu'à des impuretés. L'erreur qui avait été commise au sujet de la résorcine s'est donc répétée pour le gaïacol.

Nous avons recherché, sans le moindre succès,

ClIAP. III. — UKCIIEROIIES DES AUTEURS. 4;

l'impureté du gaïacol commercial qui lui communique son pouvoir développateur. Nous avons constaté seulement que l'eau ammoniacale ayant servi au lavage du produit brut peut développer, mais les tentatives faites pour isoler et analyser la substance active n'ont rien donné, sans doute à cause de l'altérabilité de cette substance et aussi parce qu'elle n'existait qu'en proportion extrêmement faible dans les liqueurs ammoniacales.

Le développement d'une plaque photographique exige fort peu de substance active ; nous avons pu développer, sinon d'une façon parfaite, du moins très visiblement, à l'aide de solutions de paramidophénol à yô^jq' Un décigramme de ce corps réducteur dissous dans i^'^ d'eau pouvant développer nettement, on comprend toutes les difficultés que l'on rencontre dans l'étude qui nous occupe. On conçoit aussi que des expérimentateurs habiles aient pu commettre des erreurs en utilisant des produits dont la pureté n'est pas assez voisine de la perfection ).

Dans un travail du D"" Andresen publié dans les

(') Si une solution alcaline à 77^0,, de paramidoplicnol possède une énergie suffisante pour réduire les sels lialoïdes d'argent exposés à la lumière, on pourrait ainsi avoir une action nettenieut visible avec des solutions bien plus diluées encore. Il est possible, par suite, d'utiliser ces réactions d'une sensibilité remarquable pour la recherche chimique de ces sub-

Photo graphische Mittheilungen {^), cet aiiLcm écrit qu'il a expérimenté les siibstonces suivantes, auxquelles il a trouvé des propriétés développatrices : la diméthjlparaphénylène diamine

/Az( (I) G»-' H'< \GIP

\\zir^ (4)

et le diniétbylparamidopbénol

Az( (0 ^OII (4)

En répétant ces essais nous n'avons pu tromcs avec la seconde de ces substances, purifiée avec bplus grand soin, aucune action sur le bromure d'argent.

Il a donc dû arriver au D'' Andresen ce qui était arrivé au colonel Waterliouse avec le gaïacol et au D' Eder avec la résorcine. C'est l'impureté qui développe, et non la substance elle-même.

stances. En prenant la plaque photographique comme réactif, nous retrouvei'ons, avec la plus grande simplicité, certaines impuretés; nous pourrons, par exemple, reconnaître dans la résorcine la présence de traces des isomères de ce corps, orthodiphénol ou hydroquinone, que d'autres réactions nr pourraient montrer à cause de leur manque de sensibilité. (') AxDUKSEN, Photo graphische Miltheilungen, no\'cmhie

CHAP. lU. — RECHERCHES DES AUTEURS. 49.

Pour la diméthylparaphénjlène diaminc, nos essais ne sonl pas assez concluants et ds ^landent à être repris.

Bien qu'il soit prudent, devant les affirmations ilu Andresen, de faire quelques réserves sur l'influence des substitutions dans les groupes formant la fonction développatrice, nous pouvons cependant conclure qu'en général ces substitutions détruisent le pouvoir développateur.

Cas de la phénylhydrazine H^ — h Az — Az IP. — Ce corps fait exception aux règles précédentes. D'après la constitution qu'on lui suppose, il n'y aurait qu'une seule substitution dans un CH du noyau benzique. Il est vrai cpie cette substitution est le diamidogènc

H^Az — AzH2.

Cette constitution différente de la phénylhydrazine C^^H^ — HAz — AzH^ se traduit par des propriétés différentes aussi; dans la série aromatique , la phénylhydrazine est en effet le seul corps connu ne possédant que deux groupes amidés qui puisse développer sans le secours d'une base ou d'un carbonate alcalin. La solution aqueuse ou mieux la solution hydro-alcoolique suffit.

Cette exception dans les propriétés de la phénylhydrazine se rapportant à un corps dont la constitution fait elle-même exception aux règles pré-

5o PREMIÊKE PARTIE. — DÉVELOPPATEURS, ETC.

cédenles, bien que s'en rapprochant, semble confirmer lesdites règles et permet de supposer que les autres hydrazines primaires aromatiques peuvent aussi constituer des développateurs.

La fonction développatrice paraît donc dépendre de la présence des groupements suivants dans le noyau benzique

OH, AzH2, AzH2, OH, AzH2, OH.

Ces double? groupements considérés isolémcnl, indépendamment de tout nojau benzénique, représentent des corps qui existent, et il étaitintéressant d'examiner ces substances au point de vue de leur action sur les sels d'argent.

Les propriétés développalrices de l'hydroxyla-

mine \^^^ sont très nettes et le D-" Andresen a ^OH

AzH^

remarqué que l'hydrazine de Curtius ^i^^^^ développe également l'image latente.

OH

Quant au dihydroxyle connu et décrit sous

le nom de peroxyde d'hydrogène, il peut jouer, suivant les conditions de la réaction, le rôle de corps oxydant ou d'énergique réducteur.

Cette substance considérée comme développateur n'a pas été jusqu'ici suffisamment étudiée pour que l'on puisse déduire, des expériences som-

RECHERCRES DES AUTEURS.

maires auxquelles elle a donné lieu, des consé- (juences bien précises.

Série grasse. — Dans la série grasse, l'examen (les corps les plus réducteurs, les aminés et les aldéhydes, pour ne citer que les fonctions réduc- Irices les plus importantes, ne nous ont donné aucun résultat.

L'ensemble des groupes OU et AzH- ne constitue la fonction révélatrice que dans la série aro- ] lia tique.

Ainsi l'urée

/Azir2 G0<

\AzII2,

/AzH2 A?/ \AzII2

l'élhylène diamine

/AzIP G2II<

\\zH2,

qui ont deux groupements AzH-, ne développent pas l'image latente.

Pour résumer l'ensemble de ces observations, nous croyons donc pouvoir formuler le résultat de nos recherches dans les remarques suivantes :

la guanidine

T. Pour qu'une substance de la série aromatique soit un développateur de V image latente,

5'2 PREJIIÉRE PARTIE. — DlîVELOPPATIiURS, ETC.

// fautqiiily ait, dans le noyau benzénique, au moins deux groupes hydroxylés, ou bien deux groupes amidogènes, ou bien encore un hydroxyle et un amidogène.

II. Cette condition nécessaire n^ est sûrement suffisante que dans la parasérie et généralement dans V orthosérie.

Dhine manière générale, si les substitutions hydroxylées et amidées sont en position para, le pouvoir développateur est maximum ; il est moindre si les substitutions sont en situation ortho et nul dans la métasérie.

III. Les propriétés développatrices peuvent persister quand il y a dans la molécule plus de deux groupes OH et AzH-.

IV. Quand la molécule résulte de la soudure de deux ou de plusieurs noyaux aromatiques, les remarques précédentes ne sont applicables que si les groupes hydroxylés et amidés existent dans un même noyau aromatique. Quelques exceptions à cette règle sont à noter dans la série de la naphtaline .

V. Les substitutions que l'on peut faire dans les CH du noyau aromatique ne paraissent pas supprimer le pouvoir développateur .

Page 1