IMAGE LATENTE
lumière et l'image latente, qu'une différence portant seulement sur la quantité de sel d'argent décomposé.
bans la deuxième, Théorie dynamique, on admet que la lumière ne modifie pas la composition chimique du sel d'argent; les ondes lumineuses détermineraient simplement un changement dans l'arrangement des molécules et amèneraient ainsi la substance sensible à un état moléculaire particulier : sous cette forme nouvelle, elle pourrait être alors décomposée facilement par les développateurs.
On a donné, en faveur de chacune de ces deux hypothèses, des arguments nombreux, on a multiplié les expériences à l'appui de l'une ou de l'autre, sans arriver à des conclusions suffisamment nettes et précises pour que l'on puisse actuellement donner une affirmation sur ce point.
Sans rien vouloir préjuger de la nature intime de la modification latente que produit la lumière sur les halosels d'argent, nous examinerons seulement la propriété que présentent ces substances, ainsi modifiées, d'être réduites sous l'action de certains réactifs.
Pour fixer les idées, supposons qu'il s'agisse du bromure d'argent. L'image photographique est constituée par de l'argent métallique. Je développement de l'image latente consistant à décomposer le bromure d'argent en effectuant la séparation du
4 PRINCIPES GÉNÉRAUX
brome el de l'argent. Celte séparation pourra être opérée en absorbant le brome, à l'aide d'un corps qui s'unisse facilement à cette substance; l'hjdrogène possède précisément cette propriété à un très haut degré. Or la décomposition de l'eau peut fournir de l'hydrogène et, pour réaliser cette décomposition, on doit recourir à des substances oxydables qui s'emparent de l'oxygène de l'eau et inettent l'hydrogène en liberté.
Les développateurs de l'image latente doivent être, par conséquent, des corps réducteurs qui, par l'intermédiaire de l'eau, décomposeront le bromure d'argent.
Tout révélateur doit remplir les principales conditions suivantes :
1° Tl ne doit pas effectivement décomposer Teau. Si, en effet, l'hydrogène se dégageait de la solution réductrice, il ne pourrait agir sur le sel d'argent; mais, d'autre part, il est nécessaire que ce révélateur soit suffisamment avide d'oxygène pour que cette propriété, jointe à celle que possède l'hydrogène de se combiner au brome, puisse amener la décomposition du bromure d'argent.
2° Les produits d'oxydation du développateur ne doivent pas détruire l'image latente : ils ne doivent exercer sur elle tout au plus qu'une faible action et ne doivent pas tendre à provoquer une réaction inverse qui pourrait devenir prédominante et arrêter le développement.
IMAGE LVTENTE. 5
Prenons un exemjjle. Une plaque photographique exposée à la lumière est traitée par une solution ammoniacale de chlorure cuivreux; le développement s'effectue avec production de chlorure cuivrique. Or ce chlorure cuivrique détruit l'image latente et tend à donner avec l'argent réduit du chlorure cuivreux et du chlorure d'argent
2CuGl2+ 'lAg = Gu2C12+ aAgCl,
réaction inverse de celle qui constitue le développement. Ces deux réactions inverses peuvent avoir lieu simultanément : le sens de l'action résultante n'est déterminé que par la prédominance de l'une d'elles.
Ces considérations expliquent le manque d'intensité des clichés développés au chlorure cuivreux ammoniacal. Au début, avant la production du sel cuivrique, la réduction du bromure d'argent est énergique, mais bientôt cette décomposition devient plus difficile et finit par cesser complètement, lorsque le chlorure cuivrique formé est en quantité suffisante pour produire une action compensatrice.
Toutes les substances énergiquement réductrices ne peuvent pas être utilisées comme développateurs. Ainsi l'acide sulfureux et les sulfites, l'acide phosphoreux et les phosphites, etc., qui sont très oxydables, ne réduisent pas le bromure d'argent.
6 PRINCIPES GÉNKRVUX.
3° Au point de vue pratique, pour être utilisable, il faut qu'un révélateur présente une solubilité clans l'eau aussi grande que possible, que la solution soit peu colorante, que les produits d'oxydation qui prennent naissance pendant le développement n'aient pas d'action sur l'image latente, et ne communiquent pas une teinte persistante au substratum du sel lialoïde d'argent.
CLASSIFICATION DES DÉVELOPPATEURS.
Les développateurs de l'image latente peuvent être divisés en deux grandes classes :
1° Les développateurs minéraux ou inorganiques pouvant fonctionner en solution neutre ou acide ;
2° Les développateurs organiques, qui appartiennent tous à la série aromatique et qui, en général, ne fonctionnent qu'en solution alcaline.
La première classe comprend l'oxalate ferreux, les sels cuivreux, l'acide lij^drosulfureux et les hjdrosulfites, les sels chromeux, etc. L'étude de ces substances ne saurait trouver place ici et nous renvoyons le lecteur aux ouvrages qui traitent plus spécialement cette question (<). Le nombre
(') 1)k la Baume-Pluvinel, Le développement de l'image
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de ces substances développatrices inorganiques découvertes jusqu'à ce jour est très limité.
D'autre part, elles possèdent, l'oxalate ferreux excepté, des inconvénients qui en ont fait rejeter l'application pratique.
latente. Paris, GauLliier-Villars et fils; 1889. — Fabre, Traité encyclopédique de Photogr., t. II. Paris, Gautliier-Viliars et fils; 1890,