CHAP. I. — NOTIONS SUR LV THÉORIE ATOMIQUE. 1 I
niques, loiijours constitués des mêmes éléments, on a cherché, pour éviter la confusion, à représenter ces corps par des formules rappelant leur constitution et leurs propriétés principales. Ces représentations schématiques doivent en même temps servir de base à la classification rationnelle des substances qui nous occupent et permettre de prévoir telle ou telle réaction que l'expérience devra confirmer. La théorie atomique a été établie en s'inspirant de ces considérations et remplit les conditions énoncées; mais il ne faut pas oublier que nous ne connaissons pas la constitution intime des corps organiques et que cette théorie n'est qu'une hypothèse, hypothèse qui s'accorde, il est vrai, avec les propriétés et les réactions de ces substances.
Nous rappellerons très sommairement, dans les lignes qui suivent, les principes généraux de la notation atomique. Ces notions, que nous nous efforcerons d'exprimer d'une façon simple et concise, sont indispensables pour l'intelligence des Chapitres suivants.
On appelle corps simple tout corps qui ne peut être décomposé en plusieurs éléments distincts, ni par les agents physiques, ni par les agents chimiques.
Prenons un corps simple, le soufre, par exemple, et pulvérisons-le de façon à obtenir des particules très petites. Ces particules, qui ne peuvent plus
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être séparées à l'œil, pourront être néanmoins parfaitement isolées les unes des autres sous un microscope. Par la pensée, imaginons que l'on pulvérise à nouveau l'une de ces particules visibles au microscope; on appellera molécule la particule infiniment petite qui ne pourra plus se diviser. La grandeur d'une molécule ainsi constituée est très petite et nous ne pouvons pas par pulvérisation arriver au degré de ténuité nécessaire pour séparer les molécules des corps les unes des autres. Néanmoins, pour arriver à expliquer et à représenter graphiquement la constitution et les propriétés chimiques des corps, on a émis l'hypothèse que cette molécule indivisible pourrait être composée de particules plus petites encore appelées atomes; ces atomes, retenus ensemble par une force secrète, se grouperaient pour former une molécule. Ainsi la molécule de soufre serait formée de 2 atomes.
L'expérience a montré que les proportions de deux corps simples qui se combinent pour former une même substance sont invariables. Ce principe, qui a reçu le nom de loi des proportions définies, est la base fondamentale de la Chimie.
Dalton eut le premier l'idée d'expliquer les combinaisons par des juxtapositions d'atomes. On peut déduire de là que, si des poids différents d'un corps A se combinent avec des poids variables d'un autre corps B, ces derniers ont entre eux un
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rapport rationnel et commensurable. Cette loi a reçu le nom de loi des pi^oportions multiples.
Après avoir reçu la sanction de Texpérience, cette loi est devenue l'un des plus solides fondements de la théorie atomicjue qui admet encore riiypotlièse émise par Avogadro en 1811 et reprise par Ampère en 181 3, hypothèse qui consiste à supposer qu'à volume égal tous les gaz contiennent le même nombre de molécules.
Valence des atomes. — L'atome d'hydrogène étant pris pour unité, on a remarqué que certains éléments se combinent atome à atome avec l'hydrogène-, on les a appelés éléments monoatomiques ou monovalents. Ces corps simples sont le chlore, le brome, l'iode, le potassium, le sodium, etc. C'est ainsi que i atome de chlore se combine à i atome d'hydrogène pour donner de l'acide chlorhydrique
H + Cl = M — Cl.
On représente par des traits ( — ) l'atomicité d'un corps satisfaite par un autre atome.
Pour leur combinaison avec l'hydi-ogène ou un autre élément monoatomique, certains éléments exigent 2 atomes; on les appelle éléments diatomiques ou divalenis. Ce sonl, par exemple, roxvffène, le soufre, le sélénium, etc.; 2 atomes
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d'iijdrogène se combinent à i alome d'oxjgcne pour donner de l'eau :