Les dévotes epistres de Katherine d'Amboise
A la renaissance des lettres en France, la poësie fit les délices d'une foule d’esprits distinqués.
Chacun s'empressoit de lire les vers qu’un mérile vérilable ou le caprice de la mode signaloit à l'attention générale. Rarement on vit un enthousiasme plus sincère pour les productions de la litteralure.
Personne n'ignore l'influence que Marguerite de Valois exerça
sous le règne de François [”,
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son frère. Cette princesse cultivoit les lettres, et faisoit profession de protéger les savants. Elle se montra favorable aux nouveautés religteuses, et accueillit avec une sorte d'affectation les théologiens protestants. Elle écrivoit en prose et en vers avec une égale facilité; mais ses compositions sont empreintes d’une légèreté qui dégénère trop souvent en licence.
Catherine d’'Amboise, qui vécut longtemps à la cour de Francois 1%, fut séduite, comme la dixième Muse, par l'attrait de la poësie; mais, loin de suivre
exemple de la Marguerite des ee
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Marguerites, elle consacra son talent poëtique à exprimer ses sentiments religieux. Les dévotes épitres qu'elle adresse au Christ et à la Vierge ne sont pas dépourvues de charme. On y trouve des traits remplis d’une grâce naïve, des vers heureusement tournés, de fraiches images. C’est l’œuvre d’une imagination riante, qui eut l'avantage de s'épanouir, dès ses plus tendres années, sur les rives verdoyantes de la Loire, à Chaumont et à Tours.
Catherine eut pour père Charles d'Amboise, premier du nom, sei-
gneur de Chaumont, qui obtint les
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bonnes grâces de Louis XI, et devint gouverneur de lIle-de— France, de Champagne et de Bourgogne. Le roi le nomma chevalier de son ordre de Saint-Michel, et lui donna le comté de PBrienne.
Philippe de Comines dit qu’il estoit très — vaillant homme, sage et diligent. Z{ mourut à Tours le 11 jévrier 1481, et fut enterré dans l’église des Cordeliers d’Amboise.
Catherine d’ Amboise étoit aussi remarquable par sa beauté que par l’agrément de ses manières et de son esprit. Elle fut mariée trois fois. Elle épousa d'abord Chris-
tophe de Tournon, seigneur de Beauchastel, échanson du roi Charles VIII. Cette union fut de courte durée. Vers la fin de l'année 1501, elle contracta mariage avec Plalibert de Beaujeu, seigneur d’Amplepuis, de Linières el autres lieux, chambellan du roi Francois 1". Le contrat de mariage, dont l’abbé de Marolles nous a
conservé l’analyse manuscrite ”,
* Les Hist. des anciens comtes d'Anjou et de la construction d'Amboise. Paris, 1681, in-4°. Ce précieux volume enrichi de nombreuses notes, corrections, additions de la main de l'abbé de Villeloin, se trouve à la Bibliothèque municipale de Tours, fonds A. Salmon, n° 34.
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[ut dressé et signé le 10 novembre 1501. É'toient présents, outre les deux époux, Jacques de Beaujeu, baron et seigneur de Linières, père de Philibert ; messire Louis d’Amboise, évêque d’Autun, depuis évéque d’Alby, et créé cardinal en 1506, par le pape Jules IT; et Jacques d’Amboise, abbé de Cluny. Les deux derniers étoient procureurs spéciaux de Charles d’Amboise, deuxième du nom, et de Guy d’Amboise, frères de Catherine.
Ce Charles d’Amboise monta rapidement aux plus grands honneurs ; 1 fut successivement grand
maître, maréchal et amiral de
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France. La mort le surprit en Lombardie, à l’äge de trente-huit ans. Son corps fut transporté à Amboise, et enseveli dans l’église des Cordeliers. Il mérita ce bel éloge : « Mort le preint un peu bien tost, car il fut homme de bien toute sa vie. »
Le contrat de mariage reconnoit que la dot de Catherine est de dix malle écus d’or, valant dix-sept maille cinq cents livres, outre Le chastel seigneurie de la Sellette, en Berri. Les robes et habillements sont estimés plus de cinquante écus d'or.
À la suite du contrat se trouve
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l'acte d’émancipation de Philibert de Beaujeu, suivant les formalités accoutumées.
Avant de procéder aux cérémonies nuptiales, on publia la dispense de parenté du troisième degré entre les deux jeunes époux :
Catherine d’Amboise, en effet, par sa mère Catherine de Chauvigny, éloit petite-fille de Catherine de Beaujeu. La dispense fut accordée par le cardinal Georges d'Amboise, premier du nom, archevéque de Rouen, à Lyon le 6 des Ides de novembre 1501.
Philibert de Beaujeu recut en
dot la seigneurie de Linières en
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Berri. Le château, déjà ancien, avoit été rebâti par Jérôme de Nouveau. L'église Notre - Dame étoit collégiale. C'étoit un domaine considérable, auquel la feodalité avoit attaché de nombreux privilèges. Les seigneurs de Lainières portoient le titre de sires, de princes, et de barons de Limières.
Devenue femme de Philibert de Beaujeu, Catherine d'Amboise eut une prédilection marquée pour le château de Linières. Dans cette tranquille résidence, elle se livroit en hiberté à ses dévotions, et culti-
voit la poësie. C’est elle-méme qui
nous l’apprend, vers la fin de sa première épitre :
Escript au lieu segrect de ta maison
De Lynières, ou souvent oraison
Te presenta Katherine d’Amboyse
Que trouveras, au tems qui vient, courtoyse
Plus que jamais, moyennant tes appuys.
Depuis longtemps Philibert de Beaujeu avoit passé une transaction avec le duc de Bourbon, touchant la baronnie de Beaujeu, qu'il céda avec tous ses droits, moyennant une rente de quinze cents divres. Il mourut sans postérité, en 1541.
A cette époque, Catherine, de-
venue veuve pour la seconde fois,