‹ Les dévotes epistres de Katherine d'AmboiseChapitre 2 sur 11 · XL · texte numérisé non relu

XL

étoit entrée dans la vieillesse. Elle convola néanmoins à de troisièmes noces. Elle fit alliance avec Louis de Clèves, comte d'Auxerre, fils d’'Engilbert de Clèves et de C'atherine de Bourbon- Vendôme. La mort brisa bientôt ces nouveaux liens. Louis de Clèves mourut en 1545. Catherine d’Amboise mourut cinq ans après, en 1550, sans avoir eu d'enfants.

Les poësies pieuses de Catherine d’Amboise méritent d’être connues, quoiqu'elles soient loin de la perfection. Elles sont propres à honorer sa mémoire, non-seulement à

cause des religieuses intentions du

— Li) —

poëte, mais encore par plus d’un passage que ne désavoueroient pas les auteurs les mieux inspirés. Les épitres de Catherine sont un monument précieux d’un siècle qui a élevé des monuments plus imposants et plus célèbres. Les amis de notre littérature hront avec plaisir le Chant Royal composé en l’honneur

De la Vierge ou toute grace abonde ,

La plus belle qui jamais fut au monde.

Pour chanter dignement la Vierge, qu'elle appelle sa dame, maistresse et amie, Catherine invoque le secours des Anges et des Muses.

Par un melange du sacré et du

- Lit), —

profane, dont la renaissance nous a laissé plus d'un exemple, elle s'adresse aux personnages les plus fameux de la Bible et de la Mythologie. Dans $on enthousiasme elle s’écrie :

Viens, Apollo, jouer des chalumeauzx ;

elle invoque Aurora, qui prélude aux beaux jours; Orpheus, pour sonner harpes et clarins ; Amphion, si connu par des prodiges dus à l'harmonie de sa lyre. Elle continue :

Viens, Royne Hester, preparée de joyaulr,

Venez, Judith, Rachel et Florimonde ,

Accompagnez par honneurs spéciaulr

La plus belle qui jamais fut au monde.

Page 1