‹ Les dévotes epistres de Katherine d'AmboiseChapitre 5 sur 11 · PL · texte numérisé non relu

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Quepromptement par ce courrier l'envoye, Lequels'est mys, pour ceste affaire, en voye, Etm'a promis que la verras de brief.

Et oultre plus que de mon mal tres grief Auray confort ; mais helas! trop je doubte Que ma requesle acceptes, somme toute, Tant au moyen des faultes que j'ay faictes Encontre toy, quine sont sattisfaictes, Que pour la foy des loyalles amours

Que j'ay faulcée, employant mes faulz tours Plus qu'inhumains contre ta seigneurie.

Las ! tu m'avoys tant aymée et cherie, Qu'impossible est a mondain amoureux, Navré du dart d'amour tres vigoureux,

De tant aymer celle qui l'ayme aussi.

Ce pourpensant, ay le cueur tout transsi.

(#} est lvray que ton Père eternel, Et aussi toy, son filz substanciel, M'avez formé tant l'ame que le corps

Lx)

Par amoureux et gracieulr accords , Sans que besoing vous eussiés de me faire Et que de moy n'eussiés aucune affaire ; Mais seullement ton Père magnifique Vouloit complaire à toy, son filz univque.

Par la bonté de la tierce personne ,

Qur de vous deux procède, et dont résonne L'amoureulx bruyt et gracieulx usaige , Put acomply ce merveilleux ouvraige.

Es pour mon corps nourrir en cestuy monde, Tu me baillas la terre necte et monde ,

Etcomme mère, divers fruiclz produysans,

Les eaux aussi qui me sont tres duysans ;

Le clair souleil, lequel marche tousjours ,

Pour mesurer et compasser mes jours ,

Les moys, les ans ; pour chacun fruict produyre Par sa chaleur ; la lune pour nous luyre .

Et esclarcir les tenebres nocturnes ,

Le tout as fait en façons taciturnes.

— æùij —

Oultre as creés les quatre elemens , Pour me donner vie et nourrissemens.

DE on mon ame de toy si fut par faicte À ton ymage, sur toustes pure et necte , Pour une foys apres avoir vescu

En ce bas monde , et l'ennemy vaincu, Jouyr de toy par amour eternelle ,

En ta maison royalle et supernelle,

Ou l'on peult prendre, avoir et accepter Tous ses plaisirs, sans ung en excepter. Et pour regir tout cest acoustrement ,

Me fut baillé memoire , entendement,

Et volunté par dispos deificque.

Semblablement une garde angelicque, Qui est celuy qui l'epistre presente Devant ton throsne. A toy seul la presente.

WMi bon Thesus, comme mal gracieuse De tous ces biens fus soubdain oblieuse ,

Co11)

l'our le parler du faulr serpent lezart , Je L'oubliés. En enssuyvant son art ,

S'il me mena soubdain et par ma faulte , À fol delict. Ma riqueur fut trop haulte ; Car par ce fus a vice abandonnée , Comme la chair qui est aux banez donnée, Tant et si fort que moy tres malheureuse, Je devins lors, par ort peché, lepreuse , Hideuse a veoir en face , tres orrible , Plus que nulle autre in faicte et corruptible.

Ô, m'en fut pis ; car je fus dejectée Du lieu plaisant où fut ma demourée , Mise en la terre et de paine et labeur, Ou par long temps ay ploré ma douleur, Au grant dangier de bestes devorables , N'eussent esté tes regards secourables ; Car non obstant que je l'eusse for faict Come j'ay dit, sans l'avoir sattisfaict , Tu ten allas proposer a ton Père

— ŒLÎit —

Le deshonneur, le mal et vitupère , Ou j'habitoys , le priant doulcement Qu'il eust pityé de mon rabessement.

va e consistoir sur ce fut assemblé,

Ou chacun dist ce que luy a semblé

Par oppinion , voullurent ordonner

Que vray pardon on me devoit donner ; Mais qu'il farlloit pour ceste playe querir, Que de tes membres, 1l feust veu decourir Ruisseau de sang, ou lavée 1e seroye ; Car sans cela, jamans ne queriroye.

O doulz Thesus, tu fus si amyable De moy, meschante et si tres pitoyable, Que tu voullus de ton throsne descendre ,

Et mortel corps pour l'amour de moy prendre.

Lors fus en croix cruellement pendu, Percé de clouz, et ton cousté fendu, Dont vint le sang, ouquel je fus lavée

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