‹ Les diagnostics biologiques en clientèleChapitre 28 sur 53 · C. Inoculation · texte numérisé non relu

C. Inoculation

a) Recueillir le reste du culot d'un ou mieux de plusieurs tubes centrifugés ;

b) Les diluer avec 2 centimètres cubes de bouillon ou de sérum isotoniqiie ;

c) Injecter sous la peau de la région inguinale d'un ou plusieurs cobayes ;

d) Les tuer après un mois environ.

Ce qu'U faut voir :

A. Examen cytologique :

Les leucocytes sont le plus souvent du type polynucléaire et leurs noyaux multilobés se colorent en bleu. Ils sont plus ou

moins cytolysés : on dit qu'ils sont cytolysés quand leurs limites manquent de précision, quand leurs noyaux se colorent mal, quand ils se désagrègent facilement durant l'examen.

Les cellules épithéliales se reconnaissent facilement par leurs grandes dimensions et leur protoplasma clair.

B. Examen bactériologique.

Il faut distinguer deux sortes d'urines.

a) Urines remplies d'éléments microbiens. Ce peuvent être du streptocoque, du pneumocoque, du bacille d'Eberth, mais le plus souvent il s'agit des espèces suivantes :

Bacterium coli : dans l'urine acide, bâtonnet court, extrémités arrondies, se décolorant par le Gram.

Gonocoque : diplocoque réniforme, ne prenant pas le Gram.

b) Urines d'apparence amicrobienne. C'est surtout dans ces urines qu'il faut chercher minutieusement le bacille de Koch. Il peut être très long à trouver, on usera de patience. 11 est isolé ou aggloméré en amas. La technique de l'alcoolo-acido-résislance permet de le distinguer du bacille du smegma seulement acidorésîstant.

Ce qu'il faut dire :

Polynucléaires fortement cytolysés, pas d'éléments microbiens visibles sur la lame de bleu (pyurie aseptique), quelques bacilles alcooio-acido-résistants, inoculation positive après un mois = Tuberculose en évolution. Il faut savoir cependant que cwtains tuberculeux présentent de lu bacillurie sans lésion tuberculeuse de l'appareil urinai re, mais quand il existe en même temps une pyurie, il est logique de rattacher cette pyurie à la bacillurie, sans risquer aucune erreur. L'inoculation positive est le seul signe de certitude de la nature tuberculeuse du bacille en cause ; ensuite, par ordre d'importance, viennent les signes de probabilité :

Bacilles alcoolo-acido-résistants ;

Pyurie aseptique ;

Leucolyse intense.

COPROLOGJB. - UROLOGIE 223

Mais ces signes n'ont qu'une valeur insignifiante, s'ils sont isolés.

Des leucocytes indemnes, l'abondance d'éléments microbiens tels que le coli-bacille (dans des urines fraîches recueillies au cathétérisme), plaident en faveur de la nature non tuberculeuse de la pyurie. Seulement, comme les infections secondaires peuvent exister dans la tuberculose, l'inoculation au cobaye sera pratiquée, pour obtenir un signe de certitude.

L'urodiagncstio de la fièvre typhoïde

Parmi les réactions de laboratoire que l'on possède pour le diagnostic de la fièvre typhoïde, il n'en est pas de plus simple ni surtout de plus pratique que celle de l'urodîagnostic^. Point n'est besoin de posséder un laboratoire ; les objets nécessaires se trouvent ehez tout praticien de campagne, elle ne nécessite ni culture de bacille d'Eberth, ni étuve comme le séro-diagpostic du professeur Widal.

Ce qu'U faut :

I* Recueillir les. urines de 24 heures dans un bocal gradué ; 2® Un verre à pied contenant de l'urine fraîchement recueillie pt filtrée ; 3® Une bouteille d'acide nitrique.

Ce qu'il faut faire :

I® Examiner la couleur des urines et fixer la quantité éliminée en 24 heures ;

2° Verser lentement sur les parois, en inclinant Le verre, quelques centimètres cubes d'acide nitrique ;

3® Attendre quelques minutes.

1. Cette réaction est actuellement connue sous le nom d'urodiajïnostic du professeur A. Robin. Elle a été signalée par cet auteur en 1877, et, depuis, a reçu de nombreuses confirmations.

G« qu'A faut Toir :

Les urines des typhiques, en règle générale, présentent les caractères suivants.

I** A Texamen du bocal :

a) Couleur de bouillon de bœuf à reflets verdâtres, avec aspect trouble ;

h) Absence d*uréorythrine, d'où absence du cercle rougeâtre qui colore le vase de certains malades et de coloration rosacée des dépôt uratîques ;

2* A l'examen du verre à pied traité par Tacide azotique trois disques, de bas en haut :

Au niveau de séparation de Tacide nitrique, un disque violacé d'indican ;

Plus haut un disque net ^albumine ;

Enfin au-dessus un mince disque d'acide uriqne.

JDe l'existence de ces trois disques superposés résulte le syndfrome de l'urodiagnostic.

Si on hésite au sujet de la présence d'indican, on verse dans un tube à essai 5 centimètres cubes de HCI pur, puis 2 à 5 centimètres cubes d'urine ; on agite en chauffant très légèrement ; dans ce mélange qui devient violet, 2 centimètres cubes de chloroforme se colorent en bleu gris et lilas apirès agitation, si la présence d'indican est manifeste. Cette réaction est caractéristique de l'indican.

Le disque violet de l'indican obtenu par la réaction à l'acide nitrique ne peut être en aucune façon confondu avec le disque rosé de l'urohématine qui, d'ailleurs, est diminuée ou absente dans la fièvre typhoïde, ni avec la coloration acajou foncé de l'urobiline ;

3** Accessoirement, dans le dosage fait par le pharmacien on remarquera la diminution notable des phosphates terreux.

Ce qu'il faut dire : .

En présence du syndrome urologique suivant :

I** Couleur bouillon de bœuf à reflets verdâtres ;

COPROLOGIE. - UROLOGIE 225

2** Absence d'uroérythrine^ ;

3" Albuminurie légère ;

4^ Augmentation de Tacide urique ;

ô® Indicanurie notable sans urohématlne ;

6** Diminution notable des phosphates terreux ; on peut conclure qu'il s^agit d'une fièvre typhoïde.

. Cette réaction 'est très précoce, beaucoup plus précoce que le séro-diagnostic ; elle se montré dès que la fièvre typhoïde commence sa phase ascendante.

Cependant, lorsque la réaction est négative, elle ne permet pas de rejeter le diagnostic de fièvre typhoïde. Elle possède, en somme, ime valeur uniquement positive.

On peut la trouver en défaut au cours de certaines fièvres typhoïdes ; c'est ainsi que l'urohématine augmente dand les urines, à la suite de l'hémorragie intestinale ; c'est ainsi que l'acide urique peut manquer s'il y a une forte urobilinurie.

A titre de comparaison nous rapportons ci-contre un petit tableau, qui, mieux qu'un texte, expose le schéma de la réaction dans des affections difficiles à distinguer en clinique.

Ainsi, les indications fournies par les urines peuvent apporter de grands éclaircissements au diagnostic de fièvre typhoïde. Elles n'ont pas, sans doute, la valeur spécifique des renseignements qui résultent de l'étude du pouvoir agglutinatif du sérum ; mais elles ont sur ceux-ci l'avantage d'être plus facilement obtenues et bien souvent d'être plus précoces. C'est là le fait essentiel, car il conduit droit à la précocité du traitement, et par suite à l'amélioration rapide de l'évolution clinique. .

Diazo-réaotion d'EhrIich

La diazo-réaction d'Ehrlich se recherche dans l'urine et peut fournir de précieuses indications pour le diagnostic de la fièvre typhoïde. ,

1. Cette substance, quand elle existe, colore en rouge l'acide urique; on peut la mettre en évidence en ajoutant à l'urine un peu de sous-acétate de plomb : on obtient alors un précipité rosé.

Teinte

rougeàtre

de

l'urine

si

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