‹ Les diagnostics biologiques en clientèleChapitre 36 sur 53 · MAXIMUM MINIMUM · texte numérisé non relu

MAXIMUM MINIMUM

Densité. 1.035 » 1.028 >>

Extraits 163,80 112,00

Beurre 61,80 17,50

Caséine 14,00 8,50

Lactose (anhydre) 77,66 67,62

Sels . 2,70 1,07

Substances indéterminées. . . . 11,07 4,26

Reoherohe et dosage des réduotases du lait de vache (Technique de Bertin-Sans et Êmiie Gaujcux)

Le dosage des réductases peut fournir des renseignements sur la valeur hygiénique du lait de vache. Voici comment il convient de procéder :

Ce qu'il faut : \.

i^ Du lait de vache frais ;

2** Une solution de i p. 4.000 de bleu de méthylène ;

3* Une solution de i p. 4.000 de fuchsine rubine ;

4® Des tubefe à essai ; .

5** Un bain-marie maintenu de 3o** à 4o**.

Ce qu'U faut faire :

I® Verser dans un tube à essai 20 centimètres cubes du lait à examiner ;

2** Ajouter à ce lait :

III' gouttes de la solution de fuchsine ;

IV gouttes de la solution de bleu de méthylène ;

3* Agiter pour mélanger intimement, mais sans provoquer de mousse abondante. Le lait prend une teinte gris cendré ;

4" Boucher d'un tampon de coton et porter en bain-marie ;

5° Attendre, en mesurant le temps nécessaire^ que la teinte du tube passe de la nuance gris cendre au lîlas puis au rose franc, par suite de la décoloration parfaite du bleu de méthylène.

Ce qu'il faut dire :

I® Virage en moins d un quart d'heure = lait ne devant pas être consommé ;

2** Virage en moins de trois quarts d'heure = lait ne devant pas être utilisé pour l'alimentation des nourrissons, ni des malades ;

3® Virage en moins d'une heure et demie = lait suspect ;

4® Virage en sept heures environ ou un peu moins = lait frais pouvant être consommé ;

5° Le lait pasteurisé ne doit pas virer en moins de sept heures. Tout lait qui ne remplit pas cette condition doit être considéré comme mal pasteurisé ou mal conservé.

En somme, tout lait présentant un pouvoir réducteur élevé peut être considéré comme ayant, de par ses souillures mîcro biennes, subi une altération plus ou moins profonde.

Diagnostic différentiel entre le lait de vaohe et le lait de femme

Pour ce diagnostic on peut utiliser U réaction cI'Umikoff dont la cause est inconnue. '

. Ce qu'il faut :

1° 4 centimètres cubes de lait dans un tube à essai ; 2® 2 centimètres cubes d'ammoniaque officinale étendue de son volume d'eau ;

3** Un bain-marie chauffé à ôo"*.

Ce qu'il faut faire :

Mélanger le l'ait à Tammoniaque ;

Chauffer 20 minutes dans un bain-marie chauffé à 60®.

Le lait de femme se colore en une teinte violacée d'autant plus intense que le lait est plus âgé. Le lait de vache ne donne guère qu'une légère teinte jaunâtre.

La réaction d'Abderhalden dans le diagnostic

de la grossesse

Cette méthode s'appuie sur la notion suivante : l'introduction dans l'organisme, par une autre voie que la voie intestinale, d'une albumine étrangère, entraîne la formation dans le sang d'un ferment de défense à l'égard de cette albumine; ce ferment est spécifique et son action se manifeste comme celle d'un ferment protéolytique, il démolît la molécule albuminoïde et libère les amino-acides de la même façon que la protéase pancréatique.

Les applications médicales de cette notion ont été nombreuses. On a utilisé sa recherche pour l'étude des réactions de défense, au cours des affections hépatiques (Noël Fîessinger et Jean Broussole) au cours de Tépilepsie et de la démence précoce (André Lérî et Vurpas), au cours du cancer (N. Fiessinger et P-.-L. M&rie). Mais l'application la plus intéressante de cette méthode est certai-

nement le diagnostic de la grossesse. Les recherches française^ du professeur Bar, de Daunay et Ëcalle ont montré l'importance des renseignements fournis par cette méthode en obstétrique.

Il se produit, en effet, au cours de la grossesse, une résorption knle de» villosités placentaires, l'organisme de la femme enceinte réagit coulre ceitt albumine placentaire comme contre une albumine hétérogène.

Cette technique nécessite une grande minutie et beaucoup de patience. Elle ne peut être utilisée que dans le» laboratoires bien installés et par des travailleurs expérimentés» Celte méthode n'est pas à la portée du premier venu. Les causes d'erreurs sont nombreuses et dangereuses.

Ce qu'il faut :

I* 25 tubes à dialyse (Cogit). Les tubes conservés en flacon d'eau distillée sous une couche de toluène, sont préférables aux tubes secs ; ^

2® Des flacons d'Erlenmeyer adaptés aux tubes. Ces flacons sont marqués d'un trait correspondant au niveau de 20 centimètres cubes ;

3® Un litre de toluol, 25o» grammes de chloroforme ;

4® Plusieurs pipettes de 2 centimètres cubes ;

5* De l'eau distillée ;

6^ Une série de tubes à essai ;

7® Une pince en bois ;

8® De la ninhydrine. Se procurer 2 ou 3 flacons de ninhydrine. Faire une solution au i/ioo, 0,10 pour 40 centimètres cubes d'eau distillée dans un flacon com pie-gouttes bien propre et bien sec ;

9* De l'antigène. L'antigène est de l'albumine de placenta humain cuite, exempte de sang et d'acides aminés. On peqt se procurer de l'albumine chez certains fournisseurs. Voici coflinaent nous conseillons de préparer cet antigène :

Prenez un placenta humain normal, débarrassez-le des membranes, tissu fibreux et cordon, découpez-le en cubes de 2 à 3

CHIMIE PRATfOtt£

centimètres cubes, lavez à Teau courante 1/2 heure et ^cprimez dans un linge fin. Ce n'est pas tout, 11 reste encore des gltjèxà» rouges. Pour les détruire par hémolyse dans l'eau il faut réduire le placenta en infîmes parcelles : pour cela je conseille d'avoir recours à la vulgaire hroyeuse américaine de cuisine montée pour hacher fin. Introduisez les morceaux de placenta dans la broyeuse et broyez. Vous^ recueillez le broyage dans un grand plateau rempli d'eau, lavez par décantation jusqu'à ce que la substance devienne blanche et le liquide de lavage transparent.

Il faut le plus souvent i heure à 2 heures poux obtenir ce résultat.

Le placenta broyé est ensuite versé dans un balloij çt mêlé à au moins 5 fois son volume d'eau distillée. Faites bouillir 10 minutes.

Laissez refroidir, versez l'eau par pig. 71. - Schéma de la tèch^ décantation. Remplissez de nouveau nique de dialyse d'Abderhalden.

Dans le cylindre dialyseur : le sérum à expérimenter, l'albumine d'épreuve.

Le tout sous couche de toluol.. Le cylindre trempe dans de l'eau distillée recouverte de toluol.

le ballon avec la même quantité d'eau distillée et faites encore bouillir To minutes et ainsi de suite 5 fois. Après ces 5 ébullitions, le liquide décanté doit conserver sa couleur transparente après I minuté d'ébullition dans un tube à essai, en présence de II I^ gouttes de la solution de ninhydrine pour 10 centimètres cubes de liquide. Si le liquide prend une couleur violette, il faut répéter le lavage du placenta. Si le liquide est clair, on àécante et on verse l'antigène dans des flacons stériles à large goulot et bouchés à l'éméri. Après refroidissement, on coule 10 centimètres cubes de chloroforme qui se place en bas de l'antigène, et 10 centimètres cubes de toluol qui surnage. L'antigène est conservé au frais, à la glacière, et de préférence à l'abri de la lumière ; 10° Du sang de la femme à explorer, et plusieurs témoins. Le sang sera recueilli par ponction veineuse : Il en faut 10 à

20 centimètres cubes. On le laisse coaguler. Après 6 heures de coagulation, le sérum exsudé est recueilli dans des tubes à centrifuger, et centrifugé lo minutes. La réaction n'est possible que si le sérum est clair et non hémolyse. Tout sérum hémolyse doit - être rejeté.

Ce qu'il faut faire :

I® Vérifier les tubeô de dialyse tous les i5 jours environ ou tous les mois, les tubes doivent cire perméables aux peptones, imperméables aux albumines. On procédera comme ci-dessous, mais les tubes doivent contenir dans le premier cas 3 centimètres cubes de peptone en solution à i p. loo, dans le second,' 3 centimètres cubes d'eau albumineuse fraîcKe à i p. loo ;

2** Chaque expérience de diagnostic comporte les préparatifs suivants :

a) Faire bouillir les tubes de dialyse pendant 5 minutes ;

b) Stériliser les flacons d'Erlenmeyer au four Pasteur, de l'eau distillée à l'autoclave ;

c) Faire bouillir l'antigène dans 5 fois son volume d'eau distillée et recommencer 2 fois après décantation en vérifiant que la dernière eau d'ébullition ne donne pas la réaction à la ninhydrine ;

d) Verser dans chaque flacon d'Erlenmeyer assez d'eau distillée pour atteindre la marque de 20 centimètres cubes ;

* e) Déposer à la pince flambée les tubes de dialyse, il faut se garder de les toucher avec les doigts ;

/) Verser à la pipette 2 centimètres cubes de sérum à explorer dans les tubes de dialyse, changer de pipette à chaque malade et remplir a tubes pour chaque malade. Il faut bien prendre garde de ne pas laisser s'écouler de sérum en dehors des tubes de dialyse, tout tube souillé en dehors est nul ;

g) Déposer ensuite à la pince flambée dans tous les tubes impairs o,5 à i gramme d'albumine placentaire bouillie. Les tubes pairs ne contiennent que du sérum sans antigène, ce sont les témoins ;

h J Recouvrir le sérum du tube et l'eau qui l'entoure de X

à XX gouttes de toiuol.;

i) Porter à Tétuve à 37* pendant 16 heures ; *

3^. Après 16 heures, a) enlever à la pince les tubes de dialyse

en les disposant dans un cristailisoir ;

b) Verser le liquide des flacons dans des tubes à essai, à raison de lo centimètres cubes par tube ;

c) Verser dans chaque tube 2/10 de centimètre cube de la solution de ninhydrine, soit IIl ou IV gouttes ;

d) Chauffer à rébullition en maintenant le tube avec une pince en bois et conserver ainsi pendant exactement i minute ;

e) Les tubes sont placés dans un porte-tube et on attend une 1/2 heure avant de les consulter ;

f) Pendant ce temps on lave soigneusement les tubes à Teau courante, puis on les fait bouillir et ils sont conservés dans Teau distillée sous une couche de toiuol ;

g) Les flacons sont de même soigneusement lavés et séchés.

Ce qu'A faut Yoir :

Les tubes colorés en violet franc = réaction très positive + + .

Les tubes colorés en violet pâle = réaction positive +.

Les tubes colorés en rose pâle = réaction douteuse (+).

Les tubes colorés en jaune ou eau de roche = réaction négative o.

Les témoins : Tubes pairs, sérum seul.

Tubes impairs, sérum témoin sans grossesse, doivent donner une réaction négative.

En cas de grossesse même au début (a* mois) la réaction est nettement positive.

Si les témoins sont positifs la réaction doit être reprise, il y a une cause d'erreur.

Si l'épreuve s'est bien passée et que la réaction s'est montrée positive, nous conseillons pour plus de certitude de la recommencer quelques jours plus tard en ayant soin de faire un témoin avec du sérum chauffé à 56* un quart d'heure, qui doit donner une réaction négative.

Ce qu'il faut dire :

Être prudent et se garder d'affirmation catégoriqiie à .un seul examen.

Si la réaction est négative, il est à peu près certain qu'il n'y a pas grossesse.

Si la réaction est positive, il ne faut pas s'engager dans le diagnostic de grossesse avec trop de légèreté. Les recherches du professeur Bar et de son éminent collaborateur Ecalle, nos recherches personnelles permettent d'affirmer que la réaction peut être positive au cours de certaines infections génitales, salpingites, au CQurg des fibromes utérins, au cours des métrofrhagies, et même au cours de certains cancers.

Malgré ces inconvénients, on peut dire que Tabsence de réaction certifie l'absence de grossesse. Si la réaction est positive, faisons des réserves, il y a environ i/5 de chances d'erreur. C'est beaucoup, direz-vous. Mais le laboratoire n'apporté pas de certitude formelle, pas plus sur ce sujet que dans beaucoup d'autres.

Ce qu'il faut en, penser :

Qu'est-ce qui s'est passé dans cette réaction ? C'est bien simple. Le sérum de femme enceinte contient un ferment de défense contre l'albumine de placenta. Ce ferment a la propriété de digérer les albumines même bouillies de placenta et scinde la molécule albuminoïde dont se détachent les acides aminés. Ceux-ci sont facilement dialysables et traversent la membrane du tube pour se diluer dan^ l'eau distillée extérieure. Ces acides aminés ont les propriétés de donner ensuite la réaction fortement colorante en violet de la ninhydrine après ébuUitîon. Le ferment est spécifique mais pas d'une façon absolue. Il peut dans certains cas agir sur des albumines différentes, albumine de cancer ou albumine de foie. Cette question de la spécificité du ferment de défense est encore à l'étude.

Ea somme, méthode très intéressante, qui ouvre de larges horizons, mais méthode peu pratique, qui restera confinée dans les

grands laboratoires. Il en est d'elle comme de la réaction de Wassermann, le jour où elles sont faites à la légère et par un médecin occupé à d'autres sujets, c'en sera fini de leur exactitude.

Examen, chimique rapide d'une eau

Ce qu'U faut :

I® Un verre gradué de loo centimètres cubes ;

a® Une burette, de Mohr ;

3^ Une capsule de i6o centimètres cubes^ ;

4** Tubes à eàsai ;

5® Un ballon de a5o centimètres cubes ;

6** Du réactif acétophénique ;

. Phénol pur 3 grammes.

Acide sulfurique pur .'.... 37 —

7** Du réactif su^ihophénique ;

Phénol pur 3 grammes. *

Acide sulfurique pur 37 ■—

8** De l'ammoniaque ;

9** Une solution de bicarbonate de soude à 3o grammes par litre;

io° Une solution de permanganate de potasse N/aôo (c'est-âdire à o gr. 632 par litre) ;

II" Une solution de sulfate de fer ammoniacal ;

Sulfate de fer ammoniacal .... 12 gr. 50

Eau distillée Q. s. pour 1 litre.

Acide sulfurique 200 centimètres cubes.

12^ Une solution neutre de chromate de potasse ;

i3** Une solution d'azotate d'argent décinormale (c'est-à-dire à 17 grammes par litre) ;

i4" Du réactif nitromolybdique ;

i5** Du réactif de Nessler.

Ce qu'tt faut faire :

i® Remplir d'eau le verre et le placer sur une feuille de papier blanc. Noter si l'eau est limpide ou trouble, avec ou sans dépôt, avec ou sans odeur marécageuse ou putride ;

2^ Evaporer à sec au bain-marie loo centimètres cubes d'eau et verser sur le résidu quelques gouttes de réactif acétophénique.

On obtient une coloration jaune ou brune suivant la proportion d'cLZotites. Si Ton ajoute de l'ammoniaque on obtient une coloration jaune verdâtre plus nette encore ;

3® Evaporer au bain-marie loo centiAiètres cubes d'eau. et sur le résidu ajouter quelques gouttes du réactif sulfophénique.

On obtient avec les azotates une coloration jaune. En ajoutant quelques gouttes d'anmioniaque on obtient une coloration plus nette encore^ ;

4° Placer 5o centimètres cubes d'eau à analyser dans le verre et ajouter X gouttes du réactif de Nessler. Agiter avec une baguette de verre et noter la coloration au bout d'une demi-heure environ. S'il y a de ï ammoniaque en assez grande quantité on obtient une coloration nettement jaune d'or foncé avec ou sans dépôt rougeâtre.

S'il n'y a que des traces d'ammoniaque on note une colùration jaunâtre faible ;

5® Prendre loo centimètres cubes d*eau à analyser, ajouter lo centimètres cubes de solution de bicarbonate de soude, lo centimètres cubes de solution titrée de permanganate de potasse. On fait bouillir lo minutes (après ébuHition on doit avoir une coloration rose, sinon il faudrait ajouter une nouvelle quantité de permanganate). On laisse refroidir et on ajoute lo centimètres cubes de sulfate de fer ammoniacal, on dose alors l'excès de sulfate de fer non oxydé au moyen de la solution de permanganate que l'on laisse tomber goutte à goutte jusqu'à coloration non persistante.

Soit N^ le nombre de centimètres cubes de solution de permanganate nécessaire pour obtenir cette coloration ;

6® On opère un second dosage sur 200 centimètres cubes en opérant comme ci-dessus.

1. Si l'on avait un mélange. d'azotites et d'azotates la détermination serait plus difficile. Il faudrait chasser les azotites au moyen d'une solution d'urée dans l'acide acétique que les azotites décomposent avec dégagement d*azote et il ne resterait plus que les azotates que Ton pourrait caractériser.

Noter le nombre Ng de centimètres cubes de solution de permanganate nécessaire dans cette deuxième opération.

La quantité de matières organiques contenue dans cette eau par litre et évaluée en oxygène est donnée par la relation

(n2 — ni) X 10 X 0,00016.

7* Placer 5o centimètres cubes d'eau à analyser dans le verre, ajouter quelques gouttes de solution de chromate de potasse et laisser tomber goutte à goutte la solution décinormale d'azotate d'argent jusqu'à teinte rouge persistante.

La quantité de chlorure contenue dans l'eau à analyser sera donnée par la relation

n X 20 x,0,00585 = gr. NaCl.

ou

n X 20 X 0,00355 = gr. Cl.

8® Dans un tube à essai chauffer 5 centimètres cubes d'eau à analyser + lo centimètres cubes réactif nitro-molybdique. Si l'eau contient des phosphates on a un précipité jaune.

Ce qu'il faut dire :

Pour Tappréciation des eaux potables on peut se reporter aux limites suivantes fixées par le Comité Consultatif d'Hygiène en France.

Page 1