QUAI MALAQUAIS
Ce petit ouvrage est sorti cran cours professé nu Collège de France en 1906-1907. On s est efforcé d\j mettre au point le problème très discuté des dialectes indo-européens. Pour traiter à fond chacun des sujets que comporterait V examen complet de la question., il aurait fallu passer en revue toute la grammaire comparée des langues indo-européennes ; on s'est borné à rappeler très brièvement les faits connus, sans même renvoyer la plupart du temps aux ouvrages où ils sont étudiés.
La table des matières donne une idée suffisante des sujets traités. Il a semblé inutile d'y ajouter un index.
M. Grammont et M. Vendryes ont bien voulu lire chacun une épreuve., et Vouvrage a beaucoup profité de leurs avis.
INTRODUCTIOX
On ne rencontre nulle pari Tunilé linguistique complète.
Une même personne parle de manière sensiblement différente, suivant Tétat physique et mental où elle se trouve à un moment donné, suivant les personnes auxquelles elle s'adresse, suivant le lieu, le temps et les circonstances extérieures.
Toutefois, les habitants dune même localité tendent à parler d'une même manière, pour autant qu'il n'existe pas de différences de condition sociale qui se manifestent par des différences de langage, ou que certains groupes d'individus ne marquent pas leur autonomie par des particularités linguistiques. Celte unité n'est matériellement saisissable nulle part; elle n'a qu'une existence abstraite, aussi longtemps qu'elle n'est pas formulée et fixée par des grammairiens: c'est la norme à laquelle chacun tend à se conformer et dont toule déviation, de la pari d'un individu, choque les autres habitants indigènes de la localité. Sans doute, personne ne réalise tout à fait cette norme; la localité peul, du reste, comprendre des indi-
Ditilt'ili's inilo-Piivitjn'i'ns 1
DIALECTES 1 N bO-EUROPEENS
vidus venus d autres endroits et dont le langage est plus ou moins différent, et surtout des personnes d'âges divers ; or, Tobservation montre que les générations successives apportent au langage des changements plus ou moins importants (\. en dernier lieu l'article de M. Gauchat sur Vinilé phonétique, dans les Mélanges Morf). Abstraction faite de tontes les différences dues à des circonstances sj^éciales ou à Tàge des sujets, il y a donc dans chaque localité un type linguistique idéal dont toutes les réahsations de fait ne sont que des approximations. Or, comme les faits particuliers n'ont pas d'intérêt, ce type idéal — variable suivant les générations — doit être l'objet principal de l'étude des linguistes. Les déviations n'ont d'importance qu'autant qu'elles peuvent servir à rendre compte du développement durant la période précédente et à faire prévoir et à expliquer les changements ultérieurs.
On a beaucoup médit du témoignage des langues littéraires, sans pour cela cesser de l'utiliser. Ce témoignage a, entre autres défauts, celui de dissimuler beaucoup de particularités individuelles et celui de ne faire apparaître la plupart des changements qu'après leur accomplissement, donc d'en dissimuler les debuls. Mais il a le mérite de mettre en évidence dès l'abord, non des accidents individuels et momentanés, mais une norme, car la langue écrite est fixée et reproduit en général le type idéal auquel tous les sujets pailanls visent à se confoi'nifr. Grâce au fait que la linguistique s'est d'abord attaquée aux langues écrites, elle a, comme il convient, considéré les traits essentiels des langues et leur lyjjc général. (Jette circonstance, (jii'on déplore sou-
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vent, et qui a eu et a encore en effet ses inconvénients, a été en réalité hautement favorable au clévelopjDemenl de la science, lors de ses débuts.
Soit maintenant une langue sensiblement une, parlée sur un domaine étendu comprenant un nombre notable de localités diverses ; si Ton fait abstraction des changements qui résultent d'emprunts de mots ou de substitutions phonétiques et grammaticales par imitation, les changements amenés par la succession naturelle des générations se réalisent d'une manière indépendante dans chaque localité. Comme ces changements proviennent de causes générales, ils ont lieu pour la plupart dans un nombre plus ou moins grand décentres, et, d'ordinaire, de centres groupés ensemble; et, comme, d'autre part, le changement se produit indépendamment dans chaque localité, chacune des lignes d'isoglosses diverses qui, sur une carte linguistique, marquent la limite des innovations, est autonome et indépendante des autres. A prendre les choses à la rigueur, il n'y a donc, dans le cas idéal considéré, que des limites particulières de faits linguistiques ; il \\\ a pas de limites de dialectes, car les lignes des divers faits se croisent, et ne coïncident jamais que par accident. M. Dauzat (Essai de méthodologie linguistique , 218 et suiv.) a réuni un certain nombre de déclarations de romanistes éminenls (M. Schuchardt, G. Paris. M. P. Meyeri qui ont formulé ce principe dans les termes les plus clairs et les plus péremptoires. Partout ailleurs où l'on a pu examiner les choses de près, sur le domaine lituanien, par exemple, le principe s'est trouvé véritié. M. Buck a montré récemment, j)ar un grand nombre de faits, que
Di ALKC lEs I .NDo-f ;lhoi'i;i;ns
les parlers grecs présentent ainsi des lignes indépendantes d'isoglosses [The interrelations of the Greek dia- Jects^ Classical Philologij , II, p. 243 et suiv.).
Toutefois, les changemenls linguistiques se conditionnent les uns les autres. De plus, le groupe de localités oîi a lieu un même changement important est un groupe où se manifeste l'action de causes communes. Il y a donc chance pour que les lignes qui enserrent les groupes de localités où se produisent plusieurs innovations indépendantes viennent à coïncider entièrement, ou du moins se rapprochent et se suivent souvent de très près. Un ensemble de localités où se produit ainsi, de manière indépendante, une série de changements concordants, qui sont en conséquence enserrées par un certain nombre de lignes d'isoglosses et s'opposent par là aux parlers voisins, constitue un dicdecte naturel.
La notion de dialecte naturel n'a donc pas la même rigueur que celle des isoglosses qui limitent un groupe de localités pour un fait déterminé ; le dialecte n'est pas limité par une ligne, mais par une série de lignes distinctes lés unes des autres. Mais, pour être un peu flottante, la notion n'en est pas moins réelle, et les sujets parlants de certaines régions ont le sentiment de parler un dialecte et par là de s'opposer à ceux de telle ou telle région voisine.
Les faits dont on vient d'esquisser brièvement la théorie se sont souvent réalisés ; le dévelo|)pemenl des langues romanes en fournit d'illustres exemples ; nulle part mieux que sur le sol français, par exemple, on ne peut observer l'indépendance des lignes d'isoglosses jointe au paralléhsnie d'un certain n()Mi])rc de ces lignes
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qui caractérise des dialectes naturels nettement sensibles aux sujets parlants.
L'existence de dialectes naturels ainsi définis n'enlève rien àrautonomie des parlers locaux , Avec le temps, chaque parler diverge donc de plus en plus d'avec les autres, et l'aboutissement naturel de ce développement serait la création d'autant de langues distinctes qu'il y a de localités sur le domaine d'abord occupé par une langue une. Les patois français, si profondément différents les uns des autres et souvent inintelligibles à quelques dizaines de kilomètres de distance, donnent une idée du terme vers lequel tend cette évolution.
Mais l'évolution n'aboutit pas. Avant qu'elle réussisse à rendre le langage impropre à son objet naturel, qui est la communication entre le plus grand nombre possible d'hommes, elle est interrompue par l'extension de quelque langue commune — parler local généralisé, tel le français, qui est essentiellement le parler parisien, ou mélange de parlers, tel l'anglais, où se rencontrent des particularités empruntées à plusieurs parlers distincts— qui se superpose d'abord aux langues locales, et qui bientôt, offrant plus d'utilité et répondant mieux aux besoins, élimine entièrement celles-ci, Des circonstances historiques : conquête, unification politique, etc., donnent lieu d'abord à ces extensions, et l'avantage qu'ont les sujets parlants à employer une langue dont le rayon d'utilisation soit le plus grand possible, précipite le développement. Inversement, toute division politique, toute interruption de relations économiques et sociales, donne lieu de nouveau à des différenciations linguistiques. L'histoire des langues se compose ainsi d'une succession
de grandes iinificaLions et de grandes différenciations, auxquelles il faut ajouler les unifications partielles qui se produisent constamment, sur des domaines plus ou moins vastes, même dans les groupes de parlers les plus différenciés, et les différenciations qui se produisent dans les groupes de parlers les plus unifiés.
Pareil événemenl s'est produit deux fois déjà dans riiistoire des langues italiques. Une langue, qui à un moment donné a été sensiblement une, s'est brisée d'abord en deux groupes : le latin et l'osco-ombrien ; chacun des deux groupes s'est différencié, au point que l'osque, l'ombrien et le latin en sont venus à former trois idiomes distincts, dont, à l'époque historique, aucun n'était intelligible à un sujet parlant l'un des deux autres. Les parlers locaux eux-mêmes se sont différenciés à leur tour; on s'exprimait aux environs de Home tout autrement qu'à Rome même, et, par exemple, ce qui était à Rome lïina était lôsna à Préneste. Les circonstances politiques, en créant la suprématie politique de Rome, ont déterminé l'extension du parler romain qui, non sans subir fortement l'influence de ces assimilations et en retenir certaines particularités, a absorbé les autres parlers latins, et qui a éliminé non seulement les parlers osques et ombriens, mais aussi les autres langues parlées en Italie : étrusque, gaulois, vénète, messapien, grec, etc. La dislocation de l'empire romain a entraîné la dislocation de l'unité linguistique ainsi créée; de nouveau, il s'est développé autant de parlers distincts qu'il y avait de localités, ou, du moins, de petits groupements féodaux, jus(|u'à la constitution des nationalités modernes; alors cluujue nationalité a adopté nue langue comme
INTRODUrTIOX
moyen de communication national, et cette langue tend à éliminer les parlers locaux ou régionaux ; ce développement est déjà très avancé en France, où la substitution du français général aux patois est dans beaucoup de régions un fait accompli, au moins pour la plus grande partie.
Tels sont — sommairement indiqués — les principes généraux du développement des dialectes naturels. On laisse ici de côté, à dessein, les deux types d'unité dialectale par généralisation : I " Tunité qui provient de ce qu'un même type de parlers est étendu par des conquêtes, ainsi les parlers doriens en Grèce ; ce genre d'unité ne résulte pas d'innovations autonomes ayant mêmes limites approximativement, mais d'une identité initiale généralisée ; 2'M"unité qui provient de la reproduction du parler d'un groupe dominant. Ces deux types d'unité par généralisation ne se laissent bien souvent distinguer de l'unité des dialectes naturels que d'une manière théorique.
Reste à appliquer ces principes à l'indo-européen commun. Il y a ici plusieurs moments à distinguer.
\u moment oi^i elle est attestée pour la première fois par des textes littéraires ou épigraphiques, chacune des langues indo-européennes avait déjà passé par une période propre d unité, consécutive à la période générale d'unité indo-européenne. Les langues conservées ne permettent jamais de remonter directement à l'indoeuropéen; entre lattique et l'indo-européen, par exemple, il y a une période hellénique commune. L'état linguistique d'aucune de ces périodes communes n'est directement attesté ; on n'en a jamais une idée que par les correspondances entre les langues connues par des
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textes. Ainsi le grec commun est le système des correspondances entre lesparlers helléniques : ionien et attique, groupe éolien (lesbien, thessalien, béotien), groupe arcadien et cypriote, parlers doriens, etc.
L'indo-européen n'est de même rien autre que le système des correspondances entre les langues communes ainsi définies : grec commun, germanique commun, slave commun, indo-iranien, etc.
Ce n'est donc pas à une langue qu'il s'agit d'appliquer les principes posés sur le développement dialectal, c'est à un système de correspondances linguistiques entre des systèmes de correspondances linguistiques. Le problème prend ainsi un aspect tout particulier.
La langue dont l'existence est supposée par le système de correspondances connu sous le nom d'indo-européen, devait être parlée sur une aire étendue, comprenant un certain nombre, et sans doute même un assez grand nombre, de groupes distincts d'habitants. Dès lors, il a pu se produire des changements qui atteignaient seulement une partie du domaine; et, si l'on pouvait observer directement l'indo-européen, on y trouverait des lignes d'isoglosses. Ces lignes se traduisent dans les systèmes de correspondances par des groupements partiels : au lieu que chacun des groupes attestés suive sa voie propre, on constatera qu'un certain nombre de langues présentent un type donné par contraste avec les autres. Par exemple, l'indo-iranien, le baltique et le slave, l'albanais et l'arménien s*'accordent à présenter des semiocclusives, des chuintantes ou des siHlantes, là où les autres langues ont des gutturales : le sanskrit a ç, le 7X'nd .V, le slave v, le lituanien 6-;: (c.-à-d. À), l'albanais .9,
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l'arménien s, là où le grec a x, le latin c, le celtique A-, le germanique œ (d'où h et </, 7, suivant les cas) . Etudier les dialectes indo-européens, c'est examiner ces groupements de correspondances linguistiques, en cherchant à reconnaître s'ils remontent à des groupements dialectaux de date indo-européenne. Le principe de cette idée (d'ahord indiquée pour les langues romanes par M. Schuchardt) a été pubHé pour la première fois par Joli. Schmidt, dans ses VenrandtschHftsverh'RUnisse der indogermnnischen Sprfichcn (Weimar, 1872i ; c'est la fameuse théorie des ondes. M. Hiugmann a, en 1884, discuté le problème dans \ln(ernatioiial. Zeitschrift de Techmer, I, 226 et suiv., et M. Kretschmer, dans son Einleitung, p. 93 et suiv. ; la position actuelle de la question et la bibliographie sont résumées dans 0. Schrader, Sprac/ivergleichuncf iind Urgeschichle\ p. 53 et suiv., et H. Hirt, Die Indogermnnen, p. 89 et suiv. et p. 579 et suiv. ; cf. de plus E. Hermann, leher das Rehonstruieren, K. Z., XLI. p. 1 et suiv.
Le départ entre les faits dialectaux indo-européens et les innovations réalisées par chaque langue après sa séparation d'avec le groupe central ne saurait être exécuté d'une manière sure; car, dans les deux cas, il s'agit, par délînition, de phénomènes réalisés indépendamment, et présentant par suite les mêmes caractères , dans des langues de structure pareille, telles qu'étaient au moment de la séparation les diverses langues de la famille; longtemps encore après la séparation, des innovations semblables les unes aux autres ont eu lieu dans des langues déjà très différenciées; Vc du lai. fepidum a passé à ic dans une partie des langues romanes : ital.
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liepiclo, fr. tiède ^ et de même Ve du si, comm. * leplù dans une partie des langues slaves : pol. ciepiy (Thypotlièse de M. (loidanich, DitlojKjazione romanza^ ne change rien au fait fondamental que la diphtongue est récente, et c'est le seul qui soit considéré ici).
En l'absence d'un critère décisif, on ne peut que réunir tous les faits anciens qui répondent à certaines conditions définies, dont seul le groupement fait ressortir la portée.
i*^ Les faits considérés doivent se rencontrer déjà, non seulement dans les plus anciennes langues attestées, mais dans les langues communes, connues par des systèmes de rapprochements entre langues attestées : on . ne peut utiliser que des faits grecs communs, slaves communs, germaniques communs, etc. (ce que Ton appelle en allemand urgriechisch, urslavisch, etc.). Et encore faut-il que ces particularités n'apparaissent pas, dans les langues communes, comme des innovations récentes, reconnaissant des causes particulières à ces langues.
2*^ Les faits doivent avoir un caractère de singularité qui suppose l'action de causes identiques agissant dans une région déterminée, et qui rende peu probable un développement indépendant postérieur à la séparation. Tous les détails faciles à expliquer par des tendances universelles du langage humain sont à écarter.
3" Les faits communs doivent se trouver dans des langues qui aient été voisines; il ne doit donc pas y avoir de chevauchements. La constatation des domaines dialectaux continus de l'indo-européen est facilitée par ceci que la séparation des langues indo-européennes ne
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semble pas avoir entraîné de dislocations : Tune des principales conclusions de la présente étude sera que le domaine occupé par la famille a été élargi sans que la position respective des dialectes ait changé d une manière essentielle.
Avant d'entrer dans l'énoncé détaillé de chacun des faits, il convient de discuter d'abord deux questions :
1^ Le parti à tirer des faits de vocabulaire ;
'2'^ L'existence de groupements de dialectes postérieurs à la séparation.
Par elles-mêmes, les coïncidences de vocabulaire ont une très grande importance, que M. Gilliéron fait ressortir pour les parlers français dans les études fondées sur son Atlas linguislique. Mais en ce qui concerne la dialectologie indo-européenne, il est malaisé d en tirer parti. En effet, d'une part, le nombre des étjmologies indo-européennes est petit et ne saurait être comparé à celui des étymologies romanes ; d'autre part, les mots rapprochés sont des mots de sens général, et, dans la mesure très restreinte oîi il s'agit de termes spéciaux ou quelque peu techniques, on n'a pas le moyen de déterminer avec précision jusqu'à quel point les coïncidences relèvent de fails de civilisation : si tel terme manque dans un groupe de dialectes, ce peut être parce que les circonstances historiques, ou des changements dans la technique en ont entraîné la disparition : et si tel autre terme ne se rencontre que dans certains autres dialectes, on peut soupçonner un emprunt dû à une influence commerciale. On recherchera d'abord s il est possible d'entrevoir au moins des faits de ce genre.
Quant aux groupements de dialectes postérieurs à la
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séparation, il y a une autre possibilité à envisager. Les éléments de population qui ont transporté l'indo-européen sur l'Europe et une partie de l'Asie et qui ont constitué chacune des familles de langues attestées ne se sont pas nécessairement séparés dès le début exactement en autant dégroupes qu'on en constate au début de l'époque historique; certains groupes ont pu se scinder seulement après une période de communauté intermédiaire entre la période indo-européenne et la période où s'est fixée la forme commune du groupe historiquement attesté. Divers faits amènent ainsi à supposer une période indo-iranienne antérieure à la période indienne et à la période iranienne commune; une période italo-celtique, puis, une période italique (antérieure à la période oscoombrienne d'une part, latine de l'autre; il va sans dire que celte période « italique » peut être antérieure à l'entrée de tribus de langue indo-européenne en Italie et s'être écoulée ailleurs que sur sol italien) ; peut-être une période balto-slave.
Les éléments de population qui ont fourni ces groupes linguistiques divisés par la suite ont dû se composer dès le début d'individus appartenant à des localités différentes, et la communauté momentanée par laquelle ils ont passé n'emporte pas identification complète de la langue, pas plus qu'elle n'emporte la suppression de toutes les distinctions de tribus, de phratries, etc. : il peut donc subsister à l'intérieur de ces groupes la trace de distinctions dialectales indo-européennes ; on sera amené, dans la suite de ce travail, à supposer que certaines lignes d'isoglosses passent entre l'iranien et le sanskrit, cuire le celtique et Titalique.