‹ Les dialectes indo-européensChapitre 2 sur 38 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On reconnaît le passage par une période plus ou moins longue de communauté à des coïncidences de détail, à des innovations singulières, à des formes qui ne reproduisent ni l'usage, ni même le type général de l'indoeuropéen, en un mot à toutes les particularités que deux langues ne peuvent pas introduire dune manière indépendante et qui supposent des rapports intimes prolongés durant un certain laps de temps ; ce sont précisément les rapports qu^on a le droit d'imaginer entre les groupes de colons et de conquérants qui ont propagé chacune des familles de langues indo-européennes.

11 y aura donc lieu d'examiner sur quoi se fonde l'hypothèse des groupes les mieux établis : indo-iranien, italo-celtique, balto-slave. Et c'est seulement après cette étude des faits postérieurs à la séparation qu'on pourra passer en revue les faits dialectaux antérieurs, c est-àdire ceux de date proprement indo-européenne.

Les développements dont on vient d esquisser le schéma général ne sont qu'une partie des faits très complexes qu'a comportés l'extension des langues indoeuropéennes. Il n'est pas douteux par exemple que des territoires, d'abord colonisés par une certaine tribu parlant un certain dialecte, ont pu l'être et. en fait, l'ont souvent été ensuite par une autre parlant un dialecte distinct du précédent; divers indices permettent d'entrevoir encore ces séries de substitutions dans quelques parties de la Grèce, ainsi que Ta montré surtout M. Solmsen (voir la série de ses articles dans les volumes LVIII-LXII du liheini'sches Muséum). Il serait sans doute malaisé de reconnaître les faits de ce genre dans le développement préliislorique des plus anciennes langues communes de

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la famille indo-européenne, qui est l'unique objet de ce travail. Si l'on doit jamais y parvenir, ce ne sera en tout cas qu'après avoir posé d'une manière précise les dialectes indo-européens.

Quand on aura réussi à déterminer en quelque mesure les faits dialectaux de date indo-européenne, on aura constitué l'un des fondements les plus nécessaires à l'étude de chacune des langues communes ; indo-iranien, grec commun, slave commun, etc. D'abord, on aura une première esquisse de chronologie entre les phénomènes, puisqu'on pourra distinguer les faits indo-européens de ceux qui ont été réalisés par la suite. En second lieu, on saura sur quelle forme particulière de l'indo-européen repose chaque langue, et comment le développement ultérieur a été conditionné par là. Enfin, et c'est peut-être ce qui importe le plus, on pourra faire le départ entre les faits indo-européens et ceux qui sont résultés des conditions spéciales à chacun des groupes qui ont transporté la langue sur un sol nouveau : unité plus ou moins grande du groupe qui a transporté l'indo-européen, nombre plus ou moins considérable des hommes qui le composaient, réaction des populations parlant d'autres langues, éparpillement progressif des éléments de langue indo-européenne sur une aire de plus en plus vaste et perte progressive de contact de ces éléments, etc.

Si donc l'objet propre de la présente étude est de chercher des faits de date indo-européenne, communs à telle ou telle partie du domaine indo-européen, le résultat principal en est de mettre en évidence l'originalité propre du développement des grandes familles de langues, en faisan I icssorlir, j);ii- iint' simple comparaison, (pielles

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