DE QUELQUES FAITS DE VOCABULAIRE
commun avec le slave et le baltique, elles en présentent une série qui ne se trouvent pas ailleurs. Sans entrer dans le détail des faits signalés parM. Hirt, Zeitschr. f. d. Phil., XXIX, p. 296 et suiv., on peut citer quelques coïncidences remarquables :
lat. piscis, V. irl. Jase, goi.Jîsks (en regard d'un autre mot du domaine central, gr. r/Oiç, arm. j'iikii, lit. ~nvîs, v. pruss. suckis [Voc] siichaiis\ les autres langues ont des mots particuliers).
lat. uàtès, V. irl. fàith »< poète », v. h. a. iviiot « fureur », v. isl. ôdr « poésie ».
Iat,/ô5, v. irl. hlàth, v. h. a. hluonio eibJuot.
lat. caeciis ** aveugle », et a'. irl. caech, got. baihs « borgne » (très peu des noms d infirmités sont communs à plusieurs langues de la famille).
lat. uâstus. \. '\y\. fâs,\. h. a. luuosti.
lat. crîbruiii, v. irl. crlathqr. v. angl. htidder ( le gr. -/.ptvo) est de même famille, mais n'a pas le sens technique de « je crible ; au contraire, got. braiiis « pur » a signifié sans doute (* criblé » à l'origine).
lat. porca, v. irl. rech, v. h. a. fiinih « sillon » (arm. herh « terre défrichée et labourée », est à séparer; car le k ne peut représenter que *g ; cf. peut-être Ijarkanel « briser »).
lat. hasta, irl. gai « baguette d'osier », got. ga:;ds « aiguillon ».
lat. frt/)<';',gall. caer-, v. isl. hafr '< bouc » (le gr. y.iTrpoç « sanglier », n'a rien à faire ici, à cause du sens, non plus que pers. càp'd, etc.).
lat. capiô, got. hafja ; lat. capta, v. irl. cachîaim, v. sax. haftôn. — Pour la formation, on rapprochera le lat. capiô de v, irl. gaibhn, dont la racine se retrouve dans lat. babcre (foi^mé comme got. habaii), osq. hafiest « il aura ».
lat. rt/ô, V. irl. a}h}i, gol.ala (par ailleurs, on n'a que des traces de la racine, ainsi dans gr. à'v-aA-roç).
lat. plàniis, gaul. (Medio-)lânuni ; v. irl. lâr i> sol », v. angl.^ôr.
lat. nianus, omhr. manf (ace. plur.), osq. /;/^///w (ace. sing.)^ Dialectes indo-européens. 9
130 blALKCTES INDO-EUROPÉENS
V. isl. et y. ani^-l. miiihl ; et", m. hret. iinla:;^ii « g-erbe » (v. Fick- Stokes, 'Et. ivôrt. H', p. 200), en regard de l'expression par la racine ^gher- dans gr. -/£(p, alb. dort., arm. jern « main » ; de skr. hàstah = v. perse dasta, et de v. si. mka ( v. ci-dessous p. 31).
lat. màhis « mât », irl. mod. maide « bâton », irl. matan (avec / notant Tocclusive sonore d) « massue », admat (v. W. Stokes. K. Z., XL, 2i3), v. h. a. niasl « perche », v. isl. masîr « mât ».
lat. meut uni « menton », g'all. iiiûnl « mâchoire », g-ot. mimfs., V. h. a. }nii}id « bouche ».
lat. natrix, irl. nathir (gén. nathracb), v. isl. naâr.
Il y a aussi beaucoup de concordances entre le vocabulaire germanique et le vocabulaire celtique, et entre le vocabulaire germanique et le vocabulaire italique ; et les mots ainsi attestés peuvent ne manquer que par hasard soit en celtique soit en italique ; rien ne prouve même que certaines des communautés de vocabulaire signalées ci-dessus entre le celtique et l'italique ne proviennent pas du fonds de mots germano-celtoitalique ; ces trois langues ont en somme des vocabulaires remarquablement semblables.