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CLASSIFICATION

Pour classer les Diatomacées, alors que les espèces connues étaient en petit nombre, plusieurs systèmes, plus ou moins empiriques, furent mis en usage par Agardh, Ehrenberg, W. Smith, Kützing, Meneghini et Rabenhorst. Le cadre de cet ouvrage ne nous permet pas de faire séparément l’analyse de chacun de ces systèmes. Il suffira de dire que ceux qui ont été employés par la plupart des auteurs indiqués ci-dessus reposent, tantôt sur la forme extérieure des frustules ou des valves, tantôt sur le mode de végétation des Diatomacées, qui vivent libres, ou réunies en filaments, quelquefois portées à l’extrémité d’un stipe ou enfermées dans des masses gélatineuses, ayant la forme d’un tube ou d’une fronde.

En 1861, R.alfs (in Pritchard : Infusoria ), donna une classification basée sur la présence ou l’absence du raphé ou des nodules, dans laquelle il faisait ressortir l’affinité existant entre certaines familles. Cette classification fut reprise dix années plus tard par M. H. L. Smith, comme nous le verrons plus loin.

A peu près dans le même temps, le prof. Grunow (VerhandL

der K. K. zool. bot. Gessellschaft, Wien, 1860-1862), faisant la description des Diatomacées d’Autriche, indiquait la délimitation et l’affinité de plusieurs familles très naturelles.

W. Smith, dans sa classique Synopsis , avait appelé l’attention des observateurs sur la fixité de l’endochrôme, qui se présente tantôt en lames, tantôt en granules. ( Synopsis , vol. II, p. xxv.) Cette remarque de W. Smith frappa le prof. Pfitzer, qui entreprit une étude sérieuse du plasma des Diatomacées. Il publia, en 1871, les résultats de ses recherches dans un remarquable travail : Bau und Entwicklung der Biatomaceen. La conséquence de ces recherches fut une nouvelle classification, basée sur la disposition de l’endochrôme dans le frustule, mais dans laquelle le prof. Pfitzer ne rechercha pas assez l’affinité des genres et des grands groupes.

L’année suivante, en 1872, le prof. H. L. Smith, de Hobart College, à Geneva (E. U.), reprenait, en la développant, la classification de Ralfs. Ce travail fut publié dans The Lens , qui périt en grande partie dans l’incendie de Chicago; mais il fut plus tard traduit et reproduit par M. Van Heurck, dans son livre Le Microscope*, 1878.

Le système mis en usage par M. H. L. Smith a le grave inconvénient d’éloigner les uns des autres des genres dont l’affinité est manifeste. C’est ainsi que le genre Gepliyria , qui, par tous ses caractères, se rattache aux Achnantlies , est placé par l’auteur américain près du genre Eunotia, qui n’a rien de commun avec lui, si ce n’est la courbure des frustules. De même les Licmophora , que la présence de diaphragmes intervalvaires rapproche des Tabellarièes , se trouvent placés parmi les Fragilarièes , etc., etc.

C’est en vérifiant les observations du prof. Pfitzer, et en les complétant par l’étude d'espèces marines et d’eau douce, qu’il n’avait pas eues à sa disposition, que nous avons compris tout le parti qu’on pouvait tirer de la forme et de la position de l’endochrôme dans le frustule pour la classification des espèces. Une étude approfondie d’un grand nombre d’espèces nous a permis de saisir l’enchaînement des genres entre eux et de suivre une chaîne non interrompue, partant du genre Cocconeis et aboutissant aux Gaillonellèes. C’est alors que nous avons publié, en 1876 (Bull, de la Soc. de Bot. de France), un Essai de classification naturelle, basé sur la disposition de l’endochrôme dans le frustule. Les observations, que nous avons poursuivies depuis cette époque, sont venues confirmer et corroborer notre manière de voir.

Lorsqu’on observe un grand nombre de Diatomacées, à des époques différentes, et en répétant souvent ces observations, tant pour les espèces marines que pour les espèces d’eau douce, on peut se convaincre, ainsi que W. Smith l’avait indiqué, que l’endochrôme

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