XI. DESCRIPTION
Le j Berkeleya micans est extrêmement long et mince, environ 20 fois plus long que large. Sa longueur varie de 8 à 9 cent, de millimètre. Il présente des stries fines et parallèles ; 26 dans 1 cent, de mill.
Le Berkeleya Dilwynii est beaucoup plus petit, long de 3 centièmes de millim. environ, et elliptique, 4 fois moins large que long. Il présente 30 stries dans 1 cent, de mm., rayonnantes aux extrémités, parallèles au centre.
Amphipleura. — Les Amphipleura constituent un genre, établi par Kützing en 1844, très pauvre en espèces, mais qui n’en est pas moins un des plus célèbres de la famille des Diatomées, grâce à Y Amphipleura pellucida , Kz. , l’une des plus intéressantes petites plantes qui soient au monde.
Nous ne croyons pas qu’il existe un seul organisme qui ait autant exercé la patience des micrographes, ait été l’objet de plus de recherches et de plus d’efforts, qui ait plus contribué aux progrès de la construction du microscope et des objectifs, au perfectionnement des artifices d’observation et de la technique des préparations de Diatomées, que Y Amphipleura pellucida. Pendant de longues années, la plupart des diatomistes n’ont connu les stries de Y Amphipleura que par oui-dire, et nous ne craignons pas d’avancer que le jour où ils ont éprouvé leur plus grande joie est celui où, pour la première fois, ils ont vu apparaître sous leur objectif ces stries délicates dont la résolution avait été si longtemps pour eux impossible et chimérique.
Aujourd’hui, avec les moyens perfectionnés que nous possédons, la résolution des stries transversales de cette petite Naviculée est beaucoup moins difficile, mais celle des stries longitudinales est encore très épineuse ; elle exige non seulement d’excellents instruments, mais de plus une grande habileté dans leur maniement ; et, en somme, Y Amphipleura pellucida est restée le plus difficile de tous les tests. C’est elle qui forme encore le vingtième et dernier numéro du fameux test de Moller (1).
Ce petit genre, qui n’a longtemps compris qu’une espèce, celle dont nous venons de parler, n’en contient encore que deux, que nous sachions. Ses caractères génériques résident dans la disposition du
(1) Les tests de Moller sont maintenant remplacés avec avantage par les magnifiques préparations-types de Ch. -J. Tempère, 168, rue Saint-Antoine, à Paris, préparations qui surpassent de beaucoup celles de Moller, et coûtent infiniment moins cher. — Elles contiennent de 3 à 200 espèces.
raphé, qui est droit sans nodule médian, mais se dilate vers les extrémités pour embrasser des nodules terminaux, très allongés et occupant souvent près du cinquième de la longueur de la valve.
Les valves sont fusiformes, très allongées, à extrémités atténuées et presque aiguës ; elles sont de 9 à 11 fois aussi longues que larges et présentent, d’après Borscow, une ligne saillante longitudinale de chaque côté du raplié et un peu plus loin de ce raphé que du bord de la valve. Cette disposition n’est visible que quand on voit le frustule en coupe optique transversale.
VAmphipleura pellucida est une espèce d’eau douce, assez commune, dont la longueur varie de 8 à 15 centièmes de millimètre. Elle présente un système de stries transversales qui vont du bord jusqu’au raphé, qu’elles entament même sur ses côtés. Le nombre de
ces stries dans 1 centième de millimètre est représenté par des chiffres assez différents, suivant les divers auteurs. Nous en avons compté 40 et M. Castracane 52. Le Dr H. Yan Heurck n’en indique que 37 en moyenne. C’est à ce chiffre qu’à notre avis on doit s’arrêter, car plus que tout autre il mérite confiance, M. Yan Heurck ayant (au mois de novembre 1884) réussi à résoudre en perles et à photographier Y Amphipleura pellucida. Du reste, le chiffre donné par lui n’est qu’une moyenne et n’infirme pas absolument celui qne nous avons trouvé. Quant à celui de M. Castracane, nous le croyons certainement trop fort. Ce n’est pas, en effet, parce qu’elles sont très serrées que ces stries sont difficiles à résoudre, mais parce qu’elles sont extrêmement délicates. D’autres Diatomées ont une striation plus serrée, quoique beaucoup plus facile à voir.
Ces stries sont formées de perles dont l’alignement donne naissance à des stries longitudinales. Celles-ci, d’après M. H. Yan Heurck, ne sont pas plus serrées que les stries transversales, mais elles sont encore plus délicates et plus difficiles à résoudre.
Fig. 264. — Coupe transversale schématique de l 'Amphipleura 'pellucida , Kz, d’après Borscow.