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II. HISTOIRE NATURELLE

la carapace siliceuse, soit le moins du monde atteint par le réactif, et bien avant même que l’eau ambiante ait pris de coloration sensible.

Évidemment, les mouvements des Diatomées ne sont pas dus à ces problématiques courants d’endosmose et d’exosmose ; il paraîtrait bien plus raisonnable de les attribuer à une couche protoplasmique entourant les frustules, couche qui est souvent assez abondante et douée de mouvements actifs assez énergiques pour imprimer aux frustules eux-mêmes une impulsion à sens variable, mais toujours dans la direction où l’élément ambiant offre la moindre résistance.

Telle est la conclusion à laquelle nous amènent l’étude de ces mouvements et la comparaison que nous avons faite entre les Diatomées et certains organismes voisins, choisis particuliérement chez les Sporozoaires.

Il faut remarquer que cette conclusion nous ramène presqu’à l’ancienne conception des cils vibratiles. En effet, on est d’accord aujourd’hui pour regarder les cils vibratiles des organismes qui en sont doués comme des dépendances du protoplasma, pour ainsi dire comme des fins pseudopodes qui seraient constants dans leur forme. Par conséquent, les mouvements ciliaires et les mouvements protoplasmiques proprement dits >sont de même nature et ont la même origine.

La matière mucilagineuse qui recouvre les frustules des Diatomées est, comme les substances albuminoïdes, soluble dans la potasse caustique. D’après le prof. H. L. Smith, quand on traite une Diatomée vivante par la potasse, sous le microscope, en déposant une goutte de la solution alcaline sur le bord du couvre-objet, aussitôt que la solution atteint le frustule, la matière mucilagineuse se dissout et les deux valves du frustule s’écartent, s’ouvrant comme une boîte.

1 faut donc en conclure que cette couche hyaline contribue à maintenir les deux valves en contact. Elles s’écartent sous la pression du protoplasma intérieur qui se gonfle peut-être en s’imbibant, par endosmose, de la solution alcaline; M. H. L. Smith pense que c’est plutôt par une pression naturelle du protoplasma contre les parois internes des valves, pression qui n’est plus contrebalancée par la présence et la pression en sens contraire de la matière hyaline externe.

D’après cet auteur, ce serait cette pression, tant interne par le protoplasma, qu’externe par la gaine hyaline, qui déterminerait les mouvements du frustule. De plus, dans les formes naviculées, dont les extrémités sont semblables et plus ou moins pointues, cette pression déterminerait des mouvements, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, mouvements de va et vient, puisque le frustule est semblable par les deux bouts. Et alors, la matière mucilagineuse, en s’accumulant, se trouverait prendre une forme tubulaire en raison des mouvements alternatifs de la Diatomée dans la glaire. Telle serait l’origine des tubes hyalins dans lesquels sont contenus, et se meuvent, les frustules de certaines espèces.

Dans les espèces, au contraire, dont le frustule n’est pas semblable à

ses deux extrémités, et a, par exemple, plus ou moins la forme d’un coin, la pression de la matière hyaline chasserait toujours le frustule dans le même sens, la base du coin en avant, de sorte que cette matière hyaline s’accumulerait toujours en arrière de la pointe du coin où elle formerait les pédicelles ou stipes que l’on constate chez certaines de ces espèces, comme les Gomphonema.

C’est là une vue de l’esprit, ingénieuse, comme toutes les conceptions du savant diatomiste américain, mais à laquelle nous pensons qu’on peut faire bien des objections.

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