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II. HISTOIRE NATURELLE

paraîtra, seulement quand la cellule B, première cellule-fille de A, (ou une de ses sœurs B', B", ou Bn) va se mettre à se divisera son tour en donnant des cellules C, G', d’une taille encore diminuée, lesquelles vont s’intercaler dans la continuité de filament, la prolifération ou l’allongement se produisant toujours du côté de la valve enveloppée.

Une seconde diminution de taille apparaîtra quand une des cellules de troisième génération G, C' C" se mettra à se diviser et à former des cellules encore plus petites D, D' D", etc.

On voit que la continuation de la division dans les grandes cellules, comme A par exemple, entretiendra très longtemps la taille sans diminution. Si, plus tard, la division se produit dans les cellules B, il y aura un amoindrissement, qui persistera tant que les cellules B, B', B" se diviseront seules. Nouvelle diminution quand les cellules G, G', C", se diviseront, et ainsi de suite, et peu à peu le filament ira en s’amincissant si les divisions se font ainsi régulièrement, les nouvelles cellules s’ordonnant par rapport à leur âge relatif. Et le maintien de la taille à chacun de ces divers degrés pourra se prolonger très longtemps.

Si les divisions ne se font pas régulièrement en procédant des cellules plus anciennes aux plus jeunes, mais qu’elles se produisent simultanément entre des cellules de divers âges, cellules A, B ou G par exemple, il se formera çà et là dans la continuité du filament des différences brusques de taille, augmentation et diminution, comme cela a lieu dans le Melosira varians.

Quant aux faits que M. Otto Muller a signalés sur l’ordre de division des cellules du Melosira ar en aria il est clair qu’ils ne constituent pas une loi , et du reste qu’ils ne se présentent très probablement pas de même chez toutes les espèces. Il est clair aussi que, chez les espèces non filamenteuses et dont les frustules se séparent aussitôt qu’ils sont formés, des faits du même ordre interviennent pour ralentir le rapetissement de la taille bien qu’on ne puisse pas les observer.

Reproduction par conjugaison ou rajeunissement. — Quel que soit le ralentissement que le mode de succession des divisions fissipares apporte à la diminution de la taille des frustules, ceux-ci ne finissent pas moins par diminuer de grandeur. Toutefois, la diminution n’est pas indéfinie, et il y a pour chaque espèce un minimum de taille qu’elle ne dépasse pas. Il intervient alors un phénomène, évidemment de nature sexuelle, une conjugaison plus ou moins évidente, dont le résultat est la formation d’une sorte de spore, de très grande taille, que M. E. Pfitzer a appelée auxos pore et dont sort un frustule qu’on appelle frustule sporangial et qui a repris la taille maxima de l’espèce.

Malheureusement, comme nous l’avons dit, ces phénomènes de reproduction sexuelle des Diatomées nous sont encore très mal connus et, depuis bien des années déjà, la science ne s’est enrichie à ce sujet que d’un très

pelit nombre de faits. Les cas de reproduction sexuelle paraissent relativement rares ou, du moins, « nous ne connaissons, dit M. Paul Pelit, ni l’époque exacte à laquelle le phénomène se produit pour chaque espèce, ni les causes climatériques qui le font naître. Nous sommes donc réduits à attendre que le hasard favorise nos recherches. »

Quoi qu’il en soit, le phénomène peut se produire sur un seul frustule ou sur deux frustules, mais toujours, naturellement, sur ceux déplus petite taille.

Le premier acte du processus consiste en une sécrétion abondante de la matière mucilagineuse transparente qui entoure le frustule. Celui-ci s’enveloppe ainsi d’une couche épaisse de mucilage ; puis, son protoplasma intérieur se dilate se concentre sous forme globuleuse et, sous sa pression, les deux valves se disjoignent le long de la suture des connectifs, s’écartent et se séparent. Le globule protoplasmique, dont le volume est très augmenté, est ainsi mis en liberté dans la masse gélatineuse. Il s’entoure d’une membrane à double contour et forme un corps ovoïde dans lequel on constate ordinairement que le protoplasma interne est fd’abord réparti en deux masses plus ou moins distinctes qui paraissent fusionner ensuite. Ce corps ovoïde est un sporange.

Bientôt, dans l’intérieur de ce sporange, il se développe un corps de forme variable suivant les genres et rappelant celle du frustule primitif. Ce corps grandit rapidement, s’enveloppe d’une membrane plus ou moins incrustée de silice et souvent plissée en travers. C’est X auxospore\ celle-ci, par sa croissance, fait éclater l’enveloppe du sporange qui se rompt en deux moitiés. Parfois, en grandissant, l’auxospore reste coiffée à ses deux extrémités d’une calotte sphérique, débris de la membrane du sporange.

L’auxospore prend ordinairement une tailleXpeu près double de celle du frustule qui l’a produite ; alors, à travers sa membrane transparente, on voit apparaître dans son intérieur un nouveau frustule doué de la forme caractéristique de l’espèce et ayant fait retour à la taille maxima de celleci. C’est un frustule sporangial.

Enfin, la membrane de l’auxospore'se brise, le frustule] sporangial est mis en liberté, la masse mucilagineuse au sein de laquelle tous ces phénomènes se sont passés se résorbe, et se réduit en cette couche mince qui subsiste autour de tous les frustules normaux.

Voilà la Diatomée remontée à sa taille eLqui va maintenant se multiplier par division jusqu’à la formation d’une nouvelle auxospore.

Que s’est-il passé dans ce phénomène ?

Est-ce une fécondation? — La fécondation résulte, comme on le sait, du mélange de deux plasmas dont l’un joue le rôle d’élément mâle et l’autre d’élément femelle. Il faudrait donc admettre, dans ce cas où un seul frustule intervient, que le protoplasma de cette cellule s’est préalablement divisé en deux, peut-être enjvue d’une fissiparité qui ne s’est pas opérée, et que ces deux portions se sont polarisées, différenciées, puis, lors de la mise en liberté de la masse plasmatique, se sont fusionnées, jouant l’une par

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