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XXVIII. DESCRIPTION

§ 1. — Arachnoïdiscus. — Coscinodiscus.

Arachnoïdiscus. — Ce genre a été établi par Deane en 1847. 11 comprend des espèces à valves circulaires, dépourvues d’épines ou de dents, présentant des lignes ou « côtes » rayonnant du centre à la circonférence, divisant ainsi la valve en secteurs angulaires, comme des « parts de gâteau ». Ces secteurs sont subdivisés en deux par une ligne partant du bord et n’allant pas jusqu’au centre. Et cette subdivision est partagée de même, sur le bord, en deux par une ligne plus courte encore; — et cette dernière division encore divisée en deux par un trait sur la bordure. Entre ces lignes à directions rayonnantes, sont des cercles concentriques de granulations irrégulièrement arrondies. — Le frustule est plat avec une zone connective mince.

Tel est l’ Arachnoïdiscus Elirenbergii, Bail. etHarv., l’une des plus belles Diatomées qui soient. La valve, bien qu’elle ait le centre un peu déprimé et qu’elle présente des sillons rayonnants, est assez plate cependant pour qu’on puisse, avec un grossissement même fort, en avoir une vue d’ensemble suffisamment nette.

On constate que la valve est divisée en « parts » angulaires (au nombre de 25 à 40) par des lignes qui sont des sillons, des plis rayonnant de la surface. Ces plis correspondent à une sorte de nervure, de côte faisant saillie à la face inférieure de la valve dans l’intérieur du frustule. La part est subdivisée en deux par un sillon semblable partant du bord et qui s’avance quelquefois assez loin vers le centre de la valve, entre les granulations, mais qui n’est doublé en dessous par une côte (ce à quoi il doit sa réfringence considérable) que pendant un parcours beaucoup plus court. La « demipart » ainsi déterminée est séparée en deux, sur la bordure, par un sillon doublé d’une côte beaucoup plus courte encore, et cet espace est subdivisé par un trait plus petit ; ce huitième de part est divisé, tout à fait sur le bord, en deux parties par une strie, et celles-ci enfin en deux encore par une strie plus fine et plus courte. Le secteur se trouve ainsi correspondre sur la marge à trente-deux stries.

D’autre part, la valve est ridée en cercles concentriques, en creux et en saillie, et sur chaque ride est un cercle de granulations saillantes, à surface grenue, irrégulièrement arrondies. Ces granulations sont aussi alignées en rayons qui se distribuent régulièrement dans les parts et les demi-parts. On voit distinctement leur profil dans le pli des sillons rayonnants.

Il est d’ailleurs facile de constater que ces granulations font une saillie notable, car elles peuvent jouer le rôle de petites lentilles con-

vexes. Si Ton place un corps opaque mince, le bout du doigt par exemple, entre le diaphragme et le miroir du microscope, on voit (avec une mise au point soignée) apparaître un petit bout de doigt dans chaque perle. Et si l’on agite le doigt doucement, on voit aussitôt tous les petits bouts de doigt s’agiter dans les perles. C’est une petite expérience que nous avons indiquée jadis à propos des facettes cornéennes de l’œil des Insectes (1). Elle réussit d’autant mieux que les perles sont plus bombées. Il y a des variétés ou des spécimens d ' Arachnoïdiscus dont les granulations sont plus plates : il faut alors chercher avec l’objectif le plan des foyers des petites lentilles, qui est de 1/2 ou 1/3 de ;j. plus haut que la surface valvaire.

Autour du centre, qui est hyalin, un peu déprimé en ombilic, règne un premier rang de granulations ; celles-ci sont allongées dans le sens des rayons, et en même nombre que les secteurs compris entre les grands sillons primaires. Dans un second rang, les granulations, en même nombre encore, sont élargies ; dans le rang suivant, elles sont divisées en deux grains qui deviennent plus gros sur les cercles

Fig. 428. — Coupe perpendiculaire à la surface d’une valve à' Arcichnoïdiscus indiquant les sillons et les perles. (Schéma).

suivants, à mesure que ceux-ci s’agrandissent en s’éloignant du centre. Puis, ces grains se divisent en deux, toujours s’alignant en lignes rayonnantes, et ainsi de suite. De sorte que le nombre de grains compris sur les différents arcs concentriques d’un même secteur va toujours en augmentant et que ces. grains sont de plus en plus petits. — (Sur l’exemplaire que nous décrivons, nous comptons 36 rangs concentriques ; les derniers, sur les bords, comprennent 12 petites perles dans un secteur.) — A la bordure, les rangs de perles sont plus serrés et un peu plus confus. A une certaine distance du centre (entre le 6e et le 7e rang de perles dans l’exemplaire qui nous sert de type), la surface valvaire s’enfonce un peu en ombilic et l’on voit dans sa profondeur un épaississement de la valve formant comme un cercle festonné.

On obtient l’explication de cette apparence si l’on examine la valve par sa face inférieure (ce que l’on peut faire en retournant la préparation et en l’examinant à travers le porte-objet avec un objectif de 2 mm. environ de distance frontale). On voit alors nettement les épaississements de la valve le long de la bordure et autour du centre

(1) J. Pelletan. — Le Microscope, son emploi et ses applications , in-8. Paris, 1876. (P. 731.)

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