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II. HISTOIRE NATURELLE

parce que, dit-il, si les choses se passaient ainsi les deux auxospores, résultant d’une véritable conjugaison se trouveraient placées perpendiculairement au grand axe des frustules parents, ce qui n’est pas. — C’est là, à notre avis, une raison par analogie ou par induction, qui ne nous paraît pas absolument concluante. Les masses protoplasmique sont libres dans un milieu mucilagineux demi-liquide et nous pensons qu’elles peuvent s’orienter dans le sens qui leur est fourni par cette enveloppe elle-même, ordinairement un ovoïde dont le grand axe est parallèle à celui des frustules conjugués.

Quoi qu’il en soit, il se forme un ou deux sporanges, lesquels s’entourent d’une double ou triple enveloppe et dans l’intérieur desquels le plasma paraît bien former, au moins pendant un temps, (et nous sommes surpris qu’on n’en ait pas fait la remarque jusqu’à présent), deux amas distincts contenant quelques gouttelettes graisseuses.

Fig. 21. — Développement des auxospores.

VV', vv'y valves vides des deux frustules. — A, B, les deux sporanges rompus, contenant les auxospores C, C', dont le plasma est nettement divisé en deux masses (J. Deby).

Puis, dans chaque sporange se développe une auxospore dont la croissance fait éclater la membrane du sporange. Et, pendant un certain temps, dans l’auxospore, on reconnaît encore la distribution du plasma en deux masses distinctes.

Bientôt les auxospores prennent une taille très considérable, double ou triple de celle des frustules primitifs, revêtent une forme spéciale, le plus souvent se strient en travers, se silicifient, et, dans leur intérieur, on voit apparaître le frustule sporangial.

Tel est le phénomène de la reproduction sexuelle la mieux connue chez les Diatomées et telle est l’interprétation que la plupart des auteurs lui donnent, dans des différents cas, lesquels peuvent être résumés ainsi :

1° Un seul frustule : autofécondation, produisant un sporange et une auxospore.

2° Un seul fruslule : autofécondalion, produisant deux sporanges et deux auxospores (?).

3° Deux frustules conjugués, fécondation unique : un sporange, une auxospore.

4° Deux frustules conjugués, fécondation simple ou double (croisée) :

Si la fécondation est simple : zygospore unique se dédoublant par fissiparité, d’où deux sporanges et deux auxospores.

Si la fécondation est double : deux zygosporanges et deux auxospores.

M. Paul Petit qui a observé la reproduction du Cocconema cistula refuse à ce phénomène le caractère d’une génération sexuelle. Pour lui, il n’y a que rajeunissement des plasmas, mais non fusion de l’un avec l’autre. Voici la description qu’il en donne.-

« Chez le Cocconema cistula (PI. I, fig. 1), comme chez toutes les Cymbellées, le chromatophore, sous forme d’une seule lame, recouvre les deux valves et l’un des côtés de la zone d’emboîtement, comme le montre le schéma (fig. 13) qui représente une coupe perpendiculaire au grand axe du frustule et passant par le centre. Lorsque le moment de la reproduction est arrivé, deux frustules se rapprochent et se mettent en opposition par leur côté le moins cintré. Il se produit, aussitôt après, une abondante sécrétion d'une matière gélatineuse, incolore et transparente, qui forme autour des deux frustules une large enveloppe ovoïde, complètement fermée, cette matière gélatineuse pourrait peut-être bien provenir de l’accroissement fort grand de l’enveloppe gélatineuse qui entoure d’ordinaire toutes les Diatomées. »

« Dès que l’enveloppe gélatineuse a pris tout son accroissement, on voit, dans chacun des frustules, les chroma toph ores s’agglomérer vers le

Fig. 22. — Auxospores mûres (d’après M. J. Deby), Mêmes lettres que ci-dessus.

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