III. STRUCTURE MICROSCOPIQUE DES DIATOMEES
les Diatomées, ou de formes très allongées, que ces Algues avaient reçu jadis le nom de Bacillariées. Dans un très grand nombre d’espèces les valves sont plus longues que larges, mais en ovale ou en navette ; on dit alors que le frustule est naviculaire (Fig. 29 et 30).
Puis, les valves, et par suite le frustule, peuvent être circulaires, ovales
Fig. 29. — Navicula major Kz.
elliptiques, réniformes, cunéiformes, triangulaires, quadrangulaires, etc., désignations qui se comprennent toutes d’elles-mêmes et que nous n’avons pas besoin d’expliquer.
Elles peuvent encore, à leurs extrémités, se terminer par une pointe [acuminées), par une courbe courte {obtuses), par un prolongement rétréci et mousse (rostrées), par un prolongement dilaté en bouton ( capitées ), etc.
Fig. 30. — Navicula major (face connective et coupe transversale).
Mais, outre les différences de formes, elles peuvent présenter à leur surface des détails importants.
Ainsi, dans un grand nombre d’espèces, particulièrement celles à forme plus ou moins naviculaire, les valves sont divisées suivant leur grand axe par une ligne très visible et saillante qui les divise en deux moitiés longitu-
Fig. *3.1. — Synedra fulgens.
dinales, ordinairement (mais pas toujours) symétriques. Cette ligne s’appelle le raphé ou le rachis (Fig. 29).
Elle se termine ordinairement à chacune de ses deux extrémités près d’un épaisissement à peu près circulaire qu’on appelle nodule. De même,
elle est interrompue au milieu par un autre nodule. De sorte qu’il y a deux nodules terminaux et un nodule central ou médian. (Fig. 29).
Toutes les formes allongées ne présentent pas de raphé. Beaucoup, et particulièrement des formes bacillaires, au lieu de cette ligne longitudinale saillante présentent un espace lisse sur lequel cessent les autres détails, côtes ou stries, qui ornent souvent les deux côtés de la valve. C’est un pseudo-raphé (Fig. 31.)
D’autres enfin, comme les formes larges, circulaires ou polygonales, ne présentent ni raphé ni pseudo-raphé médian. (Fig. 28).
C’est précisément sur la présence ou l’absence d’un raphé ou d’un pseudo-raphé que M. H. L. Smith a fondé sa classification, si connue, des Diatomées, classification dont nous aurons à nous occuper.
Qu’est-ce que le raphé ? Que sont les nodules ?
Fig. 32. — Coupe d’un grand Navicula (1500 diam )
a, raphé; b,c, d , un des côtés de la valve; f,f, nodules médians ; g , connectifs. (D’après M. W. Prinz).
Le raphé est évidemment une arête saillante, épaissie, faisant saillie ordinairement à la face extérieure de la valve et à sa face interne ; mais cette arête saillante est sillonnée par une véritable fente par laquelle le contenu de la cellule se met en rapport avec le monde extérieur. Strasburger admet même, ce qui nous paraît au contraire très peu probable, que le protoplasma interne émet par cette fente une bande mince, une sorte de pseudopode, qui serait l’organe du mouvement de la Diatomée.
Quoi qu’il en soit, il paraît certain que le raphé est une fente longeant ou sillonnant un épaississement plus ou moins considérable de la valve. Ce fait est mis en évidence, d’ailleurs, par les coupes que l’on a pu obtenir accidentellement de frustules à raphé. Telle est celle que représente la fig. 32, trouvée par M. W. Prinz, sur un grand Navicula du dépôt de Franzensbad.
Le même fait peut aussi être constaté de piano sur d’autres frustules