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III. STRUCTURE MICROSCOPIQUE DES DIATOMEES

vitaux que présentent ces curieuses petites plantes dont l’ histoire naturelle est encore, nous le répétons, presque complètement à faire.

Quoi qu’il en soit, et en dehors de sa classification proprement dite, M. H. L. Smith a basé sur la division des Diatomées en trois grands groupes, telle qu’il l’établit, des considérations intéressantes que nous devons résumer (1).

Etant données ces trois formes principales, toutes les autres formes en dérivent, suivant le savant auteur américain, à l’aide de variations homologues dans les trois groupes.

Ainsi, dans le premier groupe, par exemple, les valves sont partagées normalement en deux parties symétriques par le raphé, mais dans certains cas, les valves peuvent se développer d’un côté du raphé plus que de l’autre : elles ne sont plus symétriques de chaque côté du petit axe ; c’est ce que M. H. L. Smith appelle une variation équatoriale. Le frustule, gon-

Fig. 36. — Epithemia gibberula. Eh. Fig. 37. — Cymatopleura Solea. a , face valvaire; b, face connective.

fié d’un côté, s’incurve de l’autre. C’est ce qui arrive dans les Cymbella, dans les Cocconema (fig. 34), qui sont des Navicula dans lesquels un côté des valves est plus dilaté que l’autre et la zone connective de ce côté s’est elle-même élargie. La Diatomée s’est, pour ainsi dire, gonflée de ce côté, qu’on appelle côté dorsal. (L’autre côté, plus étroit et plus mince, est 1 Qcôté ventral).

La variation équatoriale peut s’accuser encore davantage que dans les Cymbella , et l’on obtient un Améliora. (Fig. 35).

La même variation, par expansion équatoriale de la zone connective d’un côté de la valve, se produisant dans le deuxième groupe donne les formes Epithemia , (Fig. 36), et dans le troisième groupe les formes Euodia.

La variation au lieu de se produire à l’une des extrémités du petit axe pour se faire à l’un des bouts du grand axe, elle est alors dite axiale.

(1) H. L. Smith. — A contribution to the life history of Diatomaceæ (Proceedings of the Amer. Soc. Microc. 1886).— Traduit dans le Journal de Micrographie, t. XII, 1888.

C’est ainsi que s’obtiennent les Diatomées cunéiformes comme les Gornphonema dans le premier groupe (Raphidées), Licmophora, Rhipidodendron , etc., dans le second (Pseudo-raphidées) (Fig. 23), Podosira , dans le troisième (sans raphé ni pseudo-raphé).

La dilatation axiale peut se faire aux deux extrémités, et l’on obtient des formes capitées ou dilatées en 8, dans les groupes qui comportent ces formes (Fig. 37).

D’autres variations se manifestent encore comme la- torsion du frustule en S, par exemple dans les Pleurosigma, du premier groupe, torsion qu'on retrouve chez des Nitzschia du second.

Ou bien encore, certains détails de forme peuvent subir des modifications qui établissent des relations entre tel groupe et les deux autres : l’allongement, l’étirement du nodule central en une ligne tranversale, comme chez les Stauroneis , ou longitudinale, comme chez les Colletonema et les Berkeley a, et qui arrive à l’effacement à peu près complet chez les 4mphipleura\ la disparition du raphé sur une des valves, ou son émigration

Fig. 38. — Achnantes brevipes.

Fig. 39. — Stauroneis gracilis.

Fig. 40. — Berkeleya Harveyi , Gr. (très grossi).

graduelle vers l’un des bords de la valve, rapprochent les formes du premier groupe de celles des deux autres.

En un mol, en appliquant les mêmes lois de variation aux trois formes normales, on obtient toutes les modifications qui caractérisent les genres et les espèces contenues dans ces groupes, modifications qui procèdent des mêmes causes.

De plus, on obtient le passage de ces formes les unes aux autres par des variations graduelles, allant parfois jusqu’à la disparition de certains détails de structure.

Certaines de ces variations se sont fixées, et on en a fait des genres et des espèces, — alors que peut-être ont n’eût dû les regarder que comme des variétés, — mais d’autres ne sont qu’accidentelles, bien que parfois elles puissent se reproduire par la division fissipare des frustules qui les présentent, et alors elles constituent des formes anormales, de véritables monstruosités.

Ainsi M. Weissflog a publié la photographie de divers Navicula chez lesquels le raphé a disparu sur la moitié d’une valve, (Fig. 4i), ou même

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