III. STRUCTURE MICROSCOPIQUE DES DIATOMEES
discus Oculis lridis (1), entr’autres, où nous avons pu constaler que les hexagones ou yeux dont sont marquées les valves ont leur centre sur un plan intérieur à celui du périmètre hexagonal. Gela est si vrai qu’en abaissant très légèrement l’objectif, on reconnaît un dessin très fin que nous avons pu représenter. De sorte que le centre de l’hexagone est le fond d’un alvéole et non le sommet d’une perle. C’est le fond qui porte une sculpture extrêmement fine, que l’on peut reconnaître en abaissant l’objectif pour mettre ce fond au foyer.
Dès 1876, nous constations ainsi que la valve des Coscinodiscns , et autres espèces dont le dessin est analogue, est composée de deux couches, la première formée d’aréoles ou alvéoles, plus ou moins semblable à un
gâteau d’abeilles, et la seconde plus profonde fermant ces alvéoles par le fond.
C’était presque la vérité, comme nous le verrons plus loin.
C’est, à ce que nous croyons, le professeur Bailey, de New-York (2), qui a démontré, en 1851, que la plupart des parties que l’on prenait alors pour des trous ou des dépressions des valves sont, au contraire, des épaississements, et qu’inversement les parties que l’on regardait comme épaissies ou saillantes sont, en réalité, amincies ou déprimées.
Par exemple, on considérait les nodules des Naviculées comme des trous et les points des Isthmia comme des perles ou des bosses.
Bailey a eu l’idée de faire agir sur les frustules une solution d’acide fluorhydrique,qui dissout la silice. Il opérait sous le microscocope, en plaçant
(1) J. Pelletan. — Le Microscope, son emploi et ses applications, in-8° 1876
(2) J. W. Bailey, — Amer . Journ. of Sc. and Arts , 2e série, tome XI.
les frustules entre deux lames de mica que l'acide lluorhydrique n’attaque pas, et en recouvrant d’une semblable lame de mica la lentille de l’objectif pour la préserver des vapeurs acides. Il a vu ainsi que, sur les valves présentant des nodules, ceux-ci résistaient le plus longtemps à l’action dissolvante du fluor, tandis que s’ils eussent été des parties plus minces ou des trous ils eussent disparu les premiers ou se seraient agrandis.
11 a vu, de même, que les bandes longitudinale? lisses, de chaque côté du raphé dans les Pinnularia , ne sont pas des parties amincies, mais épaissies, et qu’au bout d’un certain temps, l’acide ayant attaqué la surface, elles apparaissent striées. Cette striation est donc profonde et recouverte par une couche de silice.
Fig. 46. — Triceratium favus.
Il a constaté encore que, chez les Isthmia, les taches ou points de la bande transversale de la valve ne sont pas des épaississements ni des bosses, mais des parties amincies ou des trous arqués, et qu’au contraire, les travées qui les séparent, et que l’on croyait tracées en creux, sont des épaississements qui résistent longtemps à l’action de l’acide et disparaissent en dernier (Fig. 45).
Par ce procédé ingénieux, il a pu, sur les frustules récents et même sur quelques spécimens fossiles, isoler la membrane organique de la cellule dépouillée de toute son incrustation siliceuse.
Depuis Bailey, un grand nombre d’observateurs ont étudié la structure intime des valves des Diatomées, et ce sont particulièrement sel valves des Coscinodiscus et des Triceratium, dont les «yeux» sont relativement volumineux, qui ont été l’objet des recherches des diatomisles. Il faut citer