III. STRUCTURE MICROSCOPIQUE DES DIATOMEES
Cette disposition s’observe, comme on sait, chez un très grand nombre de Diatomées et particulièrement dans le voisinage des nodules. (Fig. 55, 56).
Si l’on suppose que les grains formant une strie sont tellement près les uns des autres qu’ils se touchent, confluent, la strie ne sera plus résoluble en grains ou perles, mais ne formera plus qu’une barre saillante ou côte
Fig. 55. — Schéma d’une striation perlée rayonnante.
séparée de la barre ou côte précédente et de la suivante par une raie en creux.
Beaucoup de Diatomées présentent des stries qui n’ont pas encore été résolues en grains. Pour quelques-unes il est possible que les moyens optiques nous manquent encore, mais il paraît très probable que chez d’autres les grains n’existent pas, qu’ils ne sont pas distincts les uns des autres et qu’ils confluent en une strie irréductible. On donne, en général, le nom
Fig. 56. — Navicula lusca résolu en peries,à la lumière électrique par M. Van Heurck.
de côtes à ces stries lorsqu’elles sont très fortes, comme dans les Navicula major (Fig. 49), N. Debyi (Fig. 57), etc.
Du reste, il n’est pas certain que ces côtes soient toujours formées, comme nous venons de le supposer, par la confluence des sommets des piliers de séparation des alvéoles. Dans certains cas, elles paraissent formées par des sortes de petits tubes aplatis rangés les uns à côté des autres et qui seraient creusés le long de leur axe d’un canalicule très fin. Nous considérons cette structure comme résultant de la coalescence des cavités d’une ou plusieurs rangées d’alvéoles.
Ainsi, si l’on se reporte à la fig. 54, et que l’on suppose que les perles des deux premiers rangs soient assez grosses pour se confondre entr’elles dans le rang ab et dans le rang cd et celles du premier rang avec celles du second de sorte que les deux rangs ab , cd ne forment plus qu’une grosse côte épaisse et saillante ; si l’on suppose que le rang d’alvéoles compris sous ces rangées de grains confluent aussi ,j>ar la disparution de toutes les cloisons comme m , n, le rang d’alvéoles formera un canalicule qui sera surmonté par la côte composée de la fusion des deux rangées de grains.
En somme, cette structure à côtes canaliculées ne serait, ainsi comprise, qu’une modification de la structure alvéolaire supposée générale à toutes les valves de Diatomées. Elle en dériverait d’une manière simple. De sorte que dans une môme tribu, comme celle des Naviculées, ou même, plus généralement, dans un même groupe, comme celui que M. H. L.
Fig. 57. — Navicula Debyi.
Smith appelle les Raphidées, on ne trouverait pas des espèces dont la valve est construite de manières très différentes. Et, dans tous les groupes, la structure fondamentale serait la même, ne différant que par des variations dans la forme, la dimension, la séparation ou la réunion des mêmes éléments.
Nous avons parlé de valves de Triceratium qui se sont dédoublées en une lame supérieure, à laquelle adhéraient les alvéoles, et une lame inférieure montrant encore l’empreinte de la réticulation hexagonale laissée par ces alvéoles ; M. H. L. Smitt a publié le dessin (Fig. 49) d’une valve de Navicula major brisée et montrant, dans la fracture ad , la lame supérieure passant par-dessus les côtes qui la débordent en un point et qui sont fixées à la lame inférieure. Deux côtes manquent tout à fait parla disparution des deux rangs d’alvéoles qu’elles recouvraient.
La manière de voir que nous exposons ci-dessus n’est pas, nous le savons, admise par tous les auteurs. Beaucoup pensent que les stries perlées ne sont pas en saillie. Ainsi le Dr H. van Heurck, d’après des études faites sur des valves examinées dans des milieux à très haut indice de ré-