LV. RECHERCHE ET RECOLTE
dans tous les climats ; les limons des lleuves en charrient des milliards ; les vases de la Mer Noire et du Bosphore contiennent jusqu’à 46 espèces déterminées par le micrographe Ehrenberg. On en a trouvé dans les eaux qui avoisinent les glaces du pôle antarctique ; les rivières et les marais salants de tous les pays en sont remplis. Dans la Géorgie (Amérique), dans la Floride, des vases diatomifères forment des bancs d’une étendue considérable. Des organismes microscopiques ont aussi été découverts dans le sens vertical, résultat probable du séjour des eaux à des époques préhistoriques. On signale les Diatomées par couches prodigieuses : la ville de Richmond (Virginie) est bâtie sur un lit de leurs débris, qui a 6 mètres d’épaisseur (Smith). Dans l’île de Mull (Écosse), le lac Boa, dont le fond desséché appartient à la période jurassique, a fourni au professeur Gregory 130 espèces nouvelles (1854). »
Dans ces dernières années, on a trouvé un très grand nombre d’autres gisements fossiles parmi lesquels nous pouvons citer ceux de Santa Barbara et de Santa Monica en Californie, sans oublier ceux de Ceyssat et de Randanne, dans le Puy-de-Dôme, dont la terre siliceuse, contenant 87 pour 100 de débris de Diatomées, sert, sous le nom de randannite , à la fabrication de la dynamite (1). D’autres gisements existent dans l’Ardéche, et l’on vient encore en Amérique, dans le Maryland, en forant un puits artésien, d’en découvrir un nouveau qui a fourni des espèces inconnues jusqu’à présent (?).
L’existence des Diatomées fossiles dans les couches profondes du sol devait laisser supposer qu’on en trouverait aussi dans les étages, plus profonds encore, formés des débris de la végétation qui couvrait la terre dans les temps anciens. En effet, M. Castracane, en incinérant de la houille et en recueillant les cendres, y a trouvé des Diatomées.
Enfin, si la vase des ruisseaux et des rivières renferme de ces algues, les fonds marins n’en sont pas dépourvus. Détachées des plantes marines qui vivent sur les côtes, emportées par les vagues, brassées par les courants et les marées, elles finissent par tomber lentement sur le fond des océans, quelquefois très loin de toute terre, et les dernières explorations sous-marines ont ramené dans leurs dragues, mêlés à des coquilles de Polycystines et de Foraminifères, des débris de Diatomées arrachés aux profondeurs de la haute mer où ils reposaient peut-être depuis des milliers d’années.
On voit donc que, pour les diatomistes, le champ des recherches est des plus étendus et qu’il lui faudra visiter non seulement les localités où il pourra trouver les Diatomées dans leur site naturel et à l’état vivant, mais, quand l’occasion s’en présentera, les couches profondes du sol et du sous-
(1) Les gisements siliceux losssiles de l’Auvergne ont été étudiés par MM. Leuduger-Fortmorel et Paul Petit dans un travail qui a paru, en 1878, dans le Journal de Micrographie , T. II, nos 3 et 4.
sol, les matériaux des forages et des fouilles, la carène des navires, les pattes des ancres, les bois flottés, les plantes aquatiques rapportées des pays étrangers pour les besoins de l'industrie ou de la pharmacie, tous les objets en un mot, qui auront été, à un moment ou à un autre, en contact avec les eaux. Ce sont aulant de sources où le collectionneur pourra faire de riches récoltes d’espèces exotiques. -
Le tube digestif des animaux marins, des oiseaux, des poissons, des mollusques, des annélides, de tous les êtres, enfin, qui se nourrissent de plantes sur lesquelles les Diatomées peuvent se fixer, ou qui vivent dans un milieu habité par elles, en contient ordinairement une grande quantité, et la visiie de l’estomac des huîtres, des moules, des palourdes et de tous les mollusques qu’on trouve partout sur les marchés est, à ce point de vue, toujours très intéressante.
Nous donnons ci-dessous, à titre de renseignement, une liste des principaux gisements de Diatomées qui ont été découverts dans ces dernières années, non seulement dans l’intérieur des continents, mais dans les vases marines de certains golfes et les dépôts formés à l’embouchure de certains fleuves.
PRINCIPAUX GISEMENTS, DÉPÔTS OU LOCALITÉS DONT LES DIATOMÉES ONT ÉTÉ ÉTUDIÉES (1).
Aberdeen.
Afrique Australe.
Alsô-Eszlergaly (Hongrie).
Agoa (Baie d’).
Amazone (Embouchure de 1’).
Amsterdam (Ile d’).
Ardèche.
Auckland.
Australie.
Bail, Californie, (Et. Un.).
Bajlha (Hongrie).
Backer river (Afr. Centrale).
Baléares (lies).
Baltique (Mer).
Barbades.
Bartholomée (Ile).
Batlaglia.
Bengale.
Berkum.
Berlin.
Berndorf.
Bilin (Bohême).
Blankenberghe.
Boden (Lac de).
Bonne- Espérance (Cap de' Boitina Creeks.
Brésil.
Bréhat (Ile de).
Brest.
Brohl-Thal sur le Rhin.
Buffalo.
Cadix.
Calvados.
Cambridge (Barbades).
Campêche (Baie de) .
Canada.
Carcon (Californie).
Carlsbad.
(1) Nous n’avons pas la prétention de donner ici une liste complète, nous indiquons seulement les gisements les plus célèbres, dont on trouve des échantillons dans le commerce, ou les localités dont les Diatomées ont fait 'objet de publications spéciales.