IV. RECHERCHE ET RECOLTE
ou Caraqahen ( Chondrus crispas). Il y a sur toutes les plantes analogués d'abondantes récoltes à faire. Rappelons encore qu’on en trouvera dans l’estomac des animaux marins ou aquatiques, particulièrement des Mollusques, sur les coquilles de ces mêmes Mollusques, sur les carapaces des Crustacés, etc.
Il est inutile d’ajouter que les recherches devront être faites dans les eaux douces, l’eau de mer, les étangs saumâtres, et que la matière glaireuse de certaines eaux thermales renferme plusieurs espèces de ces petites plan es.
Enfin, comme beaucoup de Diatomées vivent libres, que certaines mêmes sont mobiles et, pour ainsi dire, nageuses, que d’autres sont souvent arrachées de leur support par le mouvement des eaux, en filtrant une quantité suffisante de certaines eaux, on pourra trouver sur le filtre des Diatomées en plus ou moins grand nombre.
Pour les Diatomées pélagiques, voici comment M. J. Brun recommande de les récolter et de les conserver.
« Quant aux organismes pélagiques, on les prend en promenant un voile de soie au travers des couches supérieures de l’eau. L’on récolte ainsi les espèces à l’état vivant, et elles ne sont guère mêlées qu’avec un peu de poussières minérales. Le voile de soie doit être à mailles très fines et tendu sur un cadre (ou un cercle) tenu verticalement, de manière à ce que la partie supérieure effleure la surface aqueuse. Ceci pendant que, soit le bras, soit le bateau, avance très lentement : Toutes ces espèces pélagiques restent fixées au voile sous forme d’une couche à aspect glaireux. Elles s’enlèvent de temps en temps au moyen d’une lame en corne souple et mince. La meilleure manière de conserver longtemps ces récoltes consiste à les mettre immédiatement dans une solution au quart d 'acétate de potasse neutre. L’alcool que l’on emploie habituellement a l’inconvénient de contracter et de déformer la plupart de ces animaux ou végétaux inférieurs. L’acétate n’amène aucune déformation; il arrête toute putréfaction et s’élimine facilement par un simple lavage à l’eau, lorsqu’on veut entreprendre l’étude microscopique (1). »
Nous ne pousserons pas plus loin ces considérations, certain que pour la recherche des Diatomées dans leurs divers habitats, leur récolte et leur conservation jusqu’au moment de l’étude, chacun trouvera, dans son esprit, les ressources nécessaires pour réaliser les dispositions et les procédés les plus convenables. Tous ceux qui ont herborisé ne seront jamais embarrassés pour mener à bien ces petites opérations qui, souvent délicates, ne sont pas difficiles et n’exigent que des soins, de l’attention et de la patience.
(1) J. Brun. — Journ. de Micrographie, T. XI, 1887, no 5. — Ce procédé de récolte s’applique non seulement aux Diatomées pélagiques, mais aux Polycystines, Foraminifères et autres Rhizopodes.
TECHNIQUE DES DIATOMÉES