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IV. RECHERCHE ET RECOLTE

d’une petite drague en fil de laiton, instrument qui peut ainsi servir à deux fins et permet de ramener dans le filet les plantes que l’on a arrachées avec le crochet. On peut aussi employer utilement le filet de M. Giraudy, filet en laiton, monté sur un petit cadre métallique, dont la partie antérieure se relève en lame tranchante. Cet instrument se visse, comme le précédent, à l’extrémité d’une canne. Il est inutile d’ajouter que l’un et l’autre peuvent servir dans les herborisations pour recueillir non seulement les plantes aquatiques, mais toutes celles qui sont hors de portée.

Il y aura ensuite à récolter les enduits brunâtres déposés sur la vase des marais, des ornières, des flaques d’eau. Ce travail se fait facilement à l’aide de la cuiller d’étain ou de laiton. Il faudra enlever ces croûtes, d’une main légère, en prenant en même temps le moins possible de la vase sous jacente. Ces enduits seront déposés dans les tubes ou dans les petits * flacons avec un peu d’eau, pour les empêcher de se dessécher.

On grattera de même l’enduit sur les parois des citernes, sur les constructions submergées, les pierres, les rochers, enduits qui les rendent quelquefois si glissants et comme glaireux. Il sera souvent plus commode, dans ce cas, de substituer à la cuiller une petite plaque de métal, en cuivre ou en zinc, tranchante sur son bord antérieur.

Quant aux masses floconneuses nageant à la surface de l’eau, la cuiller, emmanchée, au besoin, au bout de la canne, ou les petites dragues dont nous avons parlé, permettront aisément de les recueillir.

Les espèces pédicellées ou filamenteuses peuvent être reconnues très souvent à l’aspect qu’elles donnent aux corps qu’elles recouvrent, à leur consistance particuliérement glaireuse, en raison de la matière mucilagineuse qui forme leur pédicelle, leur tube ou leur thalame. Souvent, elles donnent aux plantes un aspect velouté ou irisé dû à l’accumulation de tous les pédicelles qui font comme des villosités microscopiques dont la transparence produit des jeux de lumière.

Si l’on veut conserver ces espèces dans leur intégrité, ménager les pédicelles et les tubes, qui présentent des caractères pour la classification, mais sont souvent très fragiles, on comprend qu’on devra les traiter avec les plus grandes précautions. On arrive presque toujours, en déposant dans un flacon, avec un peu d’eau, la plante qui les supporte, à retrouver intacts, en rentrant chez soi, un certain nombre d’individus; cependant, les filaments sont quelquefois tellement fragiles, ou les échantillons que l’on rencontre si peu nombreux, qu’il peut y avoir avantage à leur faire subir sur place une préparation conservatrice. C’est dans ce but que Brébisson, M. Guinard et nombre de diatomistes, ont conseillé l’emploi de petites lames de mica. Ces lames de mica ont la forme d’un carré de 1 centimètre à 1 centimètre 1 /2 de côté, c’est à dire à peu près la dimension d’une lamelle couvre-objet ordinaire. Voici, ce que M. Guinard dit à ce sujet :

« Lorsqu’au moyen du microscope, vous reconnaissez que vous avez rencontré une Diatomée pédicellée et dont le pédicelle est excessivement

fragile, par exemple les Cocconema , les Rhipidopkora, etc., il est de toute nécessité de rapporter ces échantillons dans leur intégrité la plus parfaite ; c’est alors que l’on a recours aux petits carrés de mica. »

« Vous détachez avec de petites pinces les fragments dn mucosité brunâtre que présente une agglomération de ces espèces ; vous les étendez avec précaution sur vos micas, en y joignant une petite goutte d’eau. Par ce mode de préparation et d’examen préalable, vous évitez l’erreur dans laquelle sont tombés plusieurs algologues qui ont considéré comme dépourvues de pédicelle certaines espèces qui en sont munies, et qui, mises dans des flacons, sans contrôle, au moment de la récolte, avaient été privés de cet appendice par les secousses du voyage. A défaut de micas, vous pourriez aussi vous servir de petits carrés de papier buvard ; mais le premier moyen est préférable sous tous les rapports. »

« La rigidité et la transparence des micas, se prêtent à un examen ultérieur sous le microscope, et de plus, sous cette forme, ils peuvent, sans qu’il soit besoin d’y revenir, être conservée en herbier. »

« Gomme l’on n’a pas le loisir d’attendre que ces préparations extemporanées soient arrivées en un état de siccilé parfaite pour pouvoir les empaqueter, M. de Brébisson avait imaginé un petit appareil très propre à cet usage. Nous allons donner, d’après cet auteur, la manière de le construire.

« Pile diatomique : Ce petit appareil est formé de disques de liège ou « simplement de bouchons coupés en. rondelles d'une ou deux lignes « d’épaisseur, et enfilés par une tige de laiton reployée aux deux extré- « mités, de manière à former un petit bâton d’une longueur convenable « pour être placé diagonalemenl dans un compartiment réservé à l’un des « bouts delà boîte destinée aux herborisations, ou, avec effort dans l’inté- & rieur du chapeau de l’explorateur algologisle. Les rondelles de liège sont « pressées les unes contre les autres par un bout de ressort à boudin placé « au milieu de la pile et s’enroulant librement autour de la tige centrale.

« On engage dans les fentes qui existent entre les rondelles un coin de la « lame de mica sur laquelle on a préparé l’espèce délicate. On peut ainsi en « placer un grand nombre qui se dessèchent sans se toucher. Un morceau « de liège entamé par des traits de scie peut remplacer la pile, mais avec « moins d’avantages ( Ij. »

Pour terminer ce qui a rapporL à la récolte des Diatomées nous rappellerons que l’on trouvera souvent des espèces intéressantes dans les dépôts d’alluvion, sur les objets qui ont été en contact avec des milieux dialomifères, les coques de navire, les ancres, divers objets provenant des pays étrangers. M. de Brébisson a trouvé une relie collection de Diatomées sur ce fucus connu dans les pharmacies sous le nom de mousse de Corse (Sphærococcus helminthocorton), M. P. Petit sur la mousse d'Irlande

fl) A. de Brébisson, lettre à Ch. Chevalier.

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