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V. TECHNIQUE DES DIATOMEES

sondages. Ces substances, souvent mêlées depuis des siècles aux détritus organiques, forment ordinairement une masse pâteuse ou plastique, quelquefois même goudronneuse, très gênante et difficile à séparer. On y trouve aussi souvent une forte dose de cendres volcaniques. Quelquefois même le sondage n’est composé que de matières minérales sans traces d’organismes.

« Pour l’étude des organismes à carapaces siliceuses, Polycystines, quelques Radiolaires et surtout des Diatomées, il est indispensable de détruire entièrement cette encombrante matière organique. Dans les guanos , les détritus chitineux abondent. Ceux-ci sont extraordinairement résistants à la putréfaction et aux dissolvants, et même aux acides chlorhydrique, azotique, et au chlore. — Tous ces détritus organiques, par leurs pesanteurs spécifiques variées et surtout par la grande adhérence qu’ils ont contractée avec les particules minérales, empêchent également de pouvoir agir par lévigation.

« Le procédé suivant permet la destruction complète de toute cette matière organique, et comme il ne donne pas de vapeurs acides , il a l’avantage de ne nécessiter ni un laboratoire spécial, ni une cheminée à fort tirage. Il donne aussi des résultats meilleurs que les traitements au chlorate de potasse, au permanganate ou à l’acide azotique, ordinairement employés, et qui tous dégagent des vapeurs acides et corrosives.

« La masse desséchée (pulvérulente ou compacte), est traitée dans une fiole avec de Vacide chlorhydrique aqueux, afin d’éliminer le calcaire. La fiole doit être d’une dimension suffisante pour contenir toute l’écume visqueuse que les calcaires donnent lorsqu’ils sont ainsi intimement liés à une masse organique en décomposition. La dissolution de ces sels, terminée, le liquide et la vase sont jetés sur un filtre où le dépôt insoluble est lavé, puis desséché, sur le filtre même.

« Ce dépôt sec est alors mis en fiole et arrosé de deux fois son volume d’acte sulfurique concentré , qu’on laisse agir plusieurs heures en agitant quelquefois. La masse noircit. Pour les guanos il faut 5 ou 6 fois leur volume d’acide sulfurique. Cet acide est le seul qui dissolve bien des débris chitineux, et on peut déjà en éliminer la plus grande partie en décantant les 3/4 du liquide sulfurique après un repos suffisant. Sur ce brouet épais et noirâtre on ajoute alors du bichromate de potasse en poudre grossière. On l’ajoute par petites doses successives et en agitant chaque fois. La masse s'échauffe et souvent il y a dégagement d’oxygène. On s’arrête quand du noir elle a viré au rouge ou qu’il y a formation de cristaux rouges d’acide chrômique. Dans ce traitement, les matières organiques sont carbonisées par l’acide sulfurique, et

c’est l’acide chrômique à l’état naissant qui en achève la comburation. Le lavage préalable à l’eau chlorhydrique a pour but d’éviter la formation de sulfate de chaux.

« Le liquide précédent est additionné peu à peu d’eau. La masse s’échauffe à nouveau. L’eau est ensuite ajoutée en abondance. Le dépôt restant est devenu plus ou moins blanc. On le lave soigneusement par décantation. Les dernières décantations se font à l’eau distillée. Il est alors prêt à être utilisé. Pour cela, on le délaye avec de l’eau distillée, el*on verse ce mélange sur de grands couvreobjets (covers) sur lesquels on le dessèche. C’est sur ces covers que se trient les espèces (1).

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