LES MICROSCOPES
On dit souvent qu’on peut faire de bonne besogne avec de mauvais outils et de bonnes observations avec un mauvais microscope ; la chose est possible, en effet, comme le prouvent les admirables découvertes que les Leeuwenhoek, les Swammerdam, les Malpighi surent faire avec les instruments grossiers qu’ils possédaient et fabricaient le plus souvent eux-mèmes en fondant à la chaleur un globule de verre. Mais il n’est pas donné à tout le monde d’égaler ces illustres fondateurs de la micrographie, et il est probable que les savants de nos jours se trouveraient fort empêchés s’ils n’avaient que ces instruments rudimentaires pour approfondir les recherches qu’ont commencées leurs célèbres devanciers.
L’étude des Diatomées est particulièrement une de celles qui exige l’emploi des meilleurs instruments, non seulement au point de vue optique, mais encore sous le rapport de la construction mécanique. C’est même cette nécessité, pour le diatomiste, de mettre en œuvre les moyens d’observation les plus parfaits qui a été la principale cause des perfectionnements incessants que les opticiens ontapportés, depuis le commencement de ce siècle, à la construction des microscopes et surtout des objectifs.
Il ne s’agit plus, en effet, de reconnaître plus ou moins exactement, comme au temps de Joblot, la forme et l’aspect d’une Diatomée ; chaque frustule se présente maintenant au micrographe comme une énigme qu’il s’agit de déchiffrer : il offre, dans son intérieur, une structure particulière et compliquée dont il faut déterminer les parties diverses et les dispositions variées, et, sur ses faces, des caractères, des dessins, des ciselures qu’il faut pouvoir reconnaître, caractériser, compter. — Et tout cela, dans l’espace de quelques millièmes de millimètre ; si bien que ces détails, si extraordinairement petits