VII. MOYENS D ETUDE
qu’ils atteignent la fraction de longueur d’onde que l’œil humain ne peut plus distinguer et qui marque la limite de la visibilité, il faut souvent, rien que pour les entrevoir, accumuler toutes les ressources et tous les perfectionnements de l’optique moderne.
Aussi, quiconque voudra faire des Diatomées une étude sérieuse et trouver dans cette étude toutes les jouissances qu’elle peut procurer à un naturaliste devra se munir du meilleur microscope possible accompagné des objectifs les plus parfaits.
Fig1. 75. — Microscope de Leeuwenhoek (1673) a : Face antérieure. — b : Face postérieure.
La lentille est comprise dans une concavité entre deux lames d’argent fixées l’une à l’autre par trois rivets ; la platine, mue par une vis verticale et une vis horizontale, porte une pointe pour placer l’objet, laquelle pointe est mobile aussi, à l’aide d’un bouton (1).
Les bons instruments sont maintenant nombreux et nous n’en décrirons que quelques-uns qui méritent pour les diatomistes une mention particulière et que nous leur recommandons tout spécialement.
L’un des meilleurs est le microscope grand modèle de la maison Hartnack et Prazmowski, de Paris, maison qui appartient aujourd’hui à MM* Bézu, Hausser et Cic, successeurs de Prazmowski*
(1) Voir Journal de Micrographie , 1587, p. 337 ;
Ce modèle est depuis longtemps connu de tous les micrographes, et c’est certainement l’instrument le plus sérieux qui se construise en France; aussi a-t-il été imité partout. Voici, en quelques mots le principe sur lequel il est établi (Fig. 76).
Le microscope est, bien entendu, à inclinaison, et la platine, carrée avec les angles mousses, large, garnie de glace ou d’ébonite, est à tourbillon, c’est-à-dire qu’elle peut tourner autour du centre optique dans un plan perpendiculaire à l’axe, quelle que soit l’inclinaison qu’on a donnée à cet axe. Dans ce mouvement, elle emporte avec elle tout le corps de l’instrument, la colonne du mouvement lent et le tube, qui viennent ainsi prendre toutes les positions autour du centre optique, le pied et le miroir restant seuls fixes.
Ce mouvement s’exécute avec une précision extrême et il est construit avec une grande solidité, de manière à ce que le centrage exact des pièces soit rigoureusement maintenu.
Du reste, cette solidité, cette perfection et cette garantie du centrage constituent le but principal qui a été recherché dans la construction de l’instrument tout entier.
C’est en vue de ce résultat que la crémaillère à l’aide de laquelle le tube s’élève et s’abaisse, par ce qu’on appelle le mouvement rapide , est montée sur le tube lui-même au lieu d’être fixée sur un cylindre ou coulant fendu dans sa longueur et dans lequel le tube glisse à frottement, comme cela est pratiqué par beaucoup de constructeurs. Ce système du coulant, qui permet de faire mouvoir le tube à la main et même de l’enlever tout à fait, est assez commode, mais il nuit considérablement à la solidité, en même temps qu’il rend impossible la conservation du centrage. Au bout de fort peu de temps, le tube finit toujours par ne plus se mouvoir droit, le coulant se fatigue et l’axe optique se déplace toutes les fois qu’on fait tourner le tube sur lui-même.
C’est encore en vue de la solidité et de la fixité de l’axe optique que la colonne contenant la vis micrométrique de ce qu’on appelle le mouvement lent se meut sur un prisme triangulaire comme axe et non sur un cylindre. On comprend que, de cette manière, il n’y a aucun déplacement latéral du corps du microscope ni aucun ballottement, comme il s’en produit toujours plus ou moins quand le mouvement lent résulte du glissement d’un cylindre creux sur un cylindre plein. Ici, lame prismatique de la colonne s’applique par tous les points de sa surface et par toute la longueur de ses arêtes sur le prisme fixe qu’elle emboîte. Et, pour assurer encore l’exacte application des surfaces, l’un des côtés du prisme servant d’axe est évidé et le vide est rempli par une lame d’acier bombée en dehors, faisant ressort, et dont l’élasticité établit un serrage des surfaces en contact les unes sur les autres.