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VII. MOYENS ü’ÉTUDE

photographie, les inconvénients de l’achromatisme incomplet deviennent sensibles. Avec tous les verres connus jusqu’à ce jour et la construction la plus parfaite, il est impossible de les éviter et, pour y remédier, il a fallu fabriquer des verres nouveaux.

C’est ce qu’a entrepris, il y a quelques années, le Dr O. Schott, de Witten (Westphalie), qui, de concert avec le prof. E. Abbé et grâce aux subsides fournis par le gouvernement prussien, a fabriqué des verres dans lesquels l’acide borique et l’acide phosphorique remplacent plus ou moins l’acide silicique et dont la composition est fort complexe.

Dans ces verres, le pouvoir dispersif partiel des divers rayons est à peu près proportionnel au pouvoir dispersif total, et d’après des rapports très divers suivant les échantillons. Plusieurs, ayant le même indice de réfraction, ont des pouvoirs dispersifs très différents, et réciproquement.

C’est avec ces verres boriques et phosphoriques que M. Zeiss a construit ses objectifs apochromatiques. Ceux-ci contiennent une lentille de plus que les anciens, et leurs verres sont achromatisés pour trois couleurs, au lieu de deux, de sorte qu’il ne reste qu’extrêmement peu d’aberrations résiduelles ou qu’un spectre tertiaire extrêmement faible. L’aplanétisme, c’est-à-dire la correction de ^aberration de sphéricité, est obtenu pour deux couleurs du spectre.

Voici d’ailleurs, d’après M. Dippel, les avantages des objectifs apochromatiques :

1° Utilisation de toute l’ouverture de l’objectif, c’est-à-dire en pratique, possibilité de construire des objectifs* de plus grande ouverture utile.

2° Reproduction fidèle des couleurs de l’objet.

3° Possibilité d’agrandissement considérable de l’image par l’oculaire sans altérer sa netteté, parce que les défauts de l’objectif, qu’un fort grossissement par l’oculaire rend plus sensibles, n’existent plus dans ceux-ci.

4° Accouplés avec de nouveaux oculaires, dits compensateurs , ils donnent une coloration égale de tout le champ et la même netteté de l’image dans toutes les parties du champ.

Mais le plus grand avantage de ces objectifs est surtout pour la photo-micrographie, parce qu’ils réunissent en un même point les foyers chimique et lumineux.

Les objectifs apochromatiques sont donc accompagnés d’oculaires nouveaux, dits compensateurs , qui ont, en effet, pour fonction de compenser les différences chromatiques du grossissement et les aberrations hors de l’axe. Ces oculaires ont la lentille de l’œil plus

large et la distance de cette lentille au point oculaire , où doit s’appliquer l’œil, plus grande. Enfin, on peut, comme nous l’avons dit, réaliser avec eux des grossissements par l’oculaire beaucoup plus forts qu’avec les oculaires ordinaires accouplés aux objectifs non apochromatiques. Nous avons vu qu’on ne peut guère, avec ces derniers, sous peine d’altération dans l’image, en employant même les meilleurs objectifs à immersion homogène,' grossir plus de 6 fois avec l’oculaire ordinaire ; or, avec les objectifs apochromatiques on peut employer des oculaires compensateurs grossissant jusqu’à 18 fois.

11 y a là, comme on le comprend, un avantage très sérieux, car il devient possible, avec un seul objectif apochromatique, de réaliser toute unesériedc grossissements, limitée seulement, pour ainsi dire, par l’insuffisance de la lumière. En effet, avec un objectif apochromatique grossissant de 10 diamètres et ayant un pouce de foyer, on peut obtenir une série de grossissements par les oculaires compensateurs nos 2, 4, 8, 12, 18, de 20, 40, 80, 128 et 180 diamètres, c’est-à-dire jusqu’à 3.607 fois en surface si l’éclairage est suffisant.

Les objectifs apochromatiques sont fabriqués par divers constructeurs, notamment par MM. Zeiss, d’Iéna; Powell et Lealand, de Londres ; et Cari Reiehert, de Vienne.

Nomenclature clés objectifs

On trouve aujourd’hui dans le commerce un grand nombre de bons objectifs. On comprend que nous ne pouvons pas les passer tous en revue et les décrire en détail, nous nous bornerons à signaler brièvement ceux qui nous paraissent devoir rendre les meilleurs services aux diatomistes comme à tous les micrographes qui s’occupent des recherches les plus délicates et exigeant les instruments les plus perfectionnés. C’est d’ailleurs de ces objectifs que nous nous sommes servi.

Parmi les objectifs de construction française, nous recommanderons particulièrement ceux de l’ancienne maison Hartnack et Prazmowski (Bézu, Hausser et Cie) dont la renommée est depuis longtemps faite.

Ces opticiens construisent trois séries d’objectifs : à sec, à immersion dans Peau, à immersion homogène.

La première série comprend 9 objectifs à monture fixe, numérotés de 1 à 9, et ayant des distances focales, en pouces, de: 2, i, 3/4, 1/2, 1/4, 1/5, 1/6, 1/9, 1/11. Ils sont tous à grande ouverture et ont une bonne distance frontale , c’est-à-dire qu'ils laissent un espace suffisant entre la face inférieure plane de la lentille frontale

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