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VII. MOYENS D’ÉTUDE

détaillée de ces instruments (1), à en adopter l’emploi et à en expliquer le maniement, et c’est certainement grâce à notre propagande que les micrographes de notre pays ont compris les nouvelles ressources que ces divers appareils mettaient à leur disposition. C’est ainsi que nous avons introduit en France, décrit et employé le premier l’éclairage d’Abbé, pour ainsi dire dès son apparition (2), lequel a été depuis complètement adopté par nos micrographes, imité par nos opticiens, comme invention allemande, et n’est cependant, pour le fond, qu’une vieille invention française.

Nous signalerons rapidement quelques uns de ces appareils dont plusieurs sont aujourd’hui un peu abandonnés pour l’éclairage d’Abbé, mais dont certains rendent encore d’excellents services.

Condensateur de Dujardin. — C’est ce que les opticiens appellent un condensateur direct. L’expression est mauvaise: c’est un condensateurcewèraZ ou plutôt accial, c’est-à-dire qu’il concentre sur l’objet un faisceau de lumière venant dans la direction de l’axe optique et non dans une direction oblique.

Cet instrument, composé de trois lentilles achromatiques comprises dans une monture que l’on établit sous la platine, réalise un objectif à court foyer que l’on place de manière à ce que l’objet soit à son foyer. I' a été l’origine de tous les condensateurs qui ont été construits depuis et leur a servi de modèle.

11 a d’ailleurs été considérablement perfectionné et son ouverture extrêmement agrandie, en même temps que grandissait l’ouverture des objectifs. Aujourd'hui, MM. Bézu, Hausser et Cie construisent un condensateur direct qui n’est autre que celui de Dujardin perfectionné et mis au niveau du progrès actuel, condensateur qui remplace complètement l’appareil d’Abbé fonctionnant avec la lumière centrale, c’est-à-dire dans l axe. Nous ajouterons même qu’en le comparant avec les meilleurs condensateurs des fabriques allemandes, nous avons trouvé celui de MM. Bézu très notablement supérieur. Aussi, nous n’hésitons pas à donner la préférence à cet instrument toutes les fois qu’il s’agit d’obtenir une concentration de lumière dans l’axe, sans faire intervenir l’éclairage oblique. Du reste, cet éclairage oblique, qui est absolument défectueux, qui déforme les objets, donne des images colorées, dénaturées, illusoires, disparaît de plus en plus des pratiques micrographiques, à mesure que les objectifs et les instruments d’éclairage se perfec-

(1) J. Pelletan: Le Microscope, son emploi et ses applications. 1 v. in-8°

1876. » Etudes sur les microscopes étrangers. 1 v. in-8® 1878.

» Journal de Micrographie , 1877-1888 (passim).

(2) . J. Pelletan : Le Microscope , son emploi , etc,, 1876 p. 116.

donnent. On arrive, en effet, à avoir des images exactes des objets, avec leurs détails les plus délicats, en agrandissant l’ouverture numérique des objectifs, ce qui permet d’admettre pour la formation de l’image un plus grand nombre des pinceaux diffractés produits par le pinceau central ou axial, sans faire intervenir les images complexes et inexactes qu’amènent les rayons obliques employés seuls, comme dans l’éclairage dit oblique.

Au lieu de réfléchir la lumière à l’aide du miroir sous le condensateur, Dujardin se servait d’un prisme placé horizontalement afin d’obtenir, sur une des faces intérieures du prisme, le phénomène de la réflexion totale , réflexion qui est plus complète que sur le miroir étamé et n'est pas double. Cette disposition est fort bonne et très souvent employée, surtout par les micrographes étrangers qui se servent encore beaucoup plus que nous du condensateur.

L’objet, quand on emploie le condensateur, doit être placé sensiblement au foyer de ce dernier, aussi est-il préférable, avec la lumière du jour, de se servir pour éclairer l’appareil, du miroir plan ou du prisme à réflexion totale qui réfléchissent parallèlement les rayons solaires parallèles, déterminant un foyer fixe, le foyer principal du système. Avec le miroir concave, on aurait un foyer conjugué du loyer du miroir, foyer qu’il faudrait chercher en reculant le condensateur de l'objet.

Avec la lumière des lampes, on peut rendre les rayons parallèles en leur faisant traverser une grosse lentille d’éclairage au foyer principal de laquelle on place la ‘flamme éclairante de la lampe. Les rayons émergeants sont alors parallèles et l’on peut opérer avec le condensateur comme s’il était éclairé par la lumière du jour.

MM. Bézu et Hausser construisent le condensateur de Dujardin avec un foyer de 2 millimètres, de sorte qu’en l’élevant sous la platine jusqu'au contact de la face inférieure du porte objet, et en employant un porte objet de 2 millimètres d'épaisseur, l’objet déposé au point optique, sur la face supérieure de celui-ci, se trouve au foyer du condensateur. On peut alors mettre une goutte d’eau ou de glycérine entre le condensateur et le porte objet, pour établir une continuité optique entre les deux verres et éviter la perte de lumière par les réflexions sur les deux surfaces.

C’est sur un principe semblable que sont construits le condensateur à immersion de Powell et Lealand et le traverse-lens de Toiles.

L’appareil est souvent réduit, comme dans les derniers instruments que nous venons de citer, à une seule lentille (Fig. 83), presqu’une demi-boule que l’épaisseur du porte-objet vient compléter avec l’intermédiaire d’une goutte d’eau, de glycérine ou

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d’essence de cèdre. C’est ce qu’on appelle des condensateurs à immersion (1).

On peut transformer le condensateur de Dujardin de manière à lui faire donner l’éclairage oblique, en adaptant sous la lentille inférieure une coulisse dans laquelle on pousse une lame de métal percé d’un trou plus ou moins petit. Si le trou est amené au centre de la lentille, l’instrument donne l’éclairage axial à l’aide d’un pinceau plus ou moins réduit suivant le diamètre du diaphragme. Mais si le trou est maintenu hors de l’axe, l’instrument ne reçoit plus qu’un pinceau oblique et d’autant plus oblique que le trou est plus excentrique.

M. de Castracane a imaginé de pratiquer une fente latérale dans la monture du condensateur au dessous de la première lentille, la frontale ; c’est dans cette fente qu’il introduit une lame de métal très mince et percée d’un trou. Le diaphragme est ainsi placé entre la première et la seconde lentille au lieu d’être au dessous de la troisième. Cette disposition est préférable.

Condensateur achromatique de Beck. — Cet instrument est la réalisation anglaise de l’idée de Dujardin. Il constitue un objectif à grand angle d’ouverture, comme on disait alors, 105°, et même 160°. Le foyer est court; on abaisse ou on élève l’instrument pour porter le foyer sur l’objet, et l’on éclaire avec le miroir plan ou le prisme à réflexion totale.

On obtient l’éclairage oblique avec un diaphragme placé au dessous de l’instrument et constitué par un disque tournant percé de trous de différents diamètres et d’ouvertures ne laissant passer que les rayons marginaux ou les pinceaux venant d’une partie seulement de la zone marginale.

Condensateur achromatique de Ross. — Ce condensateur ne représente qu’un objectif de 2/5 de pouce de foyer avec un angle d’ouverture de 110°. On le règle et l’éclaire comme le précédent. II donne la lumière oblique et marginale à l’aide de diaphragmes tournants placés aussi sous la troisième lentille. Il y a deux disques placés l’un au dessus de l’autre* Le premier porte 8 trous qui font décroître l’angle au sommet du pinceau éclairant de 110° à 20°. Le second porte 3 trous obturés au centre et plusieurs trous pour la lumière latérale. La tranche des disques porte des chiffres qui indiquent la valeur de l’angle du cône lumineux réduit par chaque

(I) Voir J. Mayall. — Les éclairages à immersion, (Jour* de Micrographie , T; III, 1879, p. 178;)

rou, et des lettres qui font connaître la nature de chaque écran, à touverture marginale ou latérale, qu’on a amené dans l’axe.

Condensateur achromatique de Powell et Lealand. — C’est un instrument analogue, mais réalisant un objectif de beaucoup plus grande ouverture (170°).

Nous avons dit que MM. Powell et Lealand construisent aussi un condensateur à immersion simplifié, très bon instrument dont les détails que nous avons donnés à propos des condensateurs de Dujardin nous dispensent de reproduire la description.

Nous ne disons rien des condensateurs de Webster et de beaucoup d’autres qui rentrent aussi dans le principe de celui de Dujardin.

Paraboloïde de Wenham. — Cet appareil consiste en un cylindre de verre dont la base est coupée perpendiculairement à Taxe, et dont la partie supérieure est taillée en un paraboloïde de révolution tronqué à son sommet de manière que le foyer du paraboloïde tombe en dehors de la troncature et, par exemple, à 2 ou 3 millimètres au delà. De sorte que quand l'instrument est placé verticalement sous la platine, on peut le disposer de manière à ce que le foyer du paraboloïde coïncide avec le point optique. L’objet qu’on aura déposé en ce point sera donc éclairé vivement par tous les rayons qui, envoyés par le miroir plan du microscope (rayons parallèles), frapperont la base du cylindre normalement et pénétreront par conséquent sans déviation dans la masse de verre. Ils viendront alors se réfléchir totalement sur la face interne du paraboloïde et seront tous réfléchis vers le foyer.

Mais si le sommet du paraboloïde était simplement tronqué par un plan, les rayons \ subiraient des réflexions sur la face interne et des réfractions à la sortie qui les empêcheraient de converger au foyer. Aussi, la troncature a-t-elle la forme d’une surface sphérique concave ayant pour centre le foyer du paraboloïde. Tous les rayons, après s’ètrc réfléchis totalement sur la surface parabolique interne, viennent frapper la surface sphérique de la troncature normalement à cette surface, la traversent sans déviation et convergent au centre de la sphère qui est en même temps le foyer du paraboloïde. L’objet se trouve ainsi vivement éclairé.

Cet instrument est donc un condensateur par réflexion, et non plus par réfraction comme les précédents. Il y a seulement une réfraction accidentelle produite par l’épaisseur de la lame porteobjet, réfraction qui a pour effet d’abaisser un peu le point de

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