VII. MOYENS D’ÉTUDE
renverrons pour toutes ces questions, ainsi que pour la mesure des grossissements, aux ouvrages de micrographie générale (1).
§ IY. — ÉCLAIRAGE
On se sert pour éclairer le microscope de toutes les sources de lumière, et nous n’avons pas à apprendre ici à nos lecteurs comment on en dirige les rayons sur l’objet. Nous ferons seulement remarquer que pour la résolution des tests, difficiles et particulièrement des Diatomées délicates, comme les Surirella gemma , Amphipleura pellucida, etc., il est besoin d'une lumière très intense.
La lumière émanée d’un nuage blanc fortement éclairé par le soleil est une des plus propices, mais la lumière solaire directe aide extraordinairement à la résolution des plus fines stries des Diatomées, résolution qui devient alors très facile, même avec des objectifs de qualité secondaire et d’ouverture numérique modérée, pourvu que le grossissement soit assez fort pour « séparer » nettement ces stries.
Lumière solaire monochromatique. — Seulement, il est indispensable que cette lumière solaire qui, si on la recevait telle quelle dans l’œil à travers les systèmes optiques, ne ferait qu’aveugler l’observateur, il est indispensable, disons-nous, que cette lumière soit monochromatisèe , c’est-à-dire réduite à une seule des radiations colorées qui composent la lumière blanche, et c’est la lumière bleue qui agit le mieux en fatiguant le moins.
Pour réaliser cet éclairage monochromatique, il y a un moyen très simple qui consiste à faire traverser aux rayons solaires, avant de les diriger sur le miroir, une cuve en verre à faces parallèles de quelques centimètres d’épaisseur et contenant une dissolution d’un sel de cuivre ammoniacal, sulfate ou azotate, parfaitement limpide, du reste.
On obtient, comme on sait, cette solution en dissolvant dans de l’eau distillée une certaine quantité de cristaux de sulfate ou d’azotate de cuivre. On ajoute alors de l’ammoniaque, qui produit aussitôt un précipité blanc bleuâtre d’hydrate d’oxyde de cuivre. On verse de l’ammoniaque avec précaution, en agitant la liqueur avec une baguette de verre, et le précipité ne tarde pas à se dissoudre. Il ne
(1) Voir J. Pelletan. — Le Microscope , son emploi et ses applications . 1 vol. 775 p. et 300 grav., in-8. Paris, 1876.
reste plus qu’à filtrer et à étendre, au besoin, la solution avec de l’eau distillée si sa nuance est trop foncée.
La cuve de glaces à faces parallèles est alors placée devant le miroir de manière à ce que les rayons solaires traversent la couche liquide avant d’arriver au miroir. On est frappé alors de la facilité avec laquelle toutes les Diatomées se résolvent dans la lumière oblique et même avec un éclairage axial.
On a cherché à remplacer la solution de sel de cuivre par un écran formé avec une lame de verre bleu au cuivre. Les résultats sont beaucoup moins bons, néanmoins cette disposition peut souvent être utile. On a placé aussi des verres teintés en bleu plus ou moins
Fig. 88. — Héliostat de Prasmowski.
foncé sous la platine, sous la préparation ; puis, sur la lentille de l’œil (de l’oculaire), et cela facilite souvent la perception des fines stries. M. E. Mauler, de Genève, a même réussi à préparer des Diatomées sur une lame povte-objet en verre bleu avec un couvre-objet pareillement en verre bleu, et la résolution de ces tests s’est trouvée notablement facilitée.
On se servait davantage de la lumière monochromatique autrefois, avant qu’on possédât les objectifs puissants et perfectionnés que l’on a aujourd’hui. Néanmoins, nous recommandons ce procédé commode et facile de résolution des Diatomées. On peut compléter cette installation avec l’excellent héliostat de Prazmowski (Fig. 88), petit instrument fort ingénieux, le moins coûteux de tous les hélios-