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symbolistes, affublés du nom de musiciens, daignent laisser tomber sur les cénacles béats que forment leurs adulateurs; il connaît de plus belle et de plus pure harmonie.
C'est que le passant connaît les fleurs qui bordent le chemin, leur parfum humble et doux lui est familier; le livre de la nature est pour lui grand ouvert et il y sait lire. Le ruisseau murmure plus gentiment lorsqu'il passe et les oiseaux le saluent de leurs chants car ils reconnaissent en lui un frère; comme eux il est un passant.
Le passant n'est pas un grand parmi les hommes, car les hommes, dans leur manque de sagesse, le trouvent peu sage, et le trouvant peu sage, ils se gardent bien de le mettre à leur tête. Mais le passant a pour lui toute la terre et tout le ciel. Il possède tous les grands chemins et tous les sentiers, tous les ombrages sont heureux de lui donner asile et les étoiles, chaque soir, veillent sur son repos. Pourquoi dont le passant désirerait-il être un grand parmi les hommes ?
Le passant ne possède rien, car il sait que nul ici-bas n'est son propre maître; il est à tous, comme la fleur comme l'oiseau, comme le ruisseau, comme l'arbre; il donne à tous tout ce qu'il a et il n'exige pas qu'on le lui rende.
Le passant est un heureux de ce monde; mais nous pourrions tous être heureux com-