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faire sur la toile sept ou huit belles taches multicolores que vous mêlez bien, et le tour est joué. Le centre des taches représente la notion que l'âme a de son existence, et Les prolongements, ses aspirations. Du moins, c'est ce que je pense. Libre à vous de vous faire une autre opinion.
Par ce système, on peut fort bien représenter la chute de Babylone par un fromage qui n'en peut plus, et vous êtes exposé à prendre pour la chute Montmorency le portrait de votre grand-père.
Adieu, symbolisme, voici le futurisme.
Ça se complique, car le futurisme ne voulut pas se confiner à la peinture, et il fit invasion dans la musique et dans la littérature.
On barbouilla à qui mieux-mieux; on fit des lunes en plein midi; des océans sans eau et on montra des paysages qui ressemblaient à des combats de nègres dans la nuit. C'est la peinture qui en avait un futur avec cela !
En musique, ce fut l'avènement d'une inénarrable cacaphonie. On vit des compositeurs s'acharner à des pièces qui auraient fait hurler les Papouasiens et les Patagoniens les moins illuminés des splendeurs de notre civilisation. Les doigts n'étaient plus suffisants pour jouer le piano, il fallait se servir des poignets, des bras, et, qui sait, peutêtre des pieds. O doux temps!