L OLYMPE ET SES DOUZE DIEUX
certes, cessé. Tout contredit cette ordonnance dans les temps antérieurs. Au cours du dernier des poèmes que nous avons cités tout à l'heure, Zeus et Poséidon ébranlent bien le sol et la mer, tandis qu'Hadës habite les régions situées sous terre ; mais qu'il y ait eu un triple partage du Cosmos entre les trois frères cronides, c'est un fait dont nous ne possédons aucune mention formelle. La théogonie hésiodique, monument primitif, nous parle de Poséidon, mais pour ne nous rien dire d'autre à son sujet sinon qu'il bâtit les murailles entre lesquelles Briarée garde les Titans: là, aucune différence de rang non plus entre Ares et ses sœurs Hébé et Éileithua, ou encore entre Déméter et Eurynome. Hadès, lui, de ce soi-disant nombre douze, est exclu, tandis que, selon l'Iliade et l'Odyssée, il apparaît à sa guise dans la demeure olympienne de Zeus, et se comporte comme l'égal des dieux assemblés. 11 y aurait, dans l'un de ces cas, plus de douze déités; dans l'autre, il n'y en aurait que onze.
Quant "à l'Olympe, qui, même en la mythologie empruntée par les Latins, resta le séjour des dieux grecs, on sait que c'est, dans les montagnes qui séparent la Macédoine de la Thessalie^ la portion orientale d'une chaîne formant le versant nord de la vallée fameuse de Tempe, Un printemps éternel dans le fond, des neiges éternelles au sommet : tel est le site. Les poètes homériques représentent tes dieux comme possesseurs de palais nombreux sur la haute cime. Dérobés à la vue des hommes par un voile opaque de nuages que gardent les Heures, ils siègent solennellement dans le palais de Zeus, et les plus jeunes d'entre eus dansent sous leurs yeux, obéts-
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sant à la voix et à la lyre des Muses. Tel est le tableau traditionnel , et dont il peut être utile de conserver une réminiscence. Les poètes plus récents transportèrent ce séjour à la quatrième voûte du ciel, celle des feux ou des astres, l'Empyrée. Mais ce lieu nouveaUj qu'on imagine difficilement comme habitable, a le tort, selon nous, de sembler presque une conception métaphysique : le premier était absolument poétique, comme il convient en pareil sujet.
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LE ZEUS GSEC OU LE JUPITER LftTIH.
Zens. — Figure suprême dans la mythologie des Grecs, Zeus, avant le temps où l'Iliade et VOdyssée furent composées, était déjà regardé comme le père de tous les dieux et des hommes. Toutefois il n'a pas toujours été le plus haut des dieux: suivant quelques histoires, un temps fut où Cronos son père régnait, supérieur à lui ; mais Cronos même n'était pas le premier dans l'ordre des dieux.
Quoi! n'ai-je point, par ces derniers mots, reconnu que les dieux étaient disposés dans quelque ordre fixe? Antérieurement, non; mais, dans des temps plus avancés, les poètes comparèrent entre elles les différentes histoires racontées à propos des divers dieux, puis rangèrent ceux-ci en raison du degré de parenté indiqué par cha- . que histoire. Plusieurs traits diffèrent tant les uns des autres, qu'il est souvent impossible de les faire s'accorder. Pas autre chose à dire ici ou là, sinon que chaque pays ou chaque cité a suivi sa propre version. Tel est précisément le cas des légendes de Zeus et celui qui
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s'applique aux dieux qui vinrent avant lui. Dans un récit, les premiers êtres sont Chaos et Gê, de qui sortent Ouranos et les Grands-Monts et le Pont ou la mer. Dans
un autre, Gé (la Terre) est la femme d'Ouranos; et leurs en&nts, Hypérion, Japet, et maints autres, sont nés avant Cronos, père de 2eus. Cet Ouranos est le ciel qui s'étend comme un voile au-dessus de la terre; bref, le même que le vieux dieu hindou Varuna (dont le nom
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vient d'une racine var, signifiant voiler ou celer). Pour Cronosj ïl a sa légende. On dit qu'Ouranos précipita les Cyclopes avec Brontéj Stéropé (le Tonnerre et les Eclairs) et d'autres enfants de Gé (la Terre) dans l'abîme appelé Tartare ; et que Gé, dans son chagrin et sa colère.
poussa ses autres enfants à mutiler leur père et à mettre Cronos (fig. 22 et 23) sur le trône, à la place du premier maître.
L'acte de Cronos, devenu roi, est célèbre et étrauge; on dît qu'il avala ses enfants aussitôt après la naissance de chacun. Comment cela se doit-il expliquer? En tant qu'une image de l'action du temps, lequel engloutit.
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5o I-ES DIEUX ANTIQUES.
i-;hacun â son tour, les jours qui viennent. Un lien s'établit entre l'acte de Cronos et l'histoire de Zeus. Rhée, femme de Cronos et mère de Zeus, anxieuse de sauver l'un de ses enfants, donna une pierre à avaler à son mari ; Zeus naissait et était nourri dans la caverne de Dicté ou sur rida. Expliquons ce nom de Zeus; il se trouve dans la mythologie hindoue. Zeus y est Dyaus, le dieu du ciel brillant ou du ciel spirituel, d'un mot qui signilie briller. Les contes d'autres nations admettent cette divinité. Comme les Hindous parlaient de Dyaus-pitar, et les Grecs de Zeus-pater, ainsi les Latins et les Romains l'appelaient Jupiter, qui signifie -père Zeusi.. Les vieux Hauts-Allemands le connaissaient sous le nom de Zio. Quant au sens primitif du nom, le voici : te ciel bleu pUTj ta demeure de la lumière située loin et au-dessus des nuages ou de tout ce qui peut en ternir la pureté. Étymologie qui explique la fable grecque, car elle nous montre pourquoi Jupiter est né dans la caverne de Dicté, un de ces nwts désignant l'approche de [a lumière, tout comme la Délos, où naquit Phoibos, est la terre brillante. Revenons à l'histoire du dieu : les actes attribués à Zeus, quand il fut en possession de toute sa force, sont nombreux. 11 délivra les Cydopes du Tartare, puis obtint la coopération des géants aux cent mains dans sa guerre contre les Titans (fig. 24). Selon l'histoire suivie par Eschyle, il fut aidé aussi par Prométhée, fils de Deucalion, avec le secours de qui il détrôna Cronos; mais, fdché plus tard contre son allié, qui enseigna l'usage du feu aux hommes, il l'enchaina sur les rocs déchirés du Caucase. L'empire de Cronos fut divisé. Quelques histoires veulent que les Cydopes aient donné
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à Zeus la foudre, et à ses frères Hadès et Poséidon le casque et le trident; les trois dieux, ayant reçu ces dons, tirèrent au sort, et la souveraineté du ciel échut en partage à Zeus (fig. 25), celle de la mer' à Poséidon, et celle des régions inférieures à Hadès, Qui étudie le caractère de Zeus dans les poèmes homériques, l'y voit dépeint çà et là de façons si différentes, qu'il croira certes à deux
pig. i-
— Japliec combU U
mythes appelés de ce nom. Quelquefois représenté comme partial, injuste, ami du plaisir et de l'oisiveté, changeant dans ses affections et infidèle dans son amour, glouton, sensuel et impur, le dieu, en des heures de peine réelle et de chagrin, apparaît à Achille et à d'autres Achéens qui l'implorent et le prientj plein non-seulement d'une puissance irrésistible, mais encore de justice et de droiture. Si l'on compare les diverses mythologies, il n'est pas impossible de se rendre compte de ce contraste. Voyons : le mot indien Dyaus semble avoir été originaire-
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ment le nom de l'unique être sacré, et les Grecs et
Kg. Ï5. — SaïuB da Z
d'autres peuples apparentés le gardèrent pour exprimer tout ce qu'ils ressentaient à l'égard de la divinité. Mais
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