‹ Les dieux antiques; nouvelle mythologie illustree d'apres George W. Cox et les travaux de la science moderne, a l'usage des lycees, pensionnats, ecoles et des gens du mondeChapitre 14 sur 72 · ZEUS · texte numérisé non relu

ZEUS

comme le mot signifiait encore le Ciel visible avec ses nuages et ses vapeurs, quelques-unes des phrases qui parlaient des variations du firmament, en vinrent à indiquer, quand leur signification s'oblitéra, des actions viles ou honteuses. Exemple : on avait présenté la Terre comme la fiancée du Ciel, et dit du Ciel qu'il couvait la Terre de son amour dans tout pays; or tout ceci, désignant par la suite une déité à passions et à forme humaines, s'accrut des faits étranges d'une licence effrénée. Cette conclusion est justifiée par la poésie grecque de temps avancés, et y puise une force nouvelle. Par cela même que, dans Hésiode, la descente des dieux sur terre, leurs amours terrestres et leurs actes grossiers acquièrent un relief plus grand, le poète peut se détourner de telles hontes, plus vivement, vers la pensée de ce Zeus pur et sacré qui regarde du haut des cieux pour voir si les hommes pratiquent la justice et s'inquiètent de la divinité. Les chantres et les philosophes d'un âge plus avancé ont bien senti ce contraste. Aux yeux de quelques-uns, la pensée que les dieux doivent être bons semblait une raison sufiisante pour ne pas croire toutes ces histoires qui en discréditaient la sainteté; chez d'autres, pareils contes servaient à réfuter la divinité des dieux, ainsi que dit Euripide: "Si les dieux ne font rien d'inconvenant, c'est alors qu'ils ne sont plus dieux du tout. "

Mais plusieurs chez les anciens demeurèrent satisfaits de savoir que Zeus était un pur nom, à la faveur de quoi il leur fût possible de parler de la divinité, inscrite au fond de notre être; nom incapable absolument d'en exprimer (comme l'était l'esprit de la concevoir) l'infinie perfection. Zeus (fig. 26) était pour eux le représentant

LES DIEUX ANTIQUKS.

delà divinité. Le nom de Zeus a passé par plus d'une autre forme, car il est dérivé de la même racine que le

FJg. £0. — Bnate de Zcni.

grec theoset le latin deus, qui tous les deux signifient un dieu ou le Dieu.

A l'histoire de Zeus maintenant, souvent interrompue par d'utiles digressions! Ce père a pour enfants Apo'llon et Artémise, dont la mère s'appelait Léto (selon le latin

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Latone); Ares, Hermès et Athéné, qui, avec Poséidon, Héra, Héphaistos, Hestia, Déméter, Aphrodite et Zeus lui-même, formaient le corps divin adoré aux jours de Thucydide comme "les douze dieux» de l'Olympe. Se bien rappeler que plusieurs des déités ne sont pas, dans les poèmes homériques, à beaucoup près si importantes qu'elles le deviendront dans les âges postérieurs, tandis que le caractère d'autres s'amoindrit dans les traditions avec le temps. A ces épopées il faut joindre les chants qui décrivent principalement la naissance et les attributs des dieux; on les appelle théogonies, les plus connues étant la théogonie d"Hésiode et celle qui reçut son nom d'Orphée.

Les temples, après les livres : les sanctuaires de Zeus les plus célèbres dans l'ancienne Hellas ou la Grèce étaient : le temple bâti sur le Mont-Lycée (mot qui désigne simplement l'éclat) en Arcadie; celui de Dodone, qui d'abord fut en Thessalîe et dans la suite en Epire; et celui d'OIympie, en Élis, où les grands jeux Olympiques se célébraient à la fin de tous les quatre ans. L'importance mythologique de ces lieux d'adoration, c'est que de plusieurs d'entre eux le dieu tire une appellation nouvelle. Le nombre des surnoms se trouve si grand, qu'il est inutile de les énumérer tous: le Dodonéen ou le Pélasgique, et Zeus Cretois.

Toutefois c'est comme source de l'ordre, de la justice, de la loi et de l'équité que Zeus était le plus communément invoqué, en dehors de toute allusion tirée du culte. Héphestios, il présidait à la vie de famille ; Horkios, il veillait aux contrats, et Xénios protégea les étrangers. Chacune de ces invocations spéciales ne fait qu'exprimer une

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OU plusieurs de ces belles qualités que l'on sentait bien devoir accompagner la nature^ non pas de Zeus, iils de Cronos, mais delà divinité pure, noble et paternelle.

Jupiter. — Jupiter, ce nom qui correspond exactement au Zeus-pater du grec et au Dyaus-pitar de l'hindou, désigne le Dieu suprême; mais pour les premiers Latins il n'évoquait aucun conte mythique pareil à ceux de la mythologie grecque. Le mot garda du reste pour les Latins sa signification originelle de Ciel ou de firmament visible : on parlait d'être -sous le ft-aîs et clair Jupiter- ; et le nom osque Lucerius ou Lucesius (parent de Lycégéne, appellation de Phoibos) désigne le firmament brillant et lumineux. Quant au dieu même, on l'invoquait à la faveur de différentes épithètes, suivant le motif qui faisait désirer son aide. Ainsi, en tant qu'appelant la foudre sur la terre, il était Jupiter Elicius; en tant que donnant la pluie, Jupiter Pluvius; en tant que protégeant les bornes des territoires ou des propriétés, Jupiter Terminus (le Zeus Horios des Grecs).

J'ai parlé de Cronos à propos de Zeus, de même à propos de Jupiter je parlerai de Saturne. Toutefois ce dieu latin, qu'on a identifié au dieu grec, n'a pas avec lui de trait vraiment commun. Le nom de Saturnus désigne quelqu'un qui sÈme le grain, répondant ainsi entièrement au Triptoléme des Grecs. La femme du dieo, Ops, déesse de la richesse et de la fertilité, a été, sans plus de fondement, identifiée à Rhéa. Saturne passa pour s'être évanoui des régions de la terre après avoir accompli son œuvre; et l'on crut que le pays du Latium tira ce nom de ce qu'il était le lieu de retraite du dieu. L'origine vraie du mot

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de Latium n'est pas là : il faut voir en ce pays la contrée des Latins ou Lavinij dont Nîebuhr a, dans son Histoire de Rome, identifié le nom avec celui des Daunîï et des Danai, DanaenSj qui suivent Agamemnon à Troie.

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