‹ Les dieux antiques; nouvelle mythologie illustree d'apres George W. Cox et les travaux de la science moderne, a l'usage des lycees, pensionnats, ecoles et des gens du mondeChapitre 22 sur 72 · LIRES GREC ET LE MIRS UTIN · texte numérisé non relu

LIRES GREC ET LE MIRS UTIN

Aras. — Ares, filsj selon certains contes j de Zeus et de Héré, est le dieu du bruit et du tumulte des combats, plutôt que de la guerre elle-même, à moins qu'on ne regarde la guerre simplement comme le désir de combattre, car il n'entre pas d'idée plus haute dans la notion générale d'Ares. Ce dieu change capricieusement de camp, et prend même plaisir à infester les hommes de maux et d'épidémies. La figure d'Ares ne nous apparaît pas d'une vraie hauteur dans la tradition grecque ; non : Ares a fréquemment le dessous et, quand il est blessé, sa clameur est aussi vaste que celle de neuf ou dix mille guerriers. Sa stature physique est donc énorme, et il possède une grande dimension corporelle : abattu sur le champ de bataille, son corps couvre, dit-on, de nombreux arpents de terrain (fig. 54).

Etudions comme toujours le nom du dieu : il vient de la même racine que le mot latin Mars et que les Maruts de la mythologie indienne, et signifie -moudre" ou "écraser». A quoi ce nom s'appliqua-t-il d'abord? Aux orages qui jettent la confusion dans les deux et la terre;

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et c'est de là que l'idée d'Ares se limite au simple désordre et au tumulte. Le nom d'Ares est principalement lié au nom d'une déesse, Aphrodite, de qui l'on dit qu'il

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obtînt l'amour (fig. 55). Mais celle-ci semblant favoriser Adonis, jaloux, il se changea, selon quelques versions, en un sanglier qui meurtrit le malheureux jeune homme. Un tribunal à Athènes portait le nom d'Ares : celui

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de l'Aréopage, parce qu'il était bâti sur la colline ellemême qui portait le nom de ce dieu (Bg. 56). La légende veut en effet qu'Ares, meurtrier de Halirrhothios, fils de Poséidon, ait été accusé par ce dernier devant les dieux olympiens. Le guerrier céleste se vit acquitté, et le tribunal reçut son nom.

Mars. — Mars, lui, est le dieu latin de la guerre; mais bien qu'on l'identifie avec l'Arès grec et bien que le nom appartienne à la même racine, l'idée du Mars latin est de beaucoup la plus noble et la plus haute en dignité. Détails : les Osques et les Sabins l'appelaient Mamers, et la forme romaine de Mars est une contraction de Mavors ou Mavers, Une légende a trait à ce dieu : on parle de lui comme du père de Romulus

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et de Rémusj iîls jumeaux de la vestale Ilia; mais ne voyez là que deux noms qui sont des formes différentes du même mot. Les fables relatives à ces frères illustres s'accordent particulièrement avec celles qu'on

raconte d'Œdipe, de Télèphe et d'autres héros. Quoit Romulus et Rémus n'auraient point existé réellement. Nous n'avons aucune raison de penser qu'il y ait dans leur fait quoi que ce soit d'historique : c'estt simplement l'Éponyme de Rome; en d'autres termes, uniétre.

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double icij inventé pour justifier le nom d'une cité, tout comme Pélasge, Lélex, Sparte, Orchomène et une légion d'autres, le furent par les Grecs. Semblable à Héraclès et à d'autres héros, ce couple s'évanouit dans le tonnerre et les éclairs de l'orage, et pour cela, dit-on, il fut adore sous le nom de Quirinus.

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